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Le lithium, entre enjeux écologiques et applications technologiques multiples !

À l’instar des terres rares, le lithium est une ressource dont l’approvisionnement est devenu essentiel dans de nombreuses applications high-techs : énergies renouvelables, voiture électrique, batteries d’équipements technologiques, etc. Grâce à ses propriétés, le lithium est devenu la composante clé des batteries de stockage énergétique. Mais face à cet engouement surtout porté par les voitures électriques, des réalités écologiques sont réelles et nécessitent de s’y attarder pour tenter de limiter les impacts environnementaux et sociétaux de cette ressource !

Les ressources critiques font couler beaucoup d’encre. Tandis que leurs propriétés permettent à de multiples applications technologiques de se développer, des revers à la médaille se révèlent : l’approvisionnement de cette ressource est loin d’être exempt d’impacts environnementaux, son gisement n’est pas prolifique et son recyclage est encore très parcellaire. Face à ces réalités, des inquiétudes pointent donc sur le réel potentiel durable qu’on alloue aux technologies bénéficiant des qualités de ces métaux rares.

Parmi eux, le lithium occupe une place de choix en raison de son usage au sein des batteries (au lithium-ion). En effet, le stockage énergétique s’avère être utile pour beaucoup d’applications technologiques. Les équipements informatiques mobiles, tels que les smartphones, tablettes et ordinateurs portables, mais également les énergies renouvelables, où le stockage permet de réutiliser les excédents de production, sont ce type d’applications. Force est de constater qu’elles connaissent un essor considérable. Au-dessus de tout cela, l’automobile électrique parachève un engouement très prononcé pour cette ressource.

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoit une hausse de 40% des énergies renouvelables d’ici à 2022. Source : ConsoGlobe

La concurrence est féroce sur la fabrication de batteries et trois pays sont considérés comme les principaux producteurs, la France, les États-Unis et la Chine. Pourtant, c’est bien ce dernier pays qui caracole en tête du marché et devrait connaître la même situation monopolistique que pour les terres rares avec une occupation de 90% du marché vers 2020, selon certaines prévisions. Du côté français et américain, ce sont respectivement l’Autolib’ de Vincent Bolloré et la Tesla d’Elon Musk qui répondent présents, bien qu’ils fassent figure de petits poucets face à la Chine. Pour le premier, la situation n’est toutefois pas favorable puisque l’entreprise du français continue d’afficher des pertes (100 millions d’euros) et s’approvisionne en Chine et en Amérique du Sud pour obtenir le lithium. Quant à l’entreprise américaine, la situation n’est pas plus favorable puisqu’elle affiche également des pertes à hauteur de 1 milliard de dollars. Cependant, le marché semble porteur et pousse les investisseurs à faire confiance à ces entreprises. En effet, alors que ce sont deux millions de batteries de voiture électrique qui ont été vendues en 2016, d’ici 2020 leur nombre devrait être multiplié par 3 et atteindre les 6 millions d’unités.

Ainsi, la demande de lithium ne devrait pas connaître de répit, et comme évoqué plutôt, l’approvisionnement de ce métal rare est incertain et son extraction ne se fait pas dans des conditions très propices. En effet, lors d’un précédent article nous avions évoqué le cas du lithium extrait en Amérique du Sud et ce, dans des zones arides alors que le processus d’extraction nécessite des quantités élevées d’eau, provoquant alors un stress hydrique dans ces régions.

En guise d’alternatives, reste alors le recyclage ! En effet, les multiples batteries déjà sur le marché et dans lesquelles il y a du lithium représente un gisement secondaire de taille. Cependant, il est nécessaire d’assurer un approvisionnement aux industriels en demande de cette matière en collectant convenablement les batteries usagées, mais aussi en mettant en place des processus de recyclage viables et parvenant à récupérer les matières présentes en infimes quantités dans les batteries…ce qui n’est pas le cas aujourd’hui !

Crédit photo : Pixabay

Des solutions sont tout de même mises en place pour tenter de remédier à cela. Par exemple, du 9 au 31 octobre, l’opérateur français Bouygues Télécom et l’Organisation Non-Gouvernementale World Wild Fund for Nature (WWF) lancent une opération de récupération de smartphones non-utilisés. Le but est d’inciter les possesseurs de smartphones inutilisés de les ramener en point de vente Bouygues pour que leurs anciens appareils soient reconditionnés (par Recommerce) s’ils sont encore fonctionnels, ou sinon recyclés pour que leurs matières présentes dans les appareils soient réutilisées ! Aussi, certains pays tentent de tirer leur épingle du jeu, tel que le Canada, où un gisement de lithium dans la région La Corne fait espérer au pays d’être perçu comme un « district de classe mondiale pour le lithium » d’ici quelques années.

Ainsi, les enjeux environnementaux et sociétaux de l’approvisionnement en lithium sont de première importance, tant par leur gravité que par la pression de la demande qui nécessite que l’offre de cette matière première ne cesse d’inonder le marché de ce métal rare ! Il est en tout cas urgent que la question de la durabilité et du recyclage des batteries soit un sujet de premier plan. Cela, afin de rationaliser l’emploi de ressources critiques en se tournant vers des solutions d’approvisionnement alternatives plus durables. Pour un futur réellement plus propre !

Aymeric De Wispelaere

Crédit photo : Ecomentocom