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Comment réduire l’empreinte du Web ?

À l’occasion de la conférence « Quelle est l’empreinte du web ? Et comment la réduire ? », le Club Green IT a présenté ses retours d’expériences sur la question. Une table ronde était également organisée permettant ainsi de prendre le pouls de l’intégration de l’éco-conception web auprès de grandes entreprises françaises. L’Equipe EcoGuide était sur place.

Mardi dernier, les membres du Club Green IT se sont réunis afin de partager leurs connaissances relatives à l’impact de l’Internet et l’application de principes d’éco-conception web à leur site web respectifs. Composé de plusieurs membres comptant pour des organisations publiques ou privées telles que la SNCF, Pôle Emploi, Réseau de Transport d’Electricité (RTE) ou bien l’Université de La Rochelle, le Club a pour vocation à réunir des acteurs porteurs de projets axés sur le Green IT. L’objectif étant de les aider à progresser dans leur démarche, mais aussi à organiser un discours externe « objectif et intègre » sur le sujet du Green IT.

La conférence de mardi a donc confirmé cette intention en se décomposant en deux parties. Lors de la première, Frédéric Bordage, fondateur du site GreenIT.fr, a présenté différents chiffres permettant de faire état de l’impact d’Internet au niveau mondial. Grâce à des données annualisées, le constat est sans appel : le web prend du poids et cela n’est pas sans conséquences sur le plan environnemental. Ainsi, d’après le Club Green IT, de nos jours, la Toile représenterait le double de l’empreinte électrique française, soit 40 centrales nucléaires, contre les 19 actives fournissant l’Hexagone. Les sources d’impacts proviennent de trois sources bien identifiées : les utilisateurs, le réseau et les datacenters.

Concernant les utilisateurs, F. Bordage les a présentés comme la principale source d’impacts. En effet, l’analyse se portant sur l’ensemble du cycle de vie des composants de l’infrastructure réseau et la fabrication de smartphones, tablettes ou autres PC portables étant des plus impactant environnementalement parlant, ils font de l’utilisateur la principale source d’impacts d’Internet. D’où le rappel de F. Bordage de l’intérêt d’allonger au mieux la durée de vie de ce type d’équipements. Ainsi, de ce point de vue, les datacenters sont considérés comme mineurs par rapport aux utilisateurs.

Crédit photo : begeek.fr
Crédit photo : begeek.fr Les exploitants de datacenters rivalisent d’ingéniosité pour le refroidissement de leurs serveurs. Ici, le projet Natick de Microsoft et ses serveurs submersibles

 

En effet, face aux efforts visant à rendre les fermes de données moins énergivores, la présentation a davantage mis l’accent sur le besoin de revoir l’usage qui était fait d’Internet. Par ailleurs, rappelons que d’un point de vue énergétique, une étude du Cyrès étudiée lors d’un précédent article corrobore les dires de F. Bordage concernant les parts de consommation énergétique inhérentes aux utilisateurs, au réseau et aux datacenters et plaçant ces derniers parmi les moins demandeurs d’énergie par rapport aux deux premiers.

Toutefois, le réseau n’a pas été mis de côté dans la présentation. Composé, entre autres, des câblages, de la fibre optique et des box ADSL, il participe également à la prise de poids d’Internet en termes de besoin en ressources. Avec plus de 800 millions de box ADSL installées à travers le monde, et des usages s’intensifiant parallèlement au développement du Cloud et du Big Data, la présentation a pointé du doigt la hausse de la consommation énergétique du réseau. Elle a également souligné la sollicitation de plus en plus forte de la bande passante due notamment à la consommation croissante de vidéos en streaming.

Face à ces constats multiples, l’éco-conception web a été présentée comme étant une solution permettant de limiter les impacts mondiaux d’Internet. En effet, d’après le Club Green IT, nous assistons actuellement à un phénomène de « prise de poids » de la Toile. En chiffres, de 1995 à 2015, il a fallu multiplier par 115 le nombre d’octets nécessaires pour exécuter un traitement et en 2015, un site Internet était trois fois plus gros que son équivalent de 2010. L’éco-conception web apporterait donc un juste milieu entre le niveau de performance à atteindre et les ressources informatiques pour y parvenir. Pour ce faire, elle implique donc une démarche visant à appliquer des principes de sobriété avant ceux de performance. Dans la pratique, la mention par F. Bordage du Mobile First, montre qu’il existe déjà des voies permettant d’améliorer l’accessibilité d’un site en respectant une certaine sobriété. Ce procédé vise à développer un site en partant du principe qu’il doit tout d’abord être facilement chargé sur un écran de smartphone, plus sensible à la lourdeur d’un site Internet qu’un PC fixe.

Crédit photo : http://greeneggmedia.com/
Crédit photo : http://greeneggmedia.com/

Pour parer à cette tendance, la table ronde ayant lieu en deuxième partie, a permis de prendre la mesure des actions mises en œuvre par des acteurs économiques concernant l’éco-conception web. Ainsi, Carole Vrignon, Directrice RSE du Groupe Solocal, Philippe Derouette, Responsable Green IT de l’IT-CE du groupe Banque Populaire – Caisse d’Epargne (BPCE), Thierry Vonck et Jean-Christophe Chaussat, respectivement Responsables Green IT à la SNCF et à Pôle Emploi et Marc Villemon, Responsable Numérique responsable à RTE étaient réunis afin de partager leur expérience.

À partir de la première question posée, « Comment convaincre en interne sur le sujet de l’éco-conception web ? », les retours ont permis de relever les leviers à l’origine d’une démarche d’éco-conception web au sein d’une organisation. Le principal s’est trouvée être l’expérience-utilisateur, plusieurs fois mentionnée par certains membres présents. De la sorte, qu’il s’agisse de Carole Vrignon ou de Phlippe Derouette, ils ont mis en avant le fait que l’éco-conception web permettait d’améliorer l’accessibilité de leur site Internet. Dans le cas d’une entreprise comme Pôle Emploi, cette problématique a été soulevée puisqu’il s’agit d’un véritable enjeu social touchant certains chercheurs d’emplois n’ayant pas nécessairement les moyens financiers de surfer sur Internet avec des terminaux récents adaptés à des sites Internet en surpoids.

De ce fait, d’après les retours d’expérience des membres du Club, l’accessibilité semble dépasser le levier financier concernant les raisons de se lancer dans l’éco-conception web. Certains membres mettant même en avant une volonté de commencer une telle démarche, tout simplement parce que les impacts évoqués dans la première partie de la conférence sont à prendre en compte pour une entreprise possédant son propre site Internet.

La conférence du Club Green IT a eu le mérite de mettre en avant les impacts induits par l’usage d’Internet et ce, sur l’ensemble du cycle de vie de l’infrastructure réseau. Si de bonnes pratiques du ressort de l’utilisateur ont été évoquées, telles qu’éteindre sa box lorsque nous quittons notre domicile (nous éteignons bien les lumières !) ou éviter de solliciter inutilement la bande passante en regardant des vidéos en HD dans le métro. Concernant l’éco-conception web, gageons que le discours que véhicule le Club prenne en ampleur et convainque de plus en plus d’entreprises et d’organismes !

Crédit photo : https://pixabay.com