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Dossier Blockchain #2 : La blockchain, une technologie aux possibilités infinies ?

Qu’ils soient positifs ou négatifs, la blockchain est porteuse d’enjeux et d’impacts qui lui sont propres. Après avoir établi l’origine de cette nouvelle technologie et ce qui pourrait en faire la nouvelle révolution high-tech, l’équipe EcoGuide vous propose d’aller plus loin en dressant un état des lieux des différentes applications autour de la chaîne de blocs. Tour d’horizon !

De nos jours, la blockchain se retrouve dans de nombreux secteurs d’activité, autant publics que privés et ce, en raison des opportunités qu’elle amène via son fonctionnement. S’agissant de l’inaltérabilité des données, la blockchain assure au domaine médical, par exemple, la véracité de celles-ci lors des essais cliniques.

En effet, à l’heure actuelle, la procédure concernant ces derniers respecte un protocole strict qui doit être déclaré par le laboratoire aux autorités sanitaires en charge de valider l’essai. Toutefois, bien que des procédures claires soient établies, il peut arriver que suite au rejet d’un essai clinique peu concluant, certains laboratoires modifient le protocole de test afin d’obtenir de meilleurs résultats. À ce propos, Greg Irvin, chercheur à l’Université de Cambridge, évoque les retours d’une étude démontrant que sur un échantillon de 137 tests inscrits au registre américain des essais cliniques, 60 d’entre eux ont subi des modifications de protocole après les premiers retours de l’essai clinique. Afin d’éviter ce genre de pratique, le chercheur a donc mis au point une clé publique inscrite dans une blockchain. De la sorte, il devient impossible d’altérer les données en raison de l’inscription automatique de tout changement du protocole en les datant, rendant toute modification constatable par tous.

D’autres applications sur ce secteur sont également particulièrement prometteuses. Elles permettraient par exemple de renforcer la traçabilité de la filière de production et distribution de médicaments (selon l’Organisation Mondiale de la Santé jusqu’à 30% des médicaments seraient faux dans les pays en voie de développement) ou assurer la sécurité des données patients en redonnant la main au patient libre d’organiser la visibilité de son dossier aux différentes parties prenantes.

Dans un domaine aussi stratégique que le secteur de la recherche médicale, la technologie blockchain peut ainsi apporter un véritable avantage sécuritaire !

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Crédit photo : http://www.atelier.net/trends/articles/blockchain-attaque-e-sante_444720

Autre secteur également impacté par les questions de sécurité, les systèmes électoraux. D’après le sondage réalisé par Harris Interactive pour la France, ce ne sont pas moins de 58% des abstentionnistes qui affirment « qu’ils auraient certainement ou probablement voté par Internet s’ils en avaient eu la possibilité » ! Toutefois, le principal risque soulevé par le vote en ligne est bel et bien un enjeu sécuritaire ! Déjà testé au Royaume-Uni ou encore aux Pays-Bas, il n’est pas privilégié en raison du risque de piratage des résultats qui minent la confiance en ce procédé. Toutefois, ce pourrait bientôt être une crainte révolue !

En effet, la blockchain permet de garantir la sécurité des données lors des votes en ligne et ainsi de relancer une machine démocratique parfois sujette à un fort abstentionnisme. Une vocation sociale de la blockchain à fort potentiel ! Des start-ups, comme FollowMyVote, ont d’ailleurs pris le pas en créant des plateformes de vote en ligne (encore en phase expérimentale) basée sur la blockchain.

Il est également important de considérer le fait que la blockchain dans ce cas permet d’envisager l’acte de vote lui-même d’une manière différente. En effet, la granularité offerte permet de voter beaucoup plus finement qu’aujourd’hui où l’on vote pour un programme, un parti ou une personne. Par exemple la capacité à voter mesure par mesure ou bien projet par projet est alors rendue possible par la blockchain.  Enfin c’est un moyen permettant une meilleure représentation proportionnelle des votes minoritaires, ces derniers étant souvent masqués par des suffrages qui de par leur mécanique propre les diluent naturellement.

Cette technologie favorise également les projets à caractère environnemental, c’est le cas notamment dans le quartier de Brooklyn à New-York, où les habitants s’échangent de l’énergie solaire. Ce projet mis en place par la joint-venture TransActive Grid, avec le soutien de la ville de New-York, consiste à « reconnecter les habitants aux questions énergétiques ». Pour ce faire, une rue « test » de la ville a été choisie, dans laquelle cinq habitations se sont vues équipées de panneaux solaires. Toutefois, les consommations d’énergie variant au cours de l’année et selon le foyer, TransActive Grid permet, grâce à la technologie blockchain, à ces habitations de partager cette énergie avec cinq habitations situées de l’autre côté de la rue n’étant pas équipés de panneaux solaires. L’idée de TransActive est de combiner le concept de smart-grid, où la production énergétique est décentralisée, à la sécurité de la blockchain quant aux flux d’échanges énergétiques opérés entre les foyers. La blockchain permet dans ce cas de gérer l’ensemble des transactions (flux énergétiques et financiers) à un niveau très fin et également en s’affranchissant des réseaux et process des opérateurs institutionnels.

Une initiative qui est un avant-goût de ce qui se mettra en place dans nos villes avec les smart grids. Ces derniers sont des réseaux électriques intelligents, en cela qu’ils facilitent la communication de la donnée des systèmes électriques et permettent ainsi de piloter le réseau électrique en fonction de la demande, des usages, etc. À terme, il est aussi question d’adapter les besoins et les usages en temps réel, ce qui aura comme principal effet de réduire les consommations d’énergie dans les villes. Le rôle de la blockchain est ici de centraliser la donnée et de la rendre accessible et sécurisée !

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Crédit photo : http://www.smartgrids-cre.fr/index.php?p=definition-smart-grids

La technologie blockchain semble se positionner comme LA technologie qui va élargir le champ du possible dans de nombreux secteurs. Le point commun aux applications présentées est d’amener une agilité nouvelle dans le traitement d’un ensemble de transactions à la fois important en nombre tout en étant unitairement, ce que l’on pourrait appeler une micro-transaction. Cette agilité permet alors de rendre possible et rentable des cas d’utilisation qui n’auraient pas lieu d’être sans la blockchain. Le deuxième élément important est de permettre une nouvelle donne en retirant le « tiers de confiance » de la chaîne de valeur, ce dernier ayant été jusqu’alors incontournable afin d’assurer la confiance nécessaire autour de la transaction.  Ce dernier point amène naturellement à se poser la question primordiale de considérer les conséquences sur les réglementations propres à chaque secteur afin de protéger les utilisateurs.

En effet, la question de la responsabilité se pose pour les applications développées par la blockchain. Si l’une d’entre elles venait, par exemple, à être utilisée à des fins malveillantes, définir au préalable la responsabilité des acteurs est un prérequis permettant d’éviter les vides juridiques.

Des interrogations existent également concernant le modèle de réglementation à mettre en place pour la blockchain. Primavera de Filippi, spécialiste de la question des enjeux juridiques appliqués aux nouvelles technologies, questionne sur la faisabilité d’appliquer à la blockchain des règles de droit traditionnelles. Les opportunités offertes par cette technologie « en matière de transnationalité, de transparence (ou traçabilité) et d’incorruptibilité » pourraient être limitées avec des applications traditionnelles. L’environnement juridique de la blockchain est donc à créer ! Un enjeu de taille qu’il conviendra de traiter au plus vite afin d’éviter de potentielles dérives !

Au même titre que d’autres innovations technologiques, la blockchain revêt un autre enjeu de taille : celui de sa consommation d’énergie. En effet, comme toute solution de stockage, la blockchain nécessite le fonctionnement de nombreux équipements informatiques simultanément, à l’instar des datacenters, pour lesquels des solutions optimisant leur consommation d’énergie existent déjà et font l’objet de nombreuses recherches. De plus et c’est le paramètre le plus impactant sur la consommation énergétique, le principe de validation des blocs de type « proof of work » qui supporte à la fois Bitcoin et Ethereum pour citer les plus connus, demande aux « mineurs » des capacités et des temps de calcul toujours plus importants, synonyme de consommations énergétiques importantes.   Gageons que ces dernières soient transposées rapidement à la technologie blockchain afin d’en limiter encore plus l’impact !

Le Numérique comportant déjà suffisamment de sources d’impacts diverses et variées, quitte à rendre la blockchain révolutionnaire autant aussi en faire une innovation digitale responsable !

Crédit photo : http://www.crowdlending.fr/la-blockchain-va-revolutionner-le-crowdfunding-deja/