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Bienvenue dans l’ère des plateformes collaboratives !

Difficile de passer à côté des plateformes collaboratives. En effet, certaines d’entre elles ont gagné un niveau de popularité élevé, ce qui les rend très prisées de nombreux utilisateurs. Le phénomène en vient à remettre au goût du jour une qualité appréciable : l’entraide. Focus sur ces lieux d’échanges en constante expansion.

Comme tous secteurs d’activités, l’univers des plateformes collaboratives comporte ses grands noms : Airbnb pour le logement, BlaBlaCar pour le transport ou encore Vide Dressing pour l’habillement. Ils ne sont, cependant, qu’un éventail restreint de l’ensemble des plateformes existantes dans le monde. En effet, rien que pour la France, ce ne sont pas moins de 276 plateformes (au moment où nous écrivons cet article) qui sont aujourd’hui fonctionnelles et offrent ainsi leur service d’intermédiation à de nombreux utilisateurs.

Mais qu’est-ce qu’une plateforme collaborative ?

Il s’agit d’un site Internet servant de plateforme d’échanges entre des offreurs et des demandeurs. Les premiers proposent un service ou un produit (gratuit ou payant), Drivy, par exemple, permet à des particuliers n’utilisant pas leur voiture de la louer à d’autres personnes pouvant être intéressées par leur offre, et les seconds profitent ainsi d’un service rendu, ne les obligeant pas à acquérir un bien qui peut s’avérer trop cher pour eux et peu utile (par exemple une voiture dans le cas de Drivy).

L’attrait de telles plateformes est assez multiple. Tout d’abord, leur création relance une habitude socialement positive qui est l’entraide. En effet, bien qu’il s’agisse d’un service commercial, ces sites ont l’avantage de favoriser la communication entre groupes de populations. À l’instar de Wefarmup qui répond à un besoin très spécifique qu’est l’entraide agricole. En effet, le site permet aux agriculteurs de louer leur matériel à d’autres n’ayant pas forcément les moyens de l’acquérir ou pour qui, l’investissement ne serait pas rentable au vu de l’utilisation qu’ils en auraient.

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Crédit photo : Wefarmup

Pour les propriétaires, c’est aussi l’occasion d’augmenter l’intensité d’utilisation de leur produit. À titre d’exemple, une perceuse électrique ne sert en moyenne que douze minutes sur toute sa durée de vie. La louer pendant qu’elle ne sert pas, permet ainsi de rentabiliser son achat plus rapidement et d’utiliser pleinement ses capacités !

C’est là que réside l’autre avantage des plateformes collaboratives : elles participent au développement de l’économie d’usage, plutôt qu’à celle de la possession. Pas besoin d’acheter une voiture pour partir en week-end de temps en temps, Drivy me permet d’en louer une à un particulier qui ne se sert pas de la sienne sur la période. Besoin d’une perceuse et d’un marteau pour juste accrocher un cadre ? Allovoisins m’aide à trouver une personne qui loue ses outils dans un périmètre proche de mon domicile.

De par leur activité, certaines de ces plateformes participent ainsi à l’amélioration du pouvoir d’achat. Dans le cas du covoiturage, des étudiants peuvent proposer des places libres dans leur véhicule et de ce fait, réduire leur budget transport, ou au contraire, être passager et profiter de tarifs généralement inférieurs aux prix classiques de transports.

Toutefois, la disruption qu’apportent ces plateformes dans la Société, rebute encore certains acteurs économiques. À l’instar de la SNCF qui voit BlaBlaCar lui ravir des voyageurs sur ses lignes TGV, ou alors de l’État lui-même, qui a contraint, depuis le 1er janvier 2016, les sites Drivy et Airbnb à inciter leurs utilisateurs à déclarer les revenus qu’ils génèrent sur leur plateforme, face aux dérives de certains.

Afin de parer à ce type de situation, pouvant avoir un impact négatif sur leur activité ou leur réputation, huit plateformes ont créé le Collectif des Plateformes Collaboratives. Cette association, représentant les plateformes adhérentes, vise à organiser le dialogue avec les pouvoirs publics afin de structurer le développement de cette économie collaborative en plein essor et de la faire accepter par le plus grand nombre. Le Collectif se fixe ainsi trois objectifs :

  • « Informer ses adhérents sur les évolutions du secteur en France et en Europe ;
  • Défendre et promouvoir le secteur de la consommation collaborative ;
  • Renforcer la confiance des utilisateurs en les informant des évolutions. »

Force est de constater que l’essor des plateformes collaboratives est à double tranchant. D’un côté leurs avantages s’inscrivent parfaitement dans une logique IT for Green en proposant des services gratuit ou payants bon marché, en favorisant l’intensité d’utilisation des biens et surtout en créant du lien social. Mais d’un autre côté, la rapidité de leur développement et leur caractère disruptif, en font de nouvelles venues difficilement acceptées par les acteurs économiques plus traditionnels, entreprises concurrentes et État en tête.

Gageons que ces différents acteurs sauront s’entendre pour coexister. Face aux avantages que génèrent les plateformes collaboratives, il serait dommage de s’en passer !

Crédit photo : http://www.wedemain.fr