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Des datacenters peu énergivores, un projet chimérique ?

Dans un contexte où les datacenters sont de plus en plus sollicités et nécessaires au bon fonctionnement du réseau des objets connectés qui fleurissent au sein de nos sociétés, leurs impacts environnementaux et l’efficacité des mesures prises pour les limiter font débat. Néanmoins, est-il illusoire de croire que nous pouvons réduire efficacement la consommation énergétique de ce type d’infrastructures ?

Faire l’état des lieux des mesures et bonnes volontés visant à réduire la consommation énergétique des datacenters serait un travail de longue haleine difficile à rendre exhaustif. En effet, ces dernières années ont vu naître une pléthore de projets, de plans d’actions dépendants d’une prise de conscience partagée : « les datacenters consomment beaucoup d’électricité et coûtent de plus en plus cher, il faut agir ! ».

En effet, lorsqu’ils ne sont pas pointés du doigt pour consommer de l’énergie inutilement, les datacenters représentent de manière générale un véritable enjeu énergétique et surtout environnemental. Récemment encore, on observe les avancées du secteur dans l’optimisation des systèmes de refroidissement, dits en free-cooling. À l’instar de Microsoft qui a récemment révélé son projet Natick visant à installer des datacenters…sous l’eau ! Ainsi, d’août à novembre 2015, la firme de Redmond a effectué les premiers tests de ce type d’infrastructures sur la côte Pacifique. Elle semble être déterminée à démontrer la fiabilité et surtout les économies énergétiques générées grâce au refroidissement par l’eau environnante.

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Crédit photo : Microsoft

Cependant, le terrain de la consommation énergétique n’est pas le seul sur lequel ce type d’infrastructures doit batailler. Récemment, certains datacenters franciliens ont été critiqués pour leur inadaptabilité au monde urbain. En effet, jugés bruyants par les riverains, les fermes d’Interxion et de Zayo Group ont fait l’objet d’actions en justice visant à interdire leur exploitation proche d’habitations résidentielles. Pour le premier, situé à La Courneuve, et le second, dans Paris intra-muros, ce sont les systèmes de refroidissement qui sont incriminés. Pour le moment, Interxion est parvenu à maintenir son activité en faisant appel, quant à Zayo Group, l’entreprise a l’intention d’effectuer des travaux avant toute sentence afin de réduire le bruit au niveau sonore ambiant.

Effectivement, les solutions existent pour faciliter l’intégration des datacenters dans des environnements urbains, à l’instar du Q.rad de Qarnot Computing avec ses « serveurs-radiateurs » ou bien de Defab qui propose des serveurs décentralisés qui chauffent l’eau du foyer. Les bénéfices d’une implantation en milieu urbain peuvent donc être argumentés par la production de chaleur et l’absence de systèmes de refroidissement sonores.

Alors que ces solutions illustrent une volonté d’améliorer les impacts environnementaux et sociaux des Datacenters, les chiffres montrent également une augmentation de leur performance. En effet, une étude de l’Académie des technologies déclare que la puissance de calcul par watt est cinq fois plus importante en 2012 qu’en 2008, une évolution, donc, de l’efficience énergétique intrinsèque des serveurs. Dans le même principe, une autre étude de Cyrès, un hébergeur basé à Tours, montre que la part de la consommation électrique des datacenters rapportées à l’ensemble de celle des Technologies de l’Information et des Communications (TIC) n’augmenterait pas de manière exponentielle. En effet, de 15% en 2012, la part grimperait à 21% en 2017, au détriment des autres postes de consommation que sont les équipements IT et le Réseau. Ces derniers resteront tout de même plus voraces que les fermes de serveurs avec respectivement 34% et 29% de la part de la consommation en 2017 contre 47% et 20% en 2012. L’écart se réduit mais la marge est encore conséquente.

Au travers de ces différents constats, on observe que les datacenters suscitent un intérêt croissant. En effet, s’ils jouent un rôle dans le développement de la connectivité de notre quotidien, ils affectent également par leur coût en termes environnemental et financier. Bien que des mesures commencent à être prises et des améliorations soient en cours, leur place grandissante dans notre quotidien incite à ne pas baisser la garde !

Crédit photo : Google