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Le chiffre à connaître : 480€

La rentrée scolaire approche à grands pas et 480€, c’est le montant moyen que chaque ménage alloue à l’achat des différentes fournitures pour un enfant. Toutefois, en pleine application du Plan National pour l’Éducation (PNE), les stylos et cahiers ont-ils toujours leur place face aux tablettes qui équipent de plus en plus d’établissements français ? États des lieux de la situation !

En recul de 20€ par rapport à la rentrée de 2016 (avec ses 500€), les 480€ de budget de 2017 n’en reste pas moins conséquents pour équiper nos joyeux bambins en vêtements, fournitures ou équipements sportifs. Les parents ont d’ailleurs chacun leur stratégie, qu’il s’agisse de commencer les achats dès le début de juillet, pour 52% d’entre eux d’après le Baromètre du label Approuvé par les familles, ou encore d’attendre le mois d’août pour 24% d’entre eux. Toujours d’après le baromètre, ce sont les équipements pour les activités extra-scolaires qui aspirent une grosse partie du budget avec environ 208€ sur les 480, soit 43% du total, contre 14% pour les 71€ de fournitures, ou 23% si on y rajoute les 42€ prévus pour le cartable. En bref, les parents semblent prompts à équiper leurs enfants pour aborder la rentrée sereinement, quitte à leur laisser une marge de manœuvre dans la décision pour certains achats à plus forte dimension sociale,  tels que la trousse et le cartable.

Toutefois, ils ne sont pas les seuls à se préparer pour la rentrée scolaire 2017. Le Ministère de l’Éducation Nationale est aussi sur les starting-blocks avec le Plan Numérique pour l’Éducation (PNE) lancé depuis 2015. Nous avions évoqué en début d’année le déroulement de ce plan visant à préparer les élèves français aux métiers digitaux de demain, mais aussi à intégrer le Numérique aux supports pédagogiques. Ainsi, en 2016, ce sont plus de 200 000 élèves qui ont été individuellement équipés de tablettes, en 2017 ils devraient être 600 000 de 27 académies ! En effet, après avoir équipé des classes de 5e du niveau collège, l’Éducation Nationale passe à la vitesse supérieure pour la rentrée avec l’équipements de classes de 4e, et avec l’objectif d’équiper les collégiens de la 6e à la 3e pour la rentrée 2018.

Crédit photo : Education Nationale

Cependant, face à cette recrudescence de la présence des écrans dans le quotidien des enfants, des voix s’élèvent afin de souligner les inconvénients d’une telle exposition. En effet, outre les impacts environnementaux inhérents à la fabrication de tablettes, aspect que nous avions développé lors de notre dossier consacré à l’Education et le Numérique, les enjeux concernent aussi la Santé ! Ainsi, les yeux des enfants s’avèrent exposés à la présence accrue d’écrans dans leur quotidien. D’après une enquête du Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observation des Conditions de vie (CREDOC), les jeunes de 12-17 ans passeraient déjà en moyenne 42 heures par semaine sur les écrans (tablettes, PC portables et smartphones, entre autres). Or, ces équipements informatiques émettent une lumière bleue qui altère le rythme de sommeil en retardant la sécrétion de mélatonine, l’hormone de la somnolence opérant normalement à partir de 21h. Des chercheurs de l’Université de Londres ont d’ailleurs mis en avant que pour 1h passée quotidiennement sur un écran, cela équivalait à 15 minutes de sommeil en moins la nuit.

75 % des enfants de moins de trois ans utilisent quotidiennement un écran tactile. Université de Londres

Bien que pour le moment de telles conséquences ne soient pas encore visibles, le manque de sommeil peut avoir des répercussions sur la concentration en classe et donc les capacités des élèves à suivre et retenir les enseignements. Des gestes simples sont donc à appliquer pour éviter de bouleverser leur rythme de sommeil. Par exemple, en réduisant l’éblouissement des écrans, en reposant la rétine en évitant de fixer un écran plus de vingt minutes d’affilée, ou encore de passer du temps à l’extérieur pour privilégier l’exposition à la lumière naturelle.

Éduquer les écoliers au Numérique et à sa place prépondérante dans notre Société, paraît primordial afin de les préparer à la transition numérique et surtout, à les rendre aptes à y trouver leur place. Toutefois, faire du Numérique un vecteur éducatif est-il une solution viable au vu des conséquences que cela engendre sur leur santé ? Qui sait, à l’avenir peut-être faudra-t-il gonfler le budget de la rentrée pour acheter des filtres ou des lunettes de protection à la lumière bleue !

Aymeric De Wispelaere