La face cachée des objets connectés

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) publie la consommation énergétique des objets connectés et lève le voile sur une réalité de ce nouvel écosystème

Alors que le cabinet Gartner prévoit 26 milliards d’objets connectés dans notre environnement à l’horizon 2020, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) vient de publier un rapport, More Data : Less Energy : Making Network Standby More Efficient in Billions of Connected Devices , sur ce nouvel écosystème en pleine expansion.

Elle y estime à 400 TW d’électricité la consommation en 2013 des objets connectés. Un bilan qui pousse à l’interrogation lorsque l’on sait que ce chiffre avoisine celui de la production annuelle de la totalité des 58 réacteurs nucléaires français (405 TWh en 2012). Une réalité qui peine à se faire connaître tant il est difficile de la rendre visible. Peu réalisent en effet l’énergie nécessaire à l’utilisation de ces éléments du quotidien (data centers, électricité, etc…). Ce sont pourtant plus de 14 milliards d’objets connectés ainsi que tout un réseau d’alimentation de cet écosystème qui fonctionnent actuellement. Logiciels, codes, cloud, data centers, il s’agit d’un ensemble d’entités qui demandent un apport de ressources constant puisque tous ces objets intelligents ont pour objectif premier de communiquer, publier et collecter des données via un réseau. 80% de la consommation électrique de certains objets serait ainsi dédiée à cet entretien du cloud.

Néanmoins, selon la directrice de l’AEI Maria van der Hoeven, des économies considérables pourraient être faites. Un gisement de 65% d’économie potentielle existe en mettant en place certains principes de base de l’écoconception matérielle et logicielle tels que la fin de l’obsolescence programmée ou l’allègement des logiciels. Les gouvernements ont ainsi commencé à élaborer certaines directives pour pouvoir limiter l’impact des nouvelles technologies. En Europe, la directive EcoDesign impose aux fabricants d’EEE un seuil de consommation en veille. De ce fait, le cadre normatif pourrait bientôt s’appliquer à l’utilisation du réseau dans le but de limiter ses usages abusifs.

Notons cependant que l’étape la plus consommatrice des objets connectés reste leur production. L’impact environnemental global des équipements IT reste, en effet, conséquent du fait de l’utilisation de substances rares ou toxiques (terres rares, silicium, halogènes, etc.). Le traitement de la fin de vie de ces appareils est également problématique puisque tous les Etats ne possèdent pas de filière de recyclage malgré l’importance certaine de la récupération des ressources pour le maintien de l’écosystème IT.

Alors que les objets connectés connaissent une augmentation exponentielle et qu’une prise de conscience devient nécessaire voire urgente pour limiter les conséquences du phénomène, il semble que le chemin soit encore long pour un changement net des process.

Sources :
© www.iea.org/publications/freepublications/publication/MoreData_LessEnergy.pdf