DBC, l’imprimante médicale du futur ?

Télécharger et imprimer le vivant à partir de séquences d’ADN numérisés, vous-y croyez ? Le projet paraît fou et complètement futuriste, mais c’est ce que le chercheur américain Craig Venter s’apprête à réaliser en commercialisant la première imprimante biologique avec Synthetic Genomics.

Après avoir déchiffré le génome humain puis créé le premier être de synthèse au monde sous la forme de bactérie, Craig Venter s’apprête à lancer le premier convertisseur biologique digital (DBC).

Concrètement, de quoi s’agit-il ? Le prototype actuel est une boîte d’1,8m de haut sur 2,4m reliée à un ordinateur qui téléchargerait des séquences d’ADN sur Internet pour synthétiser, à terme, des protéines, des virus et des cellules vivantes. Un test important des capacités du prototype DBC est d’ailleurs prévu avant la fin de l’année 2013.

Et son utilité ? Comme le chercheur le confie aux journalistes de The Guardian, ce convertisseur biologique digital pourrait servir à produire les vaccins nécessaires pour palier à une pandémie, fabriquer depuis son domicile sa propre insuline… Le prototype actuel ne peut produire que de l’ADN, et non des protéines ou des cellules vivantes, mais cela pourrait tout de même être suffisant pour rendre le dispositif concrêt. Comme le souligne Venter, certains vaccins sont fabriqués en utilisant seulement des molécules d’ADN. « S’il y a une pandémie, tout le monde autour de vous est en train de mourir et vous ne pouvez pas aller à l’extérieur, vous pouvez télécharger le vaccin en quelques secondes à partir d’internet. […] A l’avenir, si vous avez une infection (bactérienne), vous pourrez obtenir rapidement son génome séquencé – cela prendra seulement quelques minutes – et dans un très court laps de temps, nous pourrions concevoir un phage qui attaquerait les bactéries en question. »

Le but étant de vendre cette technologie dans un premier temps aux hôpitaux, puis d’étendre leur cible aux entreprises et aux foyers.

Et l’aventure de cette imprimante ne s’arrête pas là. Ce projet futuriste intéresse d’ores et déjà la Nasa qui se voit bien utiliser un prototype similaire lors de ses futures missions sur Mars pour capter et emporter des particules de vie de la planète rouge. Venter est déjà sur l’affaire et travaille dans le désert californien pour optimiser son robot afin qu’il puisse isoler de manière autonome les microbes du sol et leur séquence ADN.

Source: © The Guardian