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Acheteur responsable, quel intérêt ? La vision de l’AFNOR

Le 12 avril dernier, l’AFNOR a proposé une web-conférence sur « Les approvisionnements durables et achats éco-responsables ». Un bon moyen de se mettre à jour sur l’intérêt de se lancer dans une politique d’achats responsables, applicable notamment pour l’acquisition de produits high-tech durables !

Cette année 2016 est celle de l’économie circulaire pour le groupe AFNOR. Afin de donner l’opportunité de s’initier à ce sujet gagnant en ampleur, une série de web-conférences est organisée par l’organisme de normalisation à raison d’une heure par mois tout au long de l’année. Durant cette heure didactique mensuelle, une des facettes de l’économie circulaire est développée et ce mois-ci, ce sont les « approvisionnements durables et des achats responsables » qui ont été mis à l’honneur.

Bruno Frel, Expert Achats Responsables au sein de l’AFNOR, était aux commandes de cette web-conférence qui a mis en exergue les liens entre une politique d’achats responsables et l’économie circulaire. Tout d’abord, la présentation a tenu à définir la fonction d’achats au sein d’une entreprise et à présenter l’évolution de son rôle de fonction d’optimisation des coûts à celle de fonction stratégique participant au développement des activités de l’entreprise. Ainsi, les achats sont dits « responsables » dans la mesure où ils correspondent à une logique de Développement Durable rattachée aux produits achetés. De ce fait, l’entreprise acheteuse met en place des mesures lui permettant de choisir ses fournisseurs en fonction de leur responsabilité sociale et/ou environnementale. Cela améliorant sa gestion des risques et des opportunités, dans la mesure où elle acquière une vision transversale de ses besoins et des parties prenantes avec lesquelles elle interagit.

Plusieurs approches permettent à une entreprise de prendre des mesures inscrivant sa fonction Achat dans une logique plus responsable. L’approche en cycle de vie en est une et aborde l’ensemble des aspects du produit tout au long de son cycle de vie. En effet, pour chacun d’eux, la prise en compte de spécificités environnementales et sociales telles que les emballages éco-conçus pour l’étape de Distribution, ou la réutilisation d’anciens produits pour celle de Fin de vie, sont autant de caractéristiques qui permettent de rendre des achats plus responsables.

Crédit photo : AFNOR
Crédit photo : AFNOR

Cette approche globale du produit s’inscrit donc pleinement dans l’économie circulaire puisqu’elle s’inscrit au-delà de l’unique prise en compte du coût du produit acheté, en effet elle considère également les coûts de ses impacts tout au long de son cycle de vie. Une autre approche développée par Bruno Frel lors de la présentation se rattache également à cette notion transversale du produit. Il s’agit de l’approche en coût total qui intègre l’ensemble des coûts du produit, au-delà de son seul prix d’achat. Dans le cas de l’informatique, par exemple, la maintenance ou la consommation énergétique sont des exemples de coûts intégrés dans le coût total. Afin de se prémunir d’une forte inflation de ceux-ci, il convient donc de chercher à s’orienter vers des fournisseurs dont les produits sont sobres énergétiquement parlant et/ou facilement réparables en cas de dysfonctionnement.

Pour parvenir à rendre plus durables ses approvisionnements, l’entreprise a donc à formuler des critères de choix amenant à la sélection de fournisseurs « responsables ». C’est au travers du Cahier des Charges (CdC) qu’elle peut y parvenir. En effet, en y spécifiant ses critères de sélection tels que la mise en place d’un Système de Management Environnemental (ISO 14001) ou bien des spécifications techniques, environnementales et/ou sociales se référant à des écolabels, l’entreprise s’oriente vers des fournisseurs dont la durabilité des produits est en partie garantie. Bruno Frel met toutefois en garde en précisant qu’un CdC trop restrictif peut conduire à l’évincement d’entreprises innovantes.

Ces différentes mesures permettant de responsabiliser la fonction Achats ne sont pas sans rappeler le rôle de l’EcoGuide IT. En effet, de par son analyse durable de produits high-tech, l’outil permet d’effectuer un travail préalable dans la sélection de produits technologiques à partir de critères environnementaux et sociaux. Le rôle des écolabels y est considéré puisqu’ils sont utilisés pour le référencement. Une revue RSE des constructeurs est également disponible et détaille leur politique dans le domaine et ce, pour plus d’une quarantaine d’entreprises référencées sur le site. Cependant, l’EcoGuide IT ne permettant pas de faire l’intermédiaire pour une communication directe acheteurs-fournisseurs, l’utilisation dans un second temps de la plateforme ACESIA de l’AFNOR pour gérer la mise en relation, favorise ce type de relation dans « un cadre responsable et durable. »

Après un arrêt à l’étape des achats responsables, rendez-vous le mois prochain pour celle de l’éco-conception !

Crédit photo : http://www.territoires-durables-paca.org