Hackathon : une stratégie d’innovation 2.0 ?

S’inscrivant dans la mouvance du DIY ( Do It Yourself ) et des fablabs, le hackathon se fait une place de choix dans l’innovation entrepreneuriale et l’économie collaborative. Cependant, s’agit-il d’une solution miracle ou d’une mode passagère ?

Arrivé en France dans le courant de l’année 2012, le hackathon, contraction de « hack » et « marathon », a vu le jour à la fin des années 90 dans la communauté de développeurs adeptes des logiciels libres et désigne un événement collaboratif de programmation informatique. Avec pour but d’être un accélérateur de réalisation de projets innovants, des sociétés telles que Facebook se sont, par la suite, servies de ce type d’évènement afin de favoriser l’esprit d’innovation de leurs collaborateurs en interne. C’est d’ailleurs lors d’hackathons qu’ont été émis les projets de bouton « J’aime » ou de discussion instantanée, devenus depuis des fonctionnalités phares du premier réseau social mondial.

Toujours avec le même objectif, ce sont maintenant des entreprises de tout bord professionnel qui se prêtent au jeu. En France, Axa, Orange ou la SNCF ont déjà organisé de tels évènements. Le but, réunir le temps d’un week-end des personnes aux talents informatiques divers afin de les challenger, par équipe, sur des projets d’applications ou de services en ligne.

Outre le fait qu’il s’agisse d’un bel exemple de partage de compétences et d’une illustration de l’essor de l’économie collaborative, les hackathons soulèvent tout de même certaines questions dont celle de la rémunération des participants. En effet, un hackathon se déroule sur une courte durée et le plus souvent le week-end, il peut donc sembler légitime de se demander s’il est responsable de faire travailler des personnes lors de leur temps de repos dominical, sans nécessairement les payer. De plus, le côté compétitif du hackathon consiste généralement à enchaîner micro-sieste et longue période de programmation, afin d’être capable de proposer le projet le plus abouti au terme de la période impartie. Là encore, la question de la rémunération au vue de l’intensité de l’effort fourni refait surface.

Il est tout de même possible de nuancer ces écarts. En effet le hackathon repose sur le volontariat et donc sur le libre-arbitre des participants qui connaissent et acceptent les conditions de déroulement de l’événement. De plus, des récompenses peuvent parfois être offertes au terme de l’épreuve, à l’instar d’Axa, qui récompensait à hauteur de 10 000 € le meilleur projet proposé lors d’un précédent hackathon organisé par ses soins.

Une chose est sûre, certaines entreprises ont compris l’intérêt en termes d’innovation que peut apporter un hackathon. Parfaitement inscrit dans l’économie collaborative, ce type d’évènement permet de faire passer la stratégie d’innovation des entreprises à l’échelle 2.0 de nos Économies en favorisant l’interaction de compétences diverses. Cependant, comme nous avons pu le constater, il reste encore des parts d’ombre qui rendent incertaine la pérennité de telle manifestation.

Affaire à suivre !

Sources :
© http://fr.wikipedia.org/wiki/Hackathon
© http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2014/03/31/32001-20140331ARTFIG00112-hackathons-les-marathons-de-l-innovation-font-courir-les-geants-de-l-industrie-et-des-services.php
© http://www.zdnet.fr/actualites/hackathons-il-s-agit-maintenant-de-transformer-l-essai-39818362.htm