AirProbe & WideNoise, deux applications mobiles qui visent à nous en dire plus sur notre environnement proche

Dans le cadre du projet EveryAware, deux applications mobiles permettent à tout détenteur d’un smartphone de mesurer la qualité de l’air environnant, mais aussi la pollution sonore.

Grâce à la coopération de plusieurs institutions européennes : la Fondation ISI de Turin, le Département de Physiques de l’Université de la Sagesse de Rome (Italie), l’Institut Flamand de la Recherche Technologique d’Anvers (Belgique), l’Institut Chorley de l’University College de Londres (Royaume-Uni) et le L3S, le Centre de Recherche de l’Université Leibniz d’Hanovre (Allemagne), le projet « EveryAware » a été développé afin de permettre, à qui le veut, de mieux connaître son environnement proche. Cela par le biais de deux applications mobiles disponibles sur Appstore et Android : AirProbe et WideNoise. Vittorio Loreto, coordinateur du projet, explique d’ailleurs que « le projet EveryAware vise en réalité à donner aux particuliers plus de moyens d’action ainsi que des outils simples mais précis pour mesurer la qualité de l’air et les niveaux de bruit. Ensuite nous analysons l’usage que ceux-ci font du système et les données recueillies ».

Concernant AirProbe, l’application agit conjointement avec un petit boîtier de capteurs alimentés par accumulateurs transportables dans un sac à dos. Ce dernier emmagasine une certaine quantité d’air et ensuite en relève les niveaux d’ozone, de carbone noir (résidu d’hydrocarbures) et d’autres gaz. Une connexion Bluetooth lui permet ensuite de transmettre au téléphone portable équipé de l’application, les données afin qu’elles soient ensuite envoyées à un serveur central. Une fois le traitement des données terminées, ce dernier les retransmet et permet donc de connaître les zones polluées d’un lieu où le boîtier a prélevé de l’air et aussi d’éviter les pics de pollution découvert. L’information est disponible via l’application ou directement visible sur le site internet.

Pour le moment, seuls des volontaires ont testé l’application avec des capteurs dans les villes de Turin, Londres, Kassel et Anvers. Le but étant d’avoir un test réel mais surtout les impressions de ces volontaires. Des tendances de pollution peuvent ainsi ressortir sur une échelle de temps plus longue permettant à termes aux particuliers et pouvoirs publics de faire évoluer leurs pratiques.

Pour WideNoise, l’utilisation est plus simplifiée. En effet, là pas besoin de capteurs dans un sac à dos. Il suffit d’enregistrer grâce à l’application via le smartphone qui en est équipé, le niveau de pollution sonore. Actuellement, plus de 10 000 personnes ont déjà participé à l’initiative et WideNoise a même été utilisé pour une étude menée autour de l’aéroport d’Heathrow de Londres. Ce qui a d’ailleurs eu pour conséquence d’influencer les réactions relatives à l’agrandissement de l’aéroport. Là aussi une carte disponible sur le site internet permet de connaître le niveau de pollution sonore des lieux étudiés.

Afin de prolonger l’expérience, les partenaires du projet EveryAware ont l’intention, pour AirProbe, de fabriquer le boîtier en série pour en élargir l’utilisation. La principale critique formulée étant sa taille un peu trop encombrante (il faut un sac pour le porter), le professeur Loreto rassure en souhaitant faire en sorte que « le boîtier de capteurs soit beaucoup plus petit, idéalement portable, et intégré dans nos vêtements et objets du quotidien. Avec l’espoir que l’intégration directement dans un smartphone soit une option envisageable à long terme ».

Tout dépendra de l’intérêt que les fabricants de smartphones auront à investir dans le projet. Toutefois, l’Union Européenne a déjà investi 2millions d’euros dans EveryAware avec pour raison invoquée la prise de conscience que peut amener de telles initiatives sur un sujet de santé publique. En effet, la pollution atmosphérique peut entraîner des coûts médicaux accrus et une dégradation accélérée des bâtiments en zone urbaine entre autres. Dans le sens du projet, l’UE a d’ailleurs déjà voté des directives sur le sujet.

Avec un tel allié institutionnel, espérons qu’EveryAware ait toutes les cartes en main pour pérenniser son action !

Sources :
© http://www.infogreen.lu/article/une-app-pour-en-savoir-plus-sur-votre-environnement
© http://cs.everyaware.eu/event/overview
© http://ec.europa.eu/environment/air/quality/legislation/existing_leg.htm
© http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-1274_fr.htm