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Le chiffre = 10 Milliards €

10 milliards d’euros. C’est la valeur du marché de l’Art en ligne prévue en 2020. Pourtant, acheter en ligne un tableau au même titre qu’un tee-shirt parait insensé pour les experts et amateurs qui prônent un rapport réel à l’œuvre. Le numérique participe à la promotion du marché de l’Art et s’invite dans les expositions. Quel est l’apport du numérique dans ce secteur ?

Démocratiser l’acquisition des œuvres

L’achat d’œuvres en ligne fait sens dans un monde globalisé.
Le collectionneur n’a plus à courir les ventes aux enchères ou se déplacer aux quatre coins du monde pour dénicher et acquérir un objet. Des sites tels que Artsper, numéro un de la vente d’œuvres en ligne, se sont multipliés. On peut y trouver plus de 70 000 œuvres et 10 000 artistes. Entre 2012 et 2015 plus de 300 sites dédiés à la vente d’art ont été créés, soit deux sites par semaine. La croissance de ce marché se poursuit et représentera 50% des ventes en 2020, selon Jurgen Dsainbayonne, le créateur de la plateforme Seezart, alors qu’elle n’en constituait que 10% en 2013. C’est une opportunité pour redynamiser le marché et promouvoir des artistes n’ayant pas les moyens d’exposer leurs œuvres dans les galeries. Cette numérisation permet également aux collectionneurs de découvrir des œuvres nouvelles, similaires à celles qu’ils convoitent habituellement.

La numérisation du marché tend à garantir la sécurité. Les faussaires sont nombreux et l’authentification des œuvres s’avère compliquée lorsque des zones d’ombre planent sur la traçabilité. La blockchain permet de visualiser le parcours de l’œuvre de manière sécurisée. Chacun peut y apporter sa preuve et tout est validé par la communauté. La plateforme Maecenas utilise cette technologie pour plus de transparence et une réduction des coûts liés aux authentifications. Propriétaires d’œuvres et investisseurs sont mis en relation via le site et le risque au faussaire est fortement amenuit. Tout le monde y trouve son compte, mais quid du rapport au réel avec l’objet ?

Crédit photo : Artsper

L’évolution du rapport au matériel

On demande à l’étudiant en Art de se déplacer pour aller voir une œuvre. La représentation des couleurs sur diaporama est faussée selon le rétroprojecteur et le relief ne peut être rendu à l’égal de la réalité. Mais il est coûteux et chronophage de multiplier voyages et musées. De plus, toutes les œuvres ne sont pas accessibles au public. Les sites innovent et proposent des catalogues interactifs. Artfinder, par exemple, référence peintures, sculptures et médias d’art, ainsi qu’outils et sources pour approfondir la découverte et la compréhension d’une démarche artistique. Des essais sur les artistes, les œuvres et les mouvements artistiques sont accessibles gratuitement, démocratisant l’accès aux connaissances. L’utilisateur peut collectionner virtuellement des œuvres et les partager. Selon les préférences de chacun, le site soumet des recommandations personnalisées, visant à promouvoir la sérendipité et la découverte. Via l’application mobile, l’utilisateur est géolocalisé et se voit proposer des visites en réel. Si vous êtes de passage à New York et que vous aimez les tableaux de Van Gogh, vous pourrez visiter le MOMA et admirer la toile « Starry Night ». Ici le numérique sert de bibliothèque, de ressourcerie, tout en faisant le pont avec le réel.  D’autres applications, telles que Artsy, offrent aux utilisateurs la possibilité de projeter les œuvres numériques contextualisées afin de mieux les figurer.

Un nouveau musée

Le musée évolue en se numérisant. Artivive propose au visiteur de découvrir des œuvres d’une autre manière grâce à une tablette où sont enregistrées les explications des artistes. La remplaçante de l’audioguide est née. La digitalisation de l’Art est un enjeu social : donner accès à au plus grand nombre. C’est le projet défendu par UMA, un musée 100% numérique et gratuit. Réunissant des œuvres du monde entier. L’utilisateur où qu’il soit les découvre sans se déplacer.

Si cette idée est dématérialisée, d’autres espaces utilisent les outils numériques pour créer des œuvres et expositions. TeamLab, immerge le visiteur dans un espace virtuel où l’Art interagit avec lui. Début 2018, le collectif japonais offrait une expérience unique : déambuler dans des forêts de bambous et de cerisiers, dans lesquelles des personnages sollicitent le public. L’idée étant de mettre en éveil les sens du visiteur et de replacer la nature au centre de l’expérience. Une prise de conscience poétique et dynamique du vivant via le numérique. D’ailleurs l’aspect matériel du numérique peut également se transformer en sujet artistique. La fondation EDF propose une exposition dédiée à nos données à travers « 1,2,3 data ». Les milliards de données virevoltant sur les réseaux sociaux sont captées et transformées en œuvres numériques, mais aussi en photos et en sculptures. Une belle façon de rééquilibrer la relation entre Art et numérique.

Crédit photo : Teamlab

Le chiffre devrait donc rapidement évoluer, pour se multiplier au rythme de la croissance du digital et des objets connectés. Ce couple est la preuve que le numérique peut être vecteur de démocratisation, sécurité et sensibilisation. Qui a dit que l’IT ne pouvait pas être poétique et enchanteur ?

Juliette Bernier