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0,6 pas un dixième de plus pour nos smartphones !

Le Débit d’Absorption Spécifique (DAS) est l’indice renseignant la quantité d’énergie transmise par un appareil radioélectrique aux tissus du corps humain. Il est obligatoirement communiqué sur les fiches descriptives des équipements informatiques tels que les smartphones. Son unité de mesure est le Watt par kilogramme (W/kg). L’équipe EcoGuide IT recommande l’utilisation d’appareils n’excédant pas un DAS de 0,6 W/kg. Vous voulez savoir pourquoi ? Vous êtes au bon endroit !

Des ondes invisibles, mais pas inoffensives 

Les ondes émises par un smartphone, le DAS ou Specific Absorption Rate, (SAR) en anglais, sont invisibles et impalpables. Pourtant, elles ont des effets sur notre santé : elles engendrent l’échauffement des tissus, notamment le tissu épidermique. Après une longue conversation téléphonique, votre oreille peut être échauffée, cela est dû aux ondes. Cet échauffement entraîne des maux de tête bénins, mais peut avoir des conséquences plus graves.

L’évolution fréquente et rapide de l’industrie du smartphone empêche de mener des études épidémiologiques au long terme afin de définir la dangerosité des appareils. Néanmoins, l’étude suédoise de Kjell Mild menée de 1997 à 2003 indique que les utilisations intensives de smartphones provoquent jusqu’à 2,9 fois plus de risque de développer une tumeur maligne du côté de la tête où est utilisé l’appareil. Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) a confirmé en 2011 cette conclusion en classant les ondes électromagnétiques produites par les téléphones portables comme possiblement cancérogènes.

Il existe deux DAS : l’un pour la tête, l’autre pour le corps. Les deux mesures distinctes ont été mises en place car le corps peut supporter un DAS plus conséquent, tandis que la tête doit recevoir le moins d’ondes possibles. Bien que le corps soit plus robuste, les ondes ont aussi des effets nocifs sur ses tissus. Évitez de porter vos smartphones près des zones sensibles telles que les aisselles, le cœur, les hanches et les parties génitales. Les autres appareils électroniques peuvent être perturbés par l’émission d’ondes, les personnes portant des implants métalliques tels que les peacemaker doivent veiller à tenir les appareils externes à une distance d’au moins 20 cm de l’implant. Les ondes vous traversent ; il est donc conseillé d’éviter le contact entre l’appareil et le ventre des femmes enceintes. Ces précautions sont diffusées par l’Agence européenne pour l’environnement, suivent un principe de prévention, bien que l’impact direct des ondes ne soit pas encore avéré.

Crédit photo : Santé Nutrition

Quel cadre législatif pour le DAS ?

Aux Etats-Unis, la Federal Communication Commission (FCC) régule les télécoms et leurs contenus. Elle fixe à 1,6 W/kg le DAS maximum que peut émettre un smartphone pour être commercialisé. En Europe, le seuil maximal est fixé à 2 W/kg. Aucune étude ne prouve l’innocuité des ondes à faibles doses et en deçà de 2 W/kg, raison pour laquelle l’EcoGuide IT se base sur les critères du label Blue Angel et vous préconise de choisir un smartphone avec un DAS (tête) inférieur à 0,6 W/kg.

Jusqu’en mars 2018, les informations concernant les débits de DAS des appareils en vente dans l’Hexagone étaient opaques. Les choses ont changé depuis la publication de 442 rapports de tests par l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR). Les informations publiées par cet établissement public répondent aux accusations et alertes énoncées depuis 2016 par « Alerte Phonegate ». Cette dernière accuse la réglementation européenne de surexposer les consommateurs depuis plus de 20 ans à des risques sanitaires par défaillance d’encadrement concernant la commercialisation des smartphones. Les actions d’accession aux données par le Docteur Marc Arazi face à la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA) ont participé à ce que l’ANFR publie les 442 tests, bien qu’elle refuse de divulguer les rapports originaux signés par les laboratoires.

La transparence, une utopie ?

L’ANFR, créée en 1997, gère les fréquences radioélectriques en France. Son rapport publié le 8 mars dernier présente les résultats d’une série de tests sur les DAS (corps et tête) émis par 442 appareils sélectionnés selon leur popularité et leur technologie. Parmi ces équipements figurent 14 nouveaux modèles.

L’ANFR s’engage à publier deux rapports par an, accompagnés d’une grille de lecture annotée pour une meilleure compréhension. La façon dont sont menés les tests est accessible via une vidéo en ligne. Si le constructeur ne respecte pas les normes européennes, des mesures correctives sont instaurées. L’équipementier a le choix entre la cessation de production, le rappel des stocks défaillants ou la mise à jour des logiciels, afin d’abaisser le DAS à un niveau légal. Néanmoins, aucune limite de temps n’est imposée par l’ANFR, ce qui peut retarder un passage à l’action du côté des constructeurs. Dans le panel des téléphones audités, quatre affichent un DAS supérieur à 2 W/kg. Reste à voir la réaction des marques Huawei, Alcatel, TCL et TP-Link mises en cause, et le temps qu’elles mettront pour prendre des mesures.

Crédit photo : ANFR

Le DAS est un sujet nébuleux, où les zones d’ombres et les incertitudes sont nombreuses. Au quotidien, il est possible de s’en prémunir à travers des gestes simples : utiliser un kit main libre, ou encore passer des appels dans des espaces où la réception est optimale.

Précaution supplémentaire : l’équipe EcoGuide IT vous conseille d’acheter des smartphones dont le DAS est le plus bas possible et de mettre votre portable en mode avion dès que vous ne l’utilisez pas, ou au moins durant votre sommeil s’il vous sert de réveil. Vous êtes désormais paré pour ne pas bouillonner sous l’effet du DAS !

Juliette Bernier