L’eau s’invite dans nos imprimantes

Des chercheurs chinois ont élaboré une imprimante à jet d’eau dont les impressions pourraient être moins polluantes, moins toxiques et surtout moins coûteuses que celles à base d’encre.

L’idée provient à l’origine d’un constat effarant des entreprises : près de la moitié des documents partent à la poubelle après impression. Il s’agissait donc d’élaborer une imprimante qui prenne en compte ce phénomène, tout en adoptant des critères d’éco-conception respectant les hommes et l’environnement.

Le concept a été développé par un groupe de chercheurs de l’Université Jilin de Changchun en Chine. L’imprimante fonctionne sur le principe de l’imprimante à jet d’encre sauf que l’encre a été remplacée par de l’eau, bien moins polluante et également moins coûteuse. Ainsi, à la différence des imprimantes photos, basées sur un processus thermique, le papier contient ici des colorants invisibles. Les pigments se colorent au contact de l’eau et le restent pendant 22 heures avant de s’évaporer.

L’un des autres atouts de cet appareil réside dans le papier utilisé puisque celui-ci serait réutilisable et pourrait même assurer jusqu’à 50 cycles d’impression.

Outre le fait que l’impression soit temporaire, ce qui dans certains usages peut être un inconvénient non négligeable, l’une des limites du procédé réside dans le fait que l’imprimante reste monochrome. Bien que les chercheurs aient déjà réussi à produire quatre types de couleur (bleu, magenta, jaune et violet), il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre la gamme de teintes proposées par les imprimantes polychromes. Sean X.Zhang, responsable du projet, est d’ailleurs en quête de partenaires financiers afin de pouvoir perfectionner le prototype.

La question du niveau de toxicité du produit et des pigments est également en phase de test, avec pour objectif de démontrer l’éco-responsabilité globale du produit.

En effet, il n’est pas question d’utiliser cet appareil pour imprimer des archives, mais partant du constat cité précédemment, il s’agit d’un excellent moyen pour les entreprises de réduire leur taux de gaspillage papier et d’effectuer de fait de grosses économies sur leur budget impression qui tend à être conséquent. Ainsi, selon les chercheurs, ce type d’impression serait 17 fois moins coûteux que celui à jet d’encre.

Une innovation à suivre de près alors même que les débats sur le gaspillage et la gestion des déchets et du recyclage se multiplient, tout comme ceux sur la toxicité des agents utilisés dans nos appareils.

Source : © www.nature.com