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Le milieu urbain : l’avenir du datacenter ?

La recrudescence de l’utilisation des datacenters concentre l’attention sur eux en raison de leur consommation énergétique non négligeable et des enjeux environnementaux qui y sont associés. Une mobilisation des acteurs IT se crée ainsi afin d’optimiser l’efficacité énergétique de ces équipements. Cependant, outre la prise en compte des impacts sur l’Environnement, les nouvelles implantations de datacenters en milieu urbain, font naître un nouvel enjeu davantage axé sur le social. Focus sur les datacenters de proximité et leurs relations de voisinage !

La question de l’efficience énergétique des datacenters semble monopoliser l’attention lorsqu’il s’agit d’associer ces fermes de données au Développement Durable, et à raison ! En effet, bien qu’inférieure à celle du Réseau et des Utilisateurs, la part de la consommation énergétique des datacenters dans le total consommé par l’ensemble des Technologies de l’Information et des Communications (TIC), gagne en importance chaque année (de 15% en 2015 à 21% du total cette année). Ainsi, les mesures visant à rendre les datacenters plus efficients ne sont pas sans intérêt et versent même dans l’originalité pour certaines ! Notons, par exemple, le cas du projet Deep Data qui expérimente, depuis juin dernier, l’utilisation de serveurs installés dans des galeries troglodytes dans le département du Maine-et-Loire (49). Le but du projet est de limiter la consommation énergétique nécessaire au refroidissement des serveurs en profitant de la fraîcheur des lieux !

Crédit photo : L'énergeek
Crédit photo : L’énergeek

Comme Deep Data et bien d’autres entreprises, l’installation de datacenters dans des lieux réputés pour leur qualité naturelle au refroidissement représente donc un enjeu en matière de free-cooling. Cependant, parmi les tendances soulignées par l’Alliance Green IT (AGIT) à l’occasion d’une conférence tenue en novembre dernier, les cinq prochaines années devraient assister à l’émergence de la responsabilité sociétale des datacenters ainsi qu’à une notion de proximité de ceux-ci. Par proximité, l’AGIT entend le fait qu’en parallèle au développement des grands datacenters gérés par des géants de l’IT, tels que les GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazon), des sites verront le jour au sein même des locaux d’entreprises ou bien dans des zones densément peuplées.

Alors que pour les entreprises, il s’agira de créer un système d’informations qui est propre à leur activité et donc ne pouvant être sous-traité (un réseau privé en somme), l’implantation de datacenters en ville a davantage vocation à servir de satellite aux grands complexes, et ainsi d’améliorer certains points-clés liés aux services Cloud, c’est-à-dire, l’allégement de la sollicitation du Réseau, la réduction du temps de latence et enfin, l’augmentation de la qualité de connectivité.

Toutefois, bien que les qualités avancées semblent aller vers une amélioration du service Cloud, la proximité avec des zones habitées, qui plus est, denses, nécessite une adaptation du datacenter à son environnement. Nous l’avions d’ailleurs traité dans un précédent article, le cas d’hébergeurs qui se retrouvent face à la Justice en raison de plaintes de voisins gênés par le bruit généré par leurs datacenters créé des précédents. Un constat qui démontre bien la responsabilité des hébergeurs à considérer les impacts de leur activité sur leurs parties prenantes, en l’occurrence le voisinage dans ce contexte.

Pour résoudre ce problème, Agnès Popelin, Présidente de Paris Nature Environnement, met en avant les possibilités permettant de limiter les nuisances sonores (cf. vidéo ci-dessus). En effet, elle explique qu’au lieu d’évacuer la chaleur émise par les serveurs avec un système de ventilation, la récupération de cette dernière, à des fins de fourniture de chauffage et/ou d’eau chaude, est une solution toute nommée ! De plus, des start-ups françaises agissant dans ce sens existent déjà, telles que Qarnot Computing et Defab. La première propose un serveur-radiateur, dont la chaleur utilisée provient du processeur, d’une puissance de 600 GigaFlops, installé dedans et qui permet de fournir du chauffage à une habitation ou des bureaux d’une surface pouvant aller jusqu’à 300 m² ! Quant à la seconde, Defab, son idée est de tirer la chaleur émise par les serveurs afin d’alimenter son chauffe-eau nouvelle génération. Une solution qui permettrait de diviser par quatre la consommation électrique nécessaire pour son fonctionnement par rapport à un équipement standard.

L’enjeu auquel sont principalement confronté les datacenters de proximité, c’est-à-dire la promiscuité avec des habitations et les nuisances sonores occasionnées, représente un nouveau défi pour ce type de structures. Toutefois, à l’instar des méga-datacenters, la solution à cette problématique semble d’orienter vers davantage d’efficience énergétique ! En effet, quelle que soit la taille, le combat reste le même !

Aymeric De Wispelaere

Crédit photo : http://www.welovebuzz.com