Facebook, Google et Twitter assignés en justice par l’UFC-Que Choisir !

Alors que les critiques se multiplient autour des différents réseaux sociaux et de leur non respect de la réglementation française en matière de protection des données privées de l’utilisateur, l’association de consommateurs Que Choisir passe à la vitesse supérieure.

La protection des données privées sur internet est un sujet au centre des préoccupations actuelles. Google a d’ailleurs été récemment condamnée par la CNIL pour ses pratiques non conformes à la réglementation française.



Mais alors même que l’Europe devrait bientôt adopter une nouvelle législation pour que l’utilisateur puisse mieux encadrer et contrôler ce qui est fait de ses données personnelles, l’UFC Que-Choisir, lassée des agissements des différents réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Google), a décidé d’opérer de manière concrète.



En effet, après avoir lancé un premier avertissement au printemps 2013 avec la mise en demeure des trois géants américains, avertissement resté sans suite malgré plus de dix mois de négociations, l’association a décidé d’amener l’affaire devant la justice. Elle a ainsi saisi le tribunal de grande instance de Paris et accuse les trois entreprises de ne pas respecter le code de la consommation et de la loi Informatique et libertés.



Selon l’UFC-Que Choisir, les différents réseaux sociaux abusent et tirent profit des données personnelles recueillies, et ce à l’insu des utilisateurs.
Dans une pétition intitulée : « Je garde la main sur mes données » et publiée sur leur site, l’association déclare que : « Des millions d’internautes partagent leurs données personnelles (messages, photos, vidéos) avec leur entourage sur les réseaux sociaux sans savoir que ces réseaux peuvent, sans leur consentement exprès, les utiliser, les modifier ou les transmettre ».



Pour illustrer cela, la journaliste d’UFC-Que Choisir Camille Gruhier utilisait sur France Info l’exemple de l’icône servant à partager un message ou un article via Twitter, Facebook ou Google +: « Ce sont des icônes espions, qui permettent de savoir que vous avez visité la page et qui suivent votre comportement sur internet. Cela favorise la publicité ciblée ».



En soi, les réseaux sociaux s’approprieraient donc nos données sans notre consentement et tireraient profit de cette violation « Non seulement vous êtes l’objet de publicité ciblée mais en outre vos données peuvent faire l’objet d’une exploitation commerciale (publicité, ouvrages, etc.) sans votre accord exprès et sans le moindre centime » résume l’association.



Une situation qui préoccupe donc les Français puisque d’après l’étude «Les Français et la protection des données personnelles» publiée le mois dernier par l’institut CSA, 85 % se diraient préoccupés par la situation. De même, 20% déclareraient avoir été dans l’impossibilité d’effacer certaines de leurs informations.



Une affaire qui sera donc à suivre et qui, nous l’espérons, fera bouger les choses dans ce domaine où le lobbying des gros groupes reste très important.













Sources :

© http://tempsreel.nouvelobs.com/

© http://www.silicon.fr/

© http://www.csa.eu/multimedia/data/sondages/data2014/opi20140123-les-francais-et-la-protection-des-donnees-personnelles.pdf

© http://www.franceinfo.fr/