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Des solutions existent pour les entreprises peu digitalisées !

Lorsque nous parlons de l’accessibilité au Numérique d’acteurs économiques ne prenant pas part à l’essor des nouvelles technologies, ce n’est pas nécessairement aux entreprises auxquelles nous pensons d’abord. Pourtant, les raisons poussant certaines d’entre elles à ne pas profiter de la digitalisation de notre Société sont bien réelles.

Les différents sujets traités au sein de l’EcoGuide nous amènent à réfléchir à la problématique de l’accès aux nouvelles technologies qui reste inégal et ce, à travers le monde. En effet, l’existence des MOOC, de projets de géants de l’IT sur les questions d’accessibilité à Internet au plus grand nombre ou bien, des équipements low-costs gagnant en popularité, tout cela prouve que des mesures sont prises pour favoriser l’intégration des nouvelles technologies auprès de l’ensemble de la population mondiale. Pourtant, bien souvent il est question dans ces articles des populations défavorisées ou parfois d’Éducation des plus jeunes, mais assez peu d’entreprises en marge de l’essor du Numérique.

En effet, au sein même du territoire national, il est possible de rencontrer des acteurs économiques n’ayant pas pris le train de la digitalisation. Ainsi, la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie a réalisé une étude mettant en avant le retard de certaines entreprises de la région quant à leur utilisation du Numérique dans le cadre de leur activité. En effet, la CCI montre que seulement 20% des entreprises nordistes utilisent le Cloud ou bien des services de vente en ligne et nous retrouvons le même pourcentage pour celles d’entre elles ne comportant même pas d’adresse mail !

Ce sont principalement des Très Petites Entreprises (TPE) qui représentent le vivier d’entreprises concernées par cette sous-digitalisation (95% sont des structures de ce type). Afin de remédier à cette situation, la CCI a donc missionné Coorpacademy, une plateforme proposant des MOOC destinés aux professionnels, de donner des cours à ces entreprises pour les familiariser aux outils numériques. Ainsi, ce sont des formations sur l’e-Commerce, les réseaux sociaux ou bien sur la Culture Digitale dans son ensemble qui sont dispensées afin d’aider les chefs d’entreprises à y voir plus clair dans ce monde 2.0 qu’ils utilisaient peu jusqu’alors.

Sur un autre aspect, c’est l’équipement en solutions numériques qui peut aussi être freiné. Dans le cas des logiciels, il n’est pas toujours facile pour une entreprise d’en acquérir un correspondant à ses besoins. Le montant à acquitter pour l’achat d’une licence peut, par exemple, s’avérer élevé et inciter à avoir recourt à d’autres softwares moins onéreux mais correspondant moins au besoin de l’entreprise. Cette situation a perduré jusqu’en 2012, année où la Cour de Justice de l’Union Européenne a fait jurisprudence en donnant un cadre légal à l’activité de vente de logiciels d’occasion.

Crédit photo: usedSoft
Crédit photo: usedSoft

Depuis, force est de constater que le système s’installe dans la pratique puisque usedSoft, l’entreprise allemande à l’origine de la décision de la CJUE, connaît un développement considérable de son activité, du moins dans sa branche française. En effet, sur le marché hexagonal, elle a connu un accroissement de 59% de son chiffre d’affaires de 2014 à 2015, sachant que l’entreprise s’est implantée dans le pays en 2013. Elle n’est cependant pas la pionnière dans le pays puisque Softcorner, une entreprise française, occupe déjà le marché et propose des logiciels d’occasion à prix avantageux (50% moins cher par exemple).

De plus, outre des tarifs avantageux, les logiciels d’occasion comportent des avantages pour les équipements IT eux-mêmes. En effet, l’entreprise qui revend des logiciels inutilisés génère un revenu et surtout, allège la mémoire vive de ses ordinateurs, les rendant plus performants. Et pour les entreprises achetant d’occasion, c’est aussi la possibilité d’équiper un matériel informatique à la mesure de ses capacités techniques. En effet, de nouveaux logiciels, en plus d’être parfois chers, sont aussi plus gourmands en capacités requises, ce qui peut induire une obsolescence de « vieux » équipements n’ayant pas les ressources nécessaires pour faire tourner les softwares et ainsi pousser à leur remplacement pour cette seule raison.

Bien que les MOOC et les logiciels d’occasion ne soient que deux exemples parmi d’autres, ils montrent qu’il est possible de prendre des mesures permettant à des entreprises en retard dans la digitalisation de leur activité de rattraper la situation. En effet, à l’heure actuelle il devient de plus en plus difficile d’avoir une activité commerciale sans ces nouvelles technologies et encore plus sans Internet. Il convient donc de ne pas laisser ces entreprises de côté, au risque qu’elles perdent en compétitivité par le seul fait qu’elles n’aient pas pris le virage Numérique comme leurs concurrentes.

Crédit photo : http://www.vteducation.org