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La fin de l’obsolescence programmée est-elle pour 2018 ?

Véritable épouvantail du numérique, l’obsolescence programmée est un sujet récurrent et qui touche certains fabricants aux pratiques douteuses. Cependant, un vent nouveau semble souffler sur la sphère high-tech ! Décryptage.

2017 : une année à l’actualité chargée pour l’obsolescence programmée

Le bridage des batteries des iPhones anciennes générations avoué par la firme de Cupertino a froissé l’opinion publique : des voix se sont fait entendre pour demander réparation de cette pratique d’obsolescence programmée. Face à cette vague de protestations, Apple a fait son mea culpa en proposant le remplacement des batteries de ses modèles à un prix réduit, et plus récemment, la possibilité de choisir ou non le bridage des performances. Dans le premier cas, le téléphone serait fortement ralenti pour ménager la batterie, tandis que dans le second cas, les performances resteraient les mêmes avec le risque que le terminal redémarre de manière intempestive, Tim Cook, PDG d’Apple, ayant expliqué la démarche lors d’une interview menée par la chaîne ABC.

Cependant, l’entreprise n’est pas la seule dans cette tourmente. Au même moment, le géant japonais Epson, faisait l’objet d’une enquête préliminaire en France suite à une plainte pour « obsolescence programmée » et « tromperie » déposée par l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP).

Pour rappel, l’association HOP se base sur l’article L441-2 du Code consommation. Ce dernier transpose le délit d’obsolescence programmée dans la législation française depuis 2015 et en cas de reconnaissance de celui-ci, des sanctions sont prévues pour les contrevenants : une amende de 300 000 € et une peine de prison de 2 ans maximum. À l’heure actuelle, aucune condamnation n’a fait jurisprudence, mais HOP s’attache à médiatiser les pratiques soupçonnées de certains fabricants. L’association est également à l’origine de la plainte française portée à l’encontre d’Apple en fin d’année, ayant abouti  à l’ouverture d’une enquête préliminaire le 5 janvier dernier.

Crédit photo : HOP

Son concurrent coréen Samsung s’est retrouvé dans la même situation suite à une procédure d’enquête lancée à son encontre (et à celle d’Apple) par l’Autorità Garante della Concorrenza e del Mercato (Autorité Garante de la Concurrence et des Marchés) italienne. Cela pour avoir prétendument mis en place « une politique commerciale générale visant à exploiter les lacunes de certains composants pour limiter les performances de leurs produits et inciter les consommateurs à acheter de nouvelles versions. »

2018 : vers une plus grande médiatisation de l’obsolescence programmée et un renforcement de la législation en France et à l’international

Face à tout ce tumulte, certains acteurs de la société comme HOP, tentent de renforcer la législation autour de l’obsolescence programmée. La France faisant figure de pionnière en la matière, une députée membre de la France Insoumise, Mathilde Panot, a questionné le Ministre de la Transition Écologique, Nicolas Hulot. Elle sollicite ce dernier sur le rapport The long view, exploring product lifetime extension des Nations Unies et sur sa position sur le sujet notamment concernant « l’élargissement du nombre de produits soumis à la directive européenne « ecodesign », l’affichage de la durée de vie des produits à l’achat, la fourniture de manuels de réparation et une aide publique aux services de réparation. »

Certaines entreprises mettent également en place des actions vertueuses. BlackBerry a récemment annoncé prolonger de deux ans les mises à jour de son système d’exploitation (OS) éponyme. BlackBerry souhaite proposer à ses utilisateurs un support jusqu’à fin 2019 afin de les remercier de leur loyauté (parfois depuis plus de 10 ans), bien qu’elle ait cessé de sortir des smartphones fonctionnant sous cet OS depuis 2015, cela au profit d’Android.

L’obsolescence programmée n’a sûrement pas fini de faire parler d’elle en 2018. Encore peu reconnue par les législations internationales, les jugements issus des plaintes actuelles donneront une idée de la tendance à venir. Gageons qu’en créant des précédents, les législateurs incitent les entreprises à cesser cette pratique ! Pour l’heure, la page RSE Constructeurs de l’EcoGuide IT peut toujours vous aider à identifier quel fabricant répond  le mieux à vos attentes !

Aymeric De Wispelaere

Crédit photo : http://img.phonandroid.com