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La considération des impacts sociaux par l’IT : une chimère ?

De manière générale, la Société s’intéresse de plus en plus aux impacts environnementaux de l’IT et les actualités sur le sujet se multiplient. C’est un progrès encourageant auquel l’équipe EcoGuide est fière de contribuer ! Toutefois, beaucoup plus négligé, l’impact social reflète des enjeux tout aussi graves. Le secteur IT entre avancée et mépris des règles : une actualité sociale en demi-teinte.

Si derrière nos équipements électroniques se trouvent des hommes et des femmes, comme dans toute entreprise, il n’est pas toujours évident de faire le lien entre son smartphone et les répercussions sociales inhérentes.

Sur la question de la place des femmes et du principe d’égalité Homme/Femme par exemple, le secteur IT ne fait pas toujours figure d’exemple.

Les femmes représentent, en effet, 33% des effectifs du secteur numérique, un chiffre illustrant parfaitement ce phénomène de sous-représentation. Toutefois, ne jetons pas la pierre trop vite aux entreprises. L’une des explications de ce chiffre tient également au fait que peu de femmes se lancent encore dans les métiers de l’IT. Face à ce constat, les entreprises high-tech investissent de plus en plus dans des campagnes visant à diversifier leur effectif, par exemple via l’ouverture de formations au numérique dédiées aux filles comme Microsoft avec « Digigirlz ».

À la problématique de représentativité s’ajoute la question des salaires. En effet, on observe toujours un écart important entre la rémunération des femmes et celle des hommes, occupant pourtant des fonctions identiques. Ainsi, tout secteur confondu, les femmes sont rémunérées, en moyenne, en deçà des hommes avec un écart de 19% ! L’IT a un rôle à jouer dans l’ouverture des métiers aux femmes, mais il doit également apporter une plus grande égalité des salaires. En tant que secteur porteur, on attend des acteurs IT qu’ils montrent l’exemple !

En ce sens, Google a eu l’idée originale de développer de nouveaux émoticônes à l’effigie des femmes dans le monde professionnel. Un moyen de promouvoir certains métiers aux yeux des adolescentes afin de les inciter à étudier et travailler dans ces secteurs d’activité où les femmes sont peu représentées. L’idée vient directement de salariés de la célèbre firme, une initiative qui peut être saluée. Google montre ainsi une capacité à communiquer et une disposition à développer les idées amenées par ses salariés. Ce type de démarche est un moyen efficace de mettre en avant les employés et de favoriser un environnement propice au travail.

emoji google

Crédit photo : Le Monde

Bien que l’IT soit perçu comme un secteur en pleine croissance, une autre question revient souvent, celle de l’emploi et des difficultés rencontrées par le secteur. En effet, les entreprises IT font aussi face à des périodes de troubles et certains acteurs du secteur sont amenés à licencier. C’est le cas d’Intel qui prévoit un licenciement massif, avec pas moins de 12 000 emplois concernés. Le numéro un des semi-conducteurs est touché par la réduction des ventes de pc avec un recul enregistré de 10,6% pour l’année 2015 et une tendance qui semble se confirmer pour l’année à venir. Le marché des ordinateurs portables et fixes est, en effet, de plus en plus menacé par la multiplication d’autres équipements apportant les mêmes caractéristiques : accès internet, jeux, fonction rédactionnelle, tout en étant plus fonctionnel.

Également concerné par les licenciement depuis plusieurs années, le constructeur IBM a annoncé en Mars dernier un nouveau plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de 360 personnes en France pour ses activités de services et de 14 000 emplois au total dans le monde. Big Blue explique ces licenciements par « la stagnation du marché de l’IT et la forte concurrence des pays à bas salaire » offrant une main d’œuvre peu cher pour la fabrication et l’assemblage des équipements électroniques. La conjoncture du marché de l’IT et le phénomène de concurrence accrue doivent encourager le secteur à trouver des solutions plus durables pour préserver les emplois qui ne cessent de diminuer dans les pays développés.

Concernant les pays à bas salaire, il est vrai qu’ils offrent une main-d’œuvre à bas coût. Cette dernière est toutefois la première concernée par les enjeux sociaux liés à l’IT : heures supplémentaires, salaires bas, conditions de travail immorales, pressions… Les salariés des usines chinoises (principaux assembleurs des géants de l’IT) peuvent travailler plus de 80 heures par semaine pour des paies dépassant péniblement les 100 euros, avec un seul jour de repos hebdomadaire. Bien qu’une hausse des salaires de 12% ait été enregistrée en Chine entre 2008 et 2012, les avancées ne sont pas suffisantes pour considérer qu’il y ait aujourd’hui une prise de conscience réelle de la part des acteurs du secteur. Des progrès sont néanmoins enregistrées en réponse aux différents scandales qui ont secoué les usines chinoises et les marques IT, les obligeant à agir en ce sens. C’est le cas d’Apple, qui inscrit dans son rapport annuel, une section consacrée à sa responsabilité vis-à-vis de ses fournisseurs, la marque à la pomme a mis en place des indicateurs permettant d’évaluer les conditions de travail dans les usines chinoises.

Qu’il s’agisse d’enjeux liés à l’emploi, aux conditions de travail ou à la considération des salariés, les efforts réalisés à l’heure actuelle ne sont pas encore suffisants pour pallier aux enjeux sociaux liés aux activités de l’IT. En tant qu’individu et consommateur, s’informer sur ces enjeux et sur la responsabilité des marques fait partie, au même titre que les enjeux environnementaux, d’une démarche d’achat responsable !

Crédit photo : L’express