Le premier baromètre Green IT vient de paraître !

L’Alliance Green IT (AGIT) a réalisé le premier Baromètre français se focalisant sur l’intégration du Green IT dans les pratiques des entreprises hexagonales. Ce ne sont pas moins de 89 d’entre elles qui offrent un aperçu riche d’information sur ce thème qu’est la responsabilisation de l’IT.

Durant la matinée du 25 juin dernier dédiée aux « Impacts environnementaux de la digitalisation des entreprises » (cf. article ici ), l’AGIT nous avait mis l’eau à la bouche avec une infographie illustrant dans les grandes lignes l’intégration du Green IT dans les entreprises françaises. En prélude à une publication plus détaillée qui devait suivre pour le mois de septembre, la présentation montrait une répartition du Green IT en huit thématiques avec pour chacune d’elle, la part d’entreprises impliquées et les indicateurs illustrant les enjeux durables sous-tendus.

Ainsi, la parution du « Baromètre des pratiques Green IT des entreprises en France 2015 », le 22 septembre dernier, a détaillé chacune de ces thématiques que sont les infrastructures informatiques, les datacenters, les systèmes d’impression, la fin de vie, les achats, la gouvernance, les postes de travail et les applications. Les résultats sont parlants : la répartition des répondants met en avant une sensibilité plus forte aux sujets de type fin de vie, infrastructures informatiques ou bien systèmes d’impression, comparé aux sujets relatifs aux applications ou postes de travail. En effet, d’après le Baromètre, l’efficacité énergétique est un thème prisé et se trouve dans plusieurs thématiques majoritairement sélectionnées, plus particulièrement celles des infrastructures informatiques et des datacenters. Ainsi, pour l’infrastructure informatique, 67% des répondants paraissent conscients de son importance mais paradoxalement, seuls 32% connaissent leur capacité de stockage et 35% pensent à la mutualisation. Regrettable puisque la bonne maîtrise de cette thématique permet justement la mise en place d’une politique d’économie d’énergie efficiente.

Toutefois, l’AGIT précise que le motif opérationnel reste bien souvent le premier vecteur de changement d’équipement. Ainsi, de nos jours, les PC fixes consomment moins que leurs prédécesseurs. Il n’y a donc pas nécessairement de souhait vertueux derrière le remplacement par des équipements moins énergivores. Aussi, une entreprise voulant s’impliquer dans une démarche Green IT doit certes prendre en compte les mesures de la consommation électrique mais également l’impact environnemental du produit lors de sa fabrication à travers, par exemple, une Analyse du Cycle de Vie (ACV).

Une autre thématique traduisant une implication relativement importante et dont les enjeux responsables sont acquis par de nombreuses structures est l’impression (64% des répondants au Baromètre). En effet, de par sa nature, un système d’impression nécessite un apport de consommables non négligeables (rames de papier, toners ou cartouches d’encre) et une disponibilité nécessitant un constant « prêt à l’emploi » et donc une mise sous tension permanente. Ainsi, parmi les mesures s’intégrant dans une démarche Green IT, la mutualisation de ce type d’équipement et leur paramétrage par défaut en vue d’éviter les gaspillages intempestifs, sont mis en place pour presque 50% des répondants (respectivement 47% et 49%). Outre les économies d’énergie et de consommables, le recyclage de ces derniers est également pratiqué par les entreprises pour environ 45% d’entre elles. En effet, 43% recyclent leurs papiers et 46% organisent la collecte des consommables et recyclent leurs cartouches usagées.

Dans une moindre mesure, il existe d’autres aspects du Green IT dont la connaissance et la maîtrise sont moins abouties que les thématiques précédemment citées. Ainsi, pour le processus d’achats, les produits éco-labellisés ne comptent actuellement que pour 24% du total acheté par une entreprise pour le renouvellement de son parc. De plus, seul un appel d’offre sur trois (31%) comporte des critères Développement Durable et/ou RSE, ce qui démontre une certaine marge de progrès dans le domaine.

La thématique la moins appliquée au sein des entreprises françaises reste néanmoins l’éco-conception logicielle (12% ont initié une telle démarche). Une telle pratique permet pourtant de réduire les besoins énergétiques d’un software en le rendant plus efficients, limitant ainsi sa consommation. En effet, une conception logicielle plus sobre permet de se limiter aux fonctionnalités les plus pertinentes, ce qui se traduit par une sollicitation moins forte des ressources d’un PC ou d’un serveur et de ce fait par un allongement possible de sa durée de vie. Toutefois, la récente médiatisation de cette méthode responsable justifie le peu d’entreprises qui l’appliquent. En effet, selon l’AGIT, avec des débuts en 2011 et une prise d’ampleur à partir de 2013, il est nécessaire d’attendre quelques années avant que les entreprises puissent partager des données concrètes et/ou leur expérience concernant la mise en place d’une éco-conception logicielle.

Comme nous pouvons le constater, le Baromètre de l’AGIT permet d’avoir une vision concrète de la manière dont s’ancre le Green IT dans les pratiques des entreprises françaises. Nous sommes donc impatients de voir ce nouveau rendez-vous Green IT perdurer afin de découvrir d’année en année les évolutions de la conscience du Green IT dans l’Hexagone. Pour le moment le constat est encourageant mais des efforts restent clairement à fournir… dans tous les domaines !

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Source :
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