Le rôle des achats dans une consommation plus responsable

Le rapport du Centre de Lowell sorti en juin dernier s’intitule Vers des produits chimiques plus sûrs dans les produits : le rôle clé des achats . Il dépeint les impacts environnementaux et sanitaires des produits chimiques contenus dans les équipements couramment utilisés par les entreprises. Le Centre de Lowell pour la production durable, de l’Université du Massachusetts en partenariat avec le Conseil de l’électronique verte, le Réseau des Achats Responsables et le Conseil de leadership Achats durables, nous offre avec ce rapport l’occasion de faire le point sur les informations clés nécessaires aux acheteurs.

En effet, on y pense peu mais le service achat d’une entreprise peut être l’un des premiers à appliquer la politique environnementale choisie par la direction. Du moins pour tout ce qui concerne la mise en place d’une politique de consommation responsable et globalement la réduction de l’empreinte environnementale de l’entreprise à travers l’Analyse du Cycle de Vie des produits ( ACV ).
Autant d’aspects qui doivent être pensés dès l’achat. Pour cela, les achats sont un service clé qu’il est nécessaire de former à cette « mutation » s’opérant sur le choix des produits notamment vis-à-vis de leur éco-conception, mesurable, entre autre, par la présence des produits chimiques présents dans leur composition.

Le rapport (disponible ici ) met en évidence la démarche que l’entreprise peut réaliser, à savoir :
– « Comprendre et identifier les substances potentiellement nocives dans les produits selon le but fixé par l’entreprise, et établir des priorités pour les éliminer,
– Créer une politique forte de réduction des substances toxiques sur la base de ces priorités, et effectuer le suivi avec les spécifications qui mettront la politique en action,
– Inclure une large liste de produits finis et de produits chimiques,
– Engager les employés et les fournisseurs dans les efforts de l’organisation pour veiller à ce que les objectifs soient compris et que des produits plus sûrs soient identifiés,
– Construire un vaste réseau qui peut aider l’entreprise à comprendre l’évolution des sciences et poursuivre la mise en place de bonnes pratiques. »

Ainsi, le rapport donne les grandes lignes pour mettre en place une politique d’achat responsable pour les entreprises visant à éliminer ou du moins limiter les produits chimiques dans les produits consommés. Il met également en avant certaines certifications afin d’orienter et accompagner les entreprises dans leur démarche.

En effet, les achats responsables peuvent s’aider des labels existants et des référentiels responsables propres aux activités de l’entreprise, le tout en s’adaptant aux problématiques et aux objectifs de celle-ci. Avoir une démarche responsable est une démarche importante, attention donc à ne pas se précipiter au risque de se retrouver finalement avec une politique d’achat responsable plus proche du Green Washing que de l’investissement réel.

Chaque label étant différents, les critères nécessaires à leur obtention varient et leur comparaison sur une même échelle est bien souvent difficile. Certaines certifications se rapportent à l’ensemble du cycle de vie du produit quand d’autres ne reprennent qu’une partie spécifique de celui-ci, comme son utilisation ou sa destruction. Pour d’autres encore, plus en cohérence avec le sujet traité ici, l’objectif est d’attribuer des crédits aux produits en fonction de leur faible toxicité. Ainsi chaque label est déterminé sur un périmètre qui lui est propre et dont la pertinence varie selon l’activité de l’entreprise.

Pour n’en citer que quelques-uns des plus « connus », le rapport cite le label EPEAT dont nous avons déjà parlé ici et ici ; Cradle to Cradle ou encore Green Seal.

D’après le rapport, les certifications les plus crédibles sont celles établies par un organisme accrédité tiers indépendant tel que l’ISO. L’indépendance des labels est, il est vrai, un point important à prendre en compte pour s’assurer qu’aucun privilège n’a lieu en raison de possibles liens avantageux entre l’organisme de labellisation et les constructeurs.

Pour plus de précisions, l’Agence américaine de Protection de l’Environnement ( Environmental Protection Agency – EPA) a établi un guide (disponible ici ) présentant les éco-labels et standards dans le souci de renseigner au mieux les entreprises.

Attention néanmoins, ce n’est pas parce qu’un produit ne possède aucun label ou certification qu’il est toxique ou mauvais pour l’environnement. Les démarches de labellisation étant coûteuses, il s’agit bien souvent d’un arbitrage stratégique de la part de la direction de l’entreprise.

Si ce sujet vous intéresse, un webinair sera proposé par les parties prenantes ayant participé au rapport début septembre, à suivre !

Sources :
© http://www.epeat.net/new-report-advancing-safer-chemicals-products-key-role-purchasing/
© http://resources.epeat.net/hubfs/uml-rptgreenpurchasing7.15_14-2.pdf
© http://www2.epa.gov/saferchoice
© http://www.globalecolabelling.net/what_is_ecolabelling/index.htm