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Apple succombe encore aux sirènes de l’obsolescence programmée

Quelques jours avant Noël, l’entreprise Apple s’est fait épinglée par Geekbench, un outil de mesure de performances, ayant révélé un bridage de certains modèles d’iPhone. La firme de Cupertino s’est défendue en justifiant cette pratique à des fins de préservation de la batterie de ses anciens modèles de smartphones. Assurément un bad buzz en pleine période de Noël, c’est surtout une nouvelle preuve des pratiques d’obsolescence programmée du géant à la pomme !

Le terme d’obsolescence programmée, rattaché aux équipements informatiques, n’est plus un sujet inconnu du grand public. En effet, il est souvent reproché à certaines entreprises du secteur Numérique de pratiquer les différentes formes d’obsolescence existantes dans l’Industrie en général (à redécouvrir dans une précédente infographie de l’EcoGuide IT) afin de porter la sortie de leurs nouveaux produits et/ou services. Ainsi, outre l’obsolescence logicielle, les fabricants de smartphones sont  fréquemment pointés du doigt pour l’obsolescence matérielle dont font l’objet leurs équipements.

Faisant presque office de figure de proue de cette pratique, l’entreprise Apple n’en est pas à ses premières frasques, parmi lesquelles on compte l’erreur 53 ayant ébranlé l’entreprise début 2016. Pour rappel, la firme de Cupertino avait dû faire son mea culpa suite à une pratique avérée de blocage de la réparation de ses iPhones. À l’époque, les personnes ayant fait réparer la TouchID de leur iPhone en dehors d’un réseau de réparation agréé par Apple, avait vu leur équipement bloqué après une mise à jour d’iOS. La raison invoquée par la firme était sécuritaire, mais avait provoqué la colère des possesseurs des smartphones concernés qui y voyaient une atteinte à leur liberté d’action.

Aujourd’hui, une situation similaire recommence pour Apple et ses iPhones. À la suite de plaintes de certains possesseurs de smartphones sur des forums Internet, accusant ou pointant des baisses de performance assez visibles, John Poole, le créateur de Geekbench, a réalisé une étude sur des iPhones et a révélé le pot aux roses. En effet, les iPhones 7 et ceux précédents subissent des ralentissements divisant leur capacité de calcul de 15% à 50%.

Crédit photo : iFixit

Sans réelle conclusion sur les conséquences en termes d’usage, Geekbench a tout de même suffisamment éveillé le grand public, au point où le 20 décembre dernier, l’entreprise Apple a clarifié la situation, afin de calmer l’ire des utilisateurs concernés. Ainsi, la firme de Cupertino a expliqué avoir effectivement mis en place un bridage afin de préserver la batterie vieillissante de ses anciens modèles de smartphones, lors des usages intensifs ou dans un contexte environnementale défavorable (des températures basses, par exemple). Cela pour prévenir toute extinction subite des appareils.

En avançant une telle raison, Apple ne convainc pas. En bridant ses anciens modèles, la firme semble davantage vouloir excéder ses utilisateurs pensant que leur iPhone est en train de rendre l’âme, plutôt que de prévenir une extinction inopinée. De plus, si une telle stratégie vise à préserver la batterie, pourquoi ne pas rendre cette pièce amovible pour faciliter son remplacement en cas de réelles baisses de capacité ? Sur ce point, il est regrettable de constater que parmi les fabricants d’équipements IT, Apple n’est pas une exception, ces derniers ont tendance à rendre difficile l’accès aux composants de leurs terminaux mobiles, afin de primer sur l’esthétisme des produits.

Le dernier point jouant en défaveur de la défense d’Apple est l’extension du bridage à l’iPhone 7 sorti fin 2016. Cela trahit davantage une volonté de communiquer aux clients le fait qu’au bout d’un an, il serait peut-être bien de penser à remplacer son iPhone. Ce qui n’est autre que de l’obsolescence marketing, a fortiori programmée.

Il est à se demander quel devra être le déclic permettant à des géants de l’IT de mettre à profit leurs fonds pour assurer un service pièces et main d’œuvre de qualité sur du long terme. Pour l’heure, il semblerait qu’Apple soit plus prompte à présenter ses excuses, tout en faisant face à des class actions qui la traînent en justice. Ces dernières, constituées de possesseurs d’iPhones, cherchent à comprendre pourquoi une entreprise vendant des smartphones à plus de 1000€ agit de manière contraire à l’éthique. Affaire à suivre.

Aymeric De Wispelaere

Crédit photo : Tufts Observer