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Le recyclage des DEEE en France : une filière schizophrène ?

En parallèle aux trois décrets donnant chacun l’agrément à un éco-organisme pour le retraitement des Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (DEEE) professionnels, l’UFC-Que Choisir publie une étude qui souligne les manquements de la filière pour les particuliers. Focus sur ce système à deux vitesses qu’est le recyclage des DEEE français.

Officiellement agréés depuis la publication des décrets au Journal Officiel du 30 décembre 2015, les éco-organismes Ecologic, Eco-systèmes et Récylum ont l’autorisation de prendre en charge la collecte et la valorisation des DEEE professionnels depuis le 1er janvier 2016 et ce, pour les six prochaines années à venir.

Toutefois, face à cette structuration du retraitement des DEEE professionnels, le pendant pour les particuliers connaît quelques tracas quant au réel respect de la législation et à l’atteinte de ses objectifs de collecte. En effet, d’après une étude d’UFC-Que Choisir, sur une base de 170 magasins n’ayant pas de meubles de collectes, 43% ne répondent pas à l’obligation légale de reprise sans obligation d’achat, soit le système du « 1=0 » (cf. graphique ci-dessous).

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À cela, l’association de consommateurs ajoute que ce serait plus 207 millions d’Équipements Électriques et Électroniques (EEE) qui ne serviraient plus aux ménages mais que ces derniers stockeraient tout de même à leur domicile (une moyenne de huit équipements par ménage). Une manne perdue puisque la proportion d’équipements encore en état de fonctionner serait de trois sur quatre !

Aussi, même si ces propriétaires d’équipements souhaitaient se lancer à la recherche de commerces pouvant comporter des bacs à collecte, l’association souligne un problème de communication entre les éco-organismes ! Derrière la bonne volonté de mutualiser leur carte de points de collecte, Eco-systèmes et Ecologic peuvent parfois se contredire avec l’annonce pour l’un que le magasin permet la reprise « 1=1 » alors que l’autre informera que ce même magasin accepte les reprises « 1=0 ». Sur un autre aspect, les 170 magasins cités précédemment permettant les reprises « 1=1 » ou « 1=0 » uniquement, 79 ne sont indiqués que sur un site à la fois (soit près de 47% d’entre eux). Cela peut mener à une mauvaise expérience pour le détenteur qui sera certainement moins prompt à l’avenir à vouloir se débarrasser de ses vieux équipements.

À travers cette étude, l’UFC-Que Choisir pourrait bien piquer au vif certains acteurs de la chaîne de revalorisation, dont les éco-organismes. Cependant, en pointant du doigt de la sorte les différents travers de la filière de retraitement, l’association respecte sa mission principale : s’assurer que les consommateurs bénéficient de biens et de services de qualité.

S’agissant également d’un thème important du Green IT, de par les opportunités en termes de réutilisation, recyclage matière mais aussi de surveillance de la finalité des substances dangereuses comprises dans les EEE, la législation et les objectifs de retraitement n’apporteront que du positif à être respectés.