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Le Numérique au programme des candidats aux élections présidentielles ?

L’uberisation de l’économie, la fracture numérique ou la protection des données personnelles, sont des thèmes de campagne différents les uns des autres, mais rencontrant un dénominateur commun : le Numérique. Le développement de ces thématiques dans nos sujets de société est bien réel et leur absence dans les programmes politiques n’en seraient que dommageables. Entre autres sujets, Marine Le Pen, candidate du Front National et Emmanuel Macron, du mouvement En Marche ! ont-ils pris en compte ces thématiques dans leurs programmes respectifs ? Focus.

La première impression qui peut resurgir en s’attardant sur les promesses électorales des deux candidats relatives au Numérique, est que leurs programmes respectifs peuvent parfois se révéler être relativement proches. C’est le cas, par exemple, sur les thèmes de la fracture numérique et de l’évasion fiscale des géants de l’IT. Ainsi, pour Emmanuel Macron, la réduction de la fracture numérique passerait par la couverture des « zones blanches » en 4G  grâce aux opérateurs qui se verront contraindre de le faire, sous peine de sanctions financières. Pour y remédier, Marine Le Pen offrirait, quant à elle, un soutien à l’investissement dans des structures apportant le très haut débit dans les milieux ruraux.

Concernant l’évasion fiscale, tous deux souhaitent mieux taxer les géants du Net, ces derniers se montrant assez retors pour se soustraire aux obligations fiscales de leurs pays d’implantation. La candidate frontiste entendrait créer une taxe sur l’activité réalisée en France, tandis que le candidat d’En Marche ! défendrait l’instauration d’une taxe sur le chiffre d’affaires réalisé en France ainsi que la mise en place d’une lutte contre les arrangements fiscaux entre Etats et entreprises privées.

Sur d’autres sujets les candidats semblent diverger. Pour la protection des données personnelles, par exemple, Marine Le Pen propose « une charte à valeur constitutionnelle qui inclura la protection des données personnelles des Français », obligeant, par exemple, le stockage des données des utilisateurs français sur l’Hexagone et non dans d’autres pays où la surveillance par des institutions étatiques peut sévir. Quant à Emmanuel Macron, c’est une renégociation du Privacy Shield que le candidat souhaite mettre en place, d’ici à 2018, afin d‘assurer « la préservation des données personnelles de tous les Européens ». En effet, l’Union Européenne est au centre des considérations du candidat d’En Marche !, qui confirme ainsi son pro-européanisme. Il propose la mise en place d’une agence européenne chargée de la régulation des grandes plateformes numériques afin d’assurer une concurrence loyale entre elles et le respect des droits de leurs utilisateurs à une échelle paneuropéenne.

Crédit photo : 20 minutes

Autre sujet de divergence, les startups ! Marine Le Pen souhaite « recentrer le Crédit Impôt Recherche vers les PME et les startups, diriger une part de l’assurance-vie (2 %) vers le capital-risque et les startups et inciter les grands groupes à créer leur propre fonds dans les entreprises innovantes. ». Elle entend également éviter de voir les entreprises innovantes françaises quitter le territoire. Pour ce faire, elle empêcherait toute cession d’une startup bénéficiant d’une subvention publique à une entreprise étrangère, durant dix ans. Toujours à une échelle européenne, Emmanuel Macron agirait en faveur « de la mise en place d’un Fonds européen de financement en capital-risque pour accompagner la croissance des start-up européennes du numérique. » Le Fonds serait doté de 5 milliards d’euros minimum.

Les candidats ont aussi avancé des promesses électorales n’ayant pas d’écho chez leur concurrent. C’est le cas, par exemple, de la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) que la candidate frontiste souhaiterait tout bonnement supprimer pour la remplacer par une licence globale. Cette dernière permettrait ainsi d’ouvrir les échanges d’œuvres sur Internet en instaurant une taxe que les Fournisseurs d’Accès à Internet auraient à acquitter (ou d’autres acteurs concernés). Emmanuel Macron souhaiterait interdire l’usage du smartphone dans les établissements scolaires pour les primaires et les collégiens. En effet, rappelons-le, ce type de terminaux mobiles constituent un risque concernant l’exposition aux ondes électromagnétiques que l’Organisation Mondiale de la Santé classe comme « cancérigène possible« .

Les différents engagements pris par les candidats sur le sujet du Numérique montrent une conscience de chacun qu’il s’agit d’un sujet à ne pas négliger, tant pour les opportunités que les risques qu’il représente pour le développement de notre Société. La concrétisation de ces promesses n’est cependant pas encore garantie. Bien qu’il s’agisse d’essayer d’en tirer le meilleur pour le pays, reste à voir l’énergie et les moyens que déploiera le candidat élu pour assurer la réalisation de son programme sur les sujets numériques.

Crédit photo : Europe 1