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La blockchain : un tremplin pour le vote électronique ?

Le 1er tour des élections présidentielles, c’est ce week-end ! Le grand absent de ces élections et des législatives qui suivront en juin, sera le vote électronique. Mais ne croyez pas qu’il tombe dans l’oubli ! Avec le développement de la blockchain, il se pourrait qu’il revienne en force d’ici peu de temps.

Les élections présidentielles de 2012 avaient vu l’instauration du vote électronique pour les français vivant à l’étranger et pour qui l’accès à un bureau de vote était difficile. Toutefois, l’expérience n’ayant pas abouti à une participation plus accrue, et face à des craintes de piratage des résultats, tant les élections présidentielles que législatives de cette année n’offriront pas ce choix aux citoyens français en âge de voter, qu’ils vivent en France métropolitaine ou d’outre-mer. D’ailleurs, la loi pour une République Numérique promulguée fin 2016 a écarté le vote électronique des mesures finalement retenues dans ses articles.

Pourtant, le vote électronique est déjà adopté par certains pays qui n’hésitent pas à l’employer pour l’élection suprême. C’est le cas par exemple des États-Unis, cela non sans susciter des inquiétudes quant au risque de piratage, comme cela a été le cas pour les dernières élections présidentielles où des pirates informatiques russes étaient soupçonnés d’obéir à des ordres du Kremlin visant à favoriser la candidature de Donald Trump. Démentie depuis par le FBI, ces accusations démontrent une inquiétude concernant la sécurisation des votes, lorsque ceux-ci sont électroniques.

Crédit photo : Clubic

Ainsi, la confiance en l’infaillibilité de ce système de vote semble être le moteur de son développement. Face à ce constat, la blockchain pourrait bien être le vecteur de la démocratisation du vote électronique. Comment ? Rappelons-le, la blockchain est un « système décentralisé de contrôle et de stockage de l’information » permettant de sécuriser le processus de vote grâce à sa transparence et son irréversibilité. En d’autres termes, un électeur qui procédera au vote électronique dans une blockchain, pourrait être assuré que son bulletin sera bien pris en compte, son inscription dans la chaîne empêchant ainsi tous risques d’usurpation et de falsification.

Dans la pratique, en France, il existe déjà des applications ayant employé la blockchain pour le processus de vote par Internet. Bien que Charlotte Marchandise, la candidate de laprimaire.org, n’ait pas réuni les 500 parrainages suffisants pour se présenter, le processus de Primaire Démocratique Ouverte a justement eu vocation à utiliser le vote électronique dans la blockchain afin de départager les candidats. Thibault Favre, co-organisateur de cette primaire citoyenne, met ainsi en avant la flexibilité offerte par ce type de vote en précisant cependant qu’avec la blockchain, « l’idée n’était pas d’avoir une élection parfaite, mais de limiter la fraude au maximum. »

Ainsi, parmi les diverses solutions qu’offre la blockchain, le vote électronique semble tracer sa route. Pour le moment principalement utilisé pour des scrutins alternatifs, se pourrait-il que la blockchain permette au vote électronique d’acquérir ses lettres de noblesse ? En tout cas, les qualités de la chaîne de bloc en termes de sécurisation des données et d’anonymisation, correspondent bien aux attentes de la Société sur le besoin de rendre invulnérable la numérisation de ce processus démocratique. Pour l’heure, les bulletins papier ont encore de beaux jours devant eux !

Crédit photo : EMC