DCEM, le PUE européen, normalisé pour évaluer l’efficacité énergétique des centres de données

Le CRIP (Club des Responsables d’Infrastucture et de Production) et la CTO Alliance ont travaillé sur un indicateur permettant d’évaluer la consommation énergétique des datacenters. Très proche du PUE (Power Usage Effectiveness), le DCEM (Data Centre Energy Management) s’annonce comme étant un nouveau standard européen de notation pour les centres de données.

Afin de contrebalancer l’influence de la classification PUE qui compare l’énergie totale consommée par un datacenter avec celle utilisée réellement par les matériels informatiques et celle nécessaire à d’autres éléments de fonctionnement (système de refroidissement, éclairage…), des équipes ont mis au point le DCEM (DATA Centre Energy Management). Cet indicateur normalisé par l’ETSI (European Telecommunications Standards Institute) a pour objet d’évaluer l’efficacité énergétique d’un datacenter à l’aide d’un outil de simulation sous Excel. « Il s’agit de mesurer ce qui entre [en énergie] mais aussi ce qui ressort pour calculer ce que l’on peut faire pour améliorer l’efficacité énergétique d’un data centre » a indiqué Dominique Roche lors de la présentation de l’indicateur DCEM.

Une dizaine de critères ont été répartis en deux catégories pour permettre d’établir le classement du DCEM. La formule retenue est définie grâce à 4 indicateurs d’objectif (consommation d’énergie, coefficient d’efficacité énergétique, énergies réutilisées et renouvelables) et un indicateur qui classe les sites en fonction de leur taille (S, M, L et XL). Le résultat final est affiché dans un tableau avec 9 classes de performances de A à I. Ces dernières permettent aux responsables de SI de se comparer aux autres acteurs du marché.

Afin de ne pas enfoncer les datacenters les plus anciens, ETSI distinguent les « vieux » centres de données datant d’avant 2005 des plus récents. « L’idée est en effet d’encourager les datacenters les plus anciens (30 à 35 ans) qui font des efforts pour améliorer leur bilan énergétique, et non de les raser pour repartir de zéro », a précisé Jean-Marc Alberola, responsable Energies Facility Management chez Airbus. « Les bons élèves sont aujourd’hui dans les classe B et C, et personne n’est encore en A […]. Il fallait garder un peu de marge de progression pour encourager les responsables de centres d’exploitation informatique ».

Comme le montre le tableau de classification en image, ce nouveau barème a le mérite de proposer de nombreuses classes entre 1,3 (note C) et 2 (note G), permettant de préciser la notation et différencier efficacement les centres de données fortement concentrés dans cette tranche.

Bien qu’encore perfectible, le DCEM est un pas en avant vers une meilleure évaluation et une meilleure prise de conscience de l’impact environnemental des data centers. Ce nouvel indicateur pourra servir de référence pour les entreprises voulant des fournisseurs et prestataires plus éco-responsables.

Sources:
© Lemondeinformatique.fr
© GreenIT.fr
© ETSI