Comment naviguer de manière responsable sur Internet ?

Surfer sur le web émet du CO2, le principal gaz à effet de serre de notre atmosphère ! Optimisation énergétique des serveurs hébergeant les sites Internet, label ou éco-conception web sont le lot de certaines entreprises qui veulent responsabiliser leur présence sur la Toile. Mais que peut faire un internaute de chez lui ?

Nous vous parlions il y a quelques mois ( ici ) de l’association Greencodelab qui a lancé depuis 2012 son label WEA (WEA) via un projet éponyme. Depuis, ce dernier a calculé pour plus de 600 sites, la consommation énergétique d’une page web pour les 40 premières secondes à compter de l’ouverture de celle-ci. En effet, il est établi que c’est pendant ce court laps de temps que le site consomme le plus en raison de la connexion à plusieurs serveurs. Sur le site du label, on retrouve la publication des différentes évaluations (empreinte carbone, coût énergétique pour 1000 visites, etc.) sous forme de graphiques pour chaque site. Toutefois, WEA n’intègre dans son calcul que la consommation des internautes lorsqu’ils se connectent à un site et non les émissions émises par les Datacenters qui y sont associés. Cette dernière est apparemment en phase d’être ajoutée au calcul dans une prochaine mise à jour du label.

Pour un système légèrement différent de WEA, WWWASTE créé aussi en 2012, par Raphaël Beau et Matthieu Carron lors du Web Design Festival de Limoges, propose aux internautes de connaître leurs émissions eq. CO2 quotidiennes à partir de leurs habitudes de navigation. Bien que le chiffre donné soit approximatif, l’estimation permet d’avoir une idée de ce que l’on émet et de ce que cela représenterait si tous les internautes (2 milliards selon le site) surfaient de la même manière. Le site publie également des informations relatives à cette problématique afin d’informer ses visiteurs.

Mais à quoi ces projets font-ils échos ?

Nous assistons à une prise de conscience (somme toute timide) des entreprises que peu de particuliers ont pour le moment. En effet, surfer sur Internet est une activité énergivore qui nécessite que des mesures soient prises afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) qu’elle engendre. L’ADEME a évalué qu’en moyenne 13,6 tonnes équivalent (eq.) CO2 étaient émises par une entreprise de 100 salariés et ce, uniquement pour les envois de mails professionnels ! Et Archimag, rajoute que le navigateur Google Chrome engendrerait une consommation annuelle de 8,3GWh pour la seule consultation des 100 sites français les plus visités, soit la consommation d’énergie de 3077 foyers sur une même période. Pour les entreprises il s’agit d’une logique de coûts, investir dans l’éco-conception web et dans l’optimisation de leurs Datacenters, c’est réduire la facture énergétique de ces postes de dépenses qui prennent de plus en plus d’ampleur dans leurs actifs ! L’exemple du Moonshot d’HP dont nous vous parlions dans un précédent article illustre bien l’idée.

Mais que faire quand nous sommes de simples navigateurs ? Que cela soit dans un cadre professionnel, dans son salon ou pour s’occuper dans les transports en commun, les innombrables utilisateurs quotidiens de la Toile peuvent peser dans la balance en connaissant les bons réflexes à avoir pour réduire les émissions de GES liées à la navigation web. Voici quelques astuces proposées par Memoclic pour y remédier:

1. Bien paramétrer son navigateur Web.
Dans un premier temps, si vous êtes adepte du surf sur Internet, l’utilisation des favoris est un premier moyen possible. En effet, lancer une recherche sur un moteur de recherche consomme de l’énergie lorsque les serveurs sont sollicités. Avec l’utilisation de favoris, cela permet de garder en mémoire vos habitudes et donc de permettre l’accès direct au site sans avoir à faire une nouvelle recherche. D’ailleurs, l’ADEME a estimé que par an chaque internaute émettait 9,9kg eq. CO2 en moyenne, avec les favoris on réduit de 5kg eq. CO2 ce type d’émission.

2. Privilégier les transferts USB plutôt que par mail.
Autant que possible, favorisez l’utilisation d’une clé USB. Comme nous l’avons évoqué précédemment, une entreprise de 100 salariés émet à elle seule 13,6 tonnes eq. CO2 par an rien que pour l’envoi de mails professionnels, limiter l’envoi de mails au profit du transfert par clé USB se montre donc judicieux dans ce contexte, dans la pratique cela peut être un peu difficile…

3. Les mises à jour, ce n’est pas automatique !
Télécharger une mise à jour sollicite les serveurs auxquels est connecté votre ordinateur et augmente donc sa consommation énergétique et une fois qu’est venu le temps de l’installer sur votre ordinateur, c’est ce dernier qui a besoin d’un surcroît d’énergie pour accomplir la tâche. Il est donc conseillé de ne télécharger que les mises à jour majeures ou celles relatives à la sécurité.

Si l’estimation de WWASTE est approximativement bonne, 2 milliards d’internautes peuvent participer à réduire de concert avec les entreprises de l’IT les émissions de CO2 relatives à leur navigation sur Internet. Les astuces ci-dessus sont un début qu’il reste à creuser. D’aucuns diront qu’il s’agit de bon sens, mais encore fallait-il le savoir !

Sources :
© http://greencodelab.fr/
© http://webenergyarchive.com/en/
© http://www.wwwaste.fr/
© http://www.archimag.com/
© http://www.memoclic.com/882-ecologie/11047-conseils-informatique-ecologie.html