» Internet, la pollution cachée », un documentaire qui en dit long sur l’économie dématérialisée !

A l’heure du tout connecté où envoyer un mail est aussi rapide et facile que de dire bonjour, il est difficile de se rendre compte des conséquences environnementales de cette nouvelle ère numérique, et pourtant …

Tablettes, smartphones, objets connectés de toutes sortes, ils se multiplient et envahissent notre quotidien. Tous surfent sur la même dynamique : internet ! Internet révolutionne depuis plus de 10 ans nos habitudes de consommation, de communication et même nos impôts. Difficile aujourd’hui d’échapper à cette vague numérique.



Le documentaire de Coline Tison, Laurent Lichtenstein, Julien Bachellerie et Erwann Luce diffusé hier soir sur France 5 lors d’une émission dédiée aux dangers d’internet met le doigt sur un des travers de cette nouvelle économie numérique qui génère une pollution environnementale considérable. « Nous avons voulu désamorcer ce mythe de l’Internet virtuel et magique, et plutôt inviter à une prise de conscience », expliquait ainsi Laurent Lichtenstein. Car la prise de conscience est nécessaire face à un problème grandissant qui n’a pour le moment trouvé aucune solution probante. Comme le souligne le documentaire, de 1990 à 2003 ce sont environ cinq millions de giga-octets de données qui ont été produits. En 2011, 48 heures suffisaient pour générer la même quantité d’informations. En 2013, il ne fallait plus que 10 minutes. Par ailleurs si internet était considéré comme un pays, il serait classé comme le 5ème consommateur mondial d’électricité, une place qui en dit long.



Alors que nos réserves en matières premières commencent à s’épuiser et que le prix de l’énergie ne cesse de fait d’augmenter, la problématique de l’énergie est au centre des préoccupations du secteur de l’IT et surtout des ONG. En effet, comme la voix off du reportage l’annonce, « les routes de l’information sentent l’humidité et la poussière » car toutes nos données numériques transitent par des millions de kilomètres de câbles et finissent dans les datas centers où elles sont stockées ou réorientées. Or le problème majeur commence là. Au niveau de ces immenses centres de données qui se multiplient à vitesse grand V. Lors d’une interview accordée il y a quelques mois à Futura-Sciences, Coline Tison expliquait d’ailleurs : « Ce n’est pas le transport, avec les dizaines de milliers de kilomètres parcourus par un simple courrier, qui consomme le plus. De très loin, c’est le stockage dans les data centers, avec les serveurs et les disques durs, ainsi que les sauvegardes dans d’autres machines. » Il est important de savoir que, dans le monde, en une minute, cent heures de vidéos sont déposées et deux millions de recherches sont effectuées sur Google. En 1h ce sont plus de dix milliards de courriels qui sont envoyés ce qui équivaut à 4000 tonnes de pétrole. Des chiffres qui alarment mais qui sont encore trop méconnus du grand public.



Notre utilisation démesurée du numérique et la multiplication des données stockées dans le cloud, ce nuage qui n’a de cesse de s’accroître (le volume de données double tous les deux ans) et d’obscurcir le paysage, commence à inquiéter. Cette utilisation excessive a en effet de nombreuses conséquences néfastes pour l’environnement. Pour donner un exemple, Google aurait les mêmes besoins que la ville de Bordeaux pour faire fonctionner ses datas centers, des datas centers énergivores qui fonctionnent vingt-quatre heures sur vingt-quatre et qui doivent être constamment refroidis. La climatisation représente d’ailleurs à elle seule 40% de leur facture électrique globale. Ces « usines internet » sont aujourd’hui la bête noire des écologistes qui s’alarment au vue de leur multiplication sur nos sols alors même que les autorités œuvrent pour limiter le réchauffement climatique. Aux Etats-Unis, la majorité des datas centers se trouvent en Caroline du Nord où 5 % de l’électricité est utilisée par les principaux centres de Google, Apple et Facebook. Cette énergie est générée par des centrales thermiques au charbon qui augmentent le dérèglement climatique et détruisent peu à peu le milieu naturel en rasant des montagnes entières dans les Appalaches où est extrait le combustible.



Ce documentaire dessine donc très justement une image plus réelle et concrète d’internet. Au-delà de l’email envoyé en 2 secondes, c’est tout un rouage qui est ici dévoilé et qui soulève aujourd’hui des questions environnementales majeures. Les géants américains de l’IT comme Apple ou Facebook commencent peu à peu à se tourner vers les énergies renouvelables et tentent d’apporter des solutions plus « durables » pour refroidir leurs serveurs. L’enjeu majeur est donc aujourd’hui pour ces entreprises d’inverser les tendances et de contourner le réchauffement climatique en inventant de nouvelles technologies qui limiteraient la consommation générale mais qui seraient suffisantes pour maintenir tout ce nouvel écosystème virtuel qui se développe. Certains visionnaires parlent alors de cette révolution numérique comme de la troisième révolution industrielle. Espérons donc que cela ira dans ce sens sans négliger ou dégrader ce qui nous entoure et qui est bel et bien réel, notre environnement. Pour le moment, il convient déjà à notre échelle de modérer nos utilisations et de mieux appréhender notre gestion d’internet.





Internet, la pollution cachée – Bande annonce from Association Science Télévision on Vimeo.







Sources


© www.france5.fr/emission/internet-la-pollution-cachee

© www.futura-sciences.com

© www.lezappingdupaf.com