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Casques et écouteurs : quels dangers pour notre santé ?

L’avènement des équipements IT modifie notre vie quotidienne. Désormais, nous pouvons écouter de la musique où que l’on se trouve et quoi que l’on fasse. Les écouteurs et les casques permettent de s’isoler dans la foule et de ne pas déranger son entourage. Un détail important pour ceux préférant leur podcast aux cris de la foule déchaînée. Liberté, mobilité et adaptabilité sont les avantages, mais les écouteurs sont-ils sans risques pour notre santé ?

L’audition au centre des préoccupations

Les casques et écouteurs protègent des ondes électromagnétiques en servant de kit main libre, ils maintiennent le smartphone à distance de la tête. Ils font partie du panel de solutions promues par l’EcoGuide IT afin d’éviter des maux allant du mal de tête à la tumeur. Néanmoins, un mauvais usage de ces appareils s’avère plus nocif qu’il n’y paraît.

Posons les bases, le volume sonore s’exprime en dBA : dB vaut pour les décibels et A pour la pondération attachée à l’audition humaine. La majorité des sons quotidiens oscille entre 30 et 90 dBA. Le risque de fatigue auditive commence dès 80 dBA et le seuil de douleur à 120 dBA (c’est le son émis par les sirènes des pompiers par exemple). L’oreille interne transforme les vibrations émanant de l’oreille moyenne en signal électrique. Les cellules ciliées situées dans la cochlée (faisant partie de l’oreille interne) transforment ce signal en sons. Les hauts niveaux sonores altèrent le renouvellement desdites cellules ciliées et leur disparition entraîne une perte d’audition irrémédiable. Outre la diminution de la faculté auditive, des maux tels que l’hyperacousie (la sensibilité aux sons) et les acouphènes (bourdonnements et sifflements) peuvent apparaître. Les casques et écouteurs exercent une pression acoustique directement sur les parois du conduit, un aspect exacerbé lorsque le matériel filtre les bruits extérieurs.

La législation européenne tente de protéger les plus jeunes de ces risques, avec la limitation à 85 dBA pour les produits destinés à ce public. Cependant, selon l’étude publiée en mars 2018 par le Journal National de l’Audition (JNA), les conséquences vont au-delà de l’audition et causeraient des destructions neuronales.

Crédit photo : Mon-audition

Des comportements à risques et un environnement inadéquat

Selon un sondage Ifop, les comportements à risque s’observent chez les 15/24 ans et 60% des cadres supérieurs. Ces populations écoutent la musique trop fort, sur des durées excessives et souvent avec du matériel non-adapté. 50% des 15/24 ans s’endorment avec leurs écouteurs ! Ces habitudes augmentent les risques de surdité partielle et irréversible dès 25 ans.

Le format des musiques est un autre facteur de risque. La plupart des musiques actuelles utilisent des sons compressés élevant les sons faibles et supprimant les bruits parasites. Sur le long terme, ce format fatigue l’oreille et pousse à augmenter le son. L’environnement est également plus bruyant. Selon Bruiparif, l’observatoire parisien du bruit, les zones passantes telles que les quais de Seine affichent entre 75 et 85 dBA, la personne portant un casque aura tendance à augmenter le son afin de ne pas entendre ces bruits extérieurs. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la somme de l’environnement et des usages déraisonnés des casques et écouteurs cause un risque de déficience auditive pour 1,1 milliard des 12/35 ans à travers le monde.

Comment protéger son ouïe en continuant d’écouter de la musique ?

Les législations française et européenne tentent de répondre aux risques que représente l’exposition prolongée aux bruits et niveaux sonores élevés. La norme EN 50 335 encadre les matériels de type casques et écouteurs. Depuis 2012, une norme européenne fixe à 100 dBA le volume produit par les lecteurs de musique et toute utilisation supérieure à 85 dBA doit faire l’objet d’une validation par l’utilisateur à travers un signal sonore ou visuel émit par l’appareil. En France, les lieux recevant du public ne peuvent émettre plus de 102 dBA sur 20 minutes.

La législation ne couvrant pas tous les risques, il est important de responsabiliser son écoute par des gestes simples. L’achat d’un matériel de qualité, un casque léger ou des oreillettes disposant d’un évent, petit trou situé à l’extérieur de l’appareil permettant de laisser s’échapper une partie du son, est à prendre en compte. Vous pouvez écouter la musique en réglant le volume sonore à 60% de ses capacités afin de ne pas dépasser 80 dBA. Il est déconseillé d’écouter des podcasts et de la musique dans des endroits bruyants, abandonnez l’idée d’être dans votre bulle lorsque vous vous baladez sur une grande avenue. Enfin, observez des pauses auditives toutes les 2 heures minimum et accordez 7 heures consécutives de répit à vos oreilles (durant le sommeil par exemple). Ces conseils sont de bonnes habitudes à prendre si l’on ne veut pas se retrouver avec un appareil auditif à 40 ans !

Crédit photo : meschersparents

Des équipements IT aident à vous protéger des ondes, mais ne sont pas sans risques lorsqu’ils sont mal utilisés. Les plus jeunes étant les plus sensibles, il est fortement déconseillé de les laisser dormir ou utiliser trop fréquemment un casque. Comme souvent, tout est dans la mesure et la qualité du produit. L’environnement bruyant des villes altère suffisamment notre système auditif, le casque n’étant pas le remède pour s’échapper de ce tumulte, la méditation et, en cas de saturation extrême, un bain de forêt feront l’affaire. Calme et volupté dans un parc valent mieux pour votre santé que le déferlement de musique dans vos oreilles.

Juliette Bernier

Crédit photo : Franceinfo