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Imprimante 3D : quels sont les risques ?

Le secteur de l’impression 3D est en plein boom. Sa démocratisation auprès du grand public a largement contribué à sa croissance. Le cabinet Gartner estime à environ 250 000 le nombre d’imprimantes 3D vendues pour l’année 2015 et prévoit un doublement de ce chiffre pour l’année 2016. Comme les équipements numériques traditionnels, mais également l’IoT, cette croissance doit s’accompagner d’une considération des impacts environnementaux et sanitaires. Alors, qu’en est-il pour le secteur des imprimantes 3D ?

Concernant ses enjeux environnementaux l’impression 3D peut intervenir comme une réponse à la problématique d’obsolescence programmée. En effet, cette technologie offre la possibilité de concevoir n’importe quel objet (dès lors que l’on possède un patron). La disponibilité des pièces pour la réparabilité d’un produit devient ainsi infinie.

Imprimer de chez soi les pièces et objets dont on a besoin permet également de réduire l’impact lié aux transports (livraison) mais aussi la production de packaging et de ce fait, l’utilisation de matière. Une perspective alléchante !

Une attention toute particulière doit néanmoins être portée aux consommables utilisés pour confectionner ces objets 3D. Savez-vous quel est le composant principalement utilisé pour l’impression ? C’est bel et bien le plastique, plus particulièrement l’ABS et le PLA, des composants plastiques polluants. Toutefois, de nouvelles matières biologiques font leur apparition, on retrouve l’algue, le bois ou encore les bioplastiques.

D’un point de vue environnemental, l’impression 3D offre donc de belles opportunités tant au niveau des matériaux que dans la façon de produire. Des opportunités qui doivent être concrétisées et auxquelles il faut porter une grande attention !

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Crédit photo : www.outil.net

Un autre aspect qui demande une attention particulière : les impacts éventuels de cette technologie sur la santé des utilisateurs.

On sait, pour les équipements IT, qu’il est de rigueur de prendre certaines précautions afin de nous protéger, nous utilisateurs, de certains effets négatifs liés à leur utilisation. Nous avons déjà évoqué, par exemple, les ondes électromagnétiques que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a qualifié de potentiellement cancérigènes.

Les systèmes d’impressions 3D n’échappent pas à cette problématique. Une récente étude franco-américaine a mis en évidence les effets potentiellement négatifs des imprimantes 3D sur la santé des utilisateurs.

L’étude s’est portée sur cinq modèles d’imprimantes 3D pour lesquels les chercheurs ont testé les composants et mesuré le niveau d’émission de particules selon 9 filaments (consommables) choisis.

Les résultats ont ainsi démontré une importante variation des émissions de particules selon le modèle d’imprimante d’une part, et d’autre part, selon le type de filament.

Concernant les filaments, les matières plastiques ABS et PLA sont les plus fréquemment utilisées. En plus de leur impact sur l’environnement, ces consommables impactent également la santé de l’utilisateur. En effet, de ces filaments sont issus de particules composées de deux substances inquiétantes selon les chercheurs. Il s’agit du caprolactame, un composé organique nocif qui est « irritant et toxique par inhalation, ou par absorption à travers la peau » et du styrène que le Centre Internationale de Recherche sur le Cancer (CIRC) considère comme potentiellement cancérigène pour l’Homme.

Pour prévenir de ces risques, l’équipe de chercheurs propose quelques précautions afin de limiter l’ingestion de ces particules nocives. L’utilisateur d’imprimante 3D doit donc s’assurer de placer cette dernière dans une pièce aérée. Il est possible aussi d’intégrer une hotte, nécessaire particulièrement pour une impression avec des filaments ABS.

Outre ces recommandations plus que bienvenues, on peut attendre des fabricants d’imprimantes 3D qu’ils intègrent ces risques et travaillent à une plus grande sûreté des produits. Ces questions sanitaires et environnementales sont présentes pour une grande partie des équipements IT. Il faut garder à l’esprit que le développement de nouvelles technologies ne doit pas écarter ces préoccupations !

Crédit photo : Le monde.fr