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Le Web Summit 2017, un supermarché des startups ?

Ce ne sont pas moins de 60 000 visiteurs qui se sont rendus à Lisbonne à l’occasion du Web Summit 2017. En quatre jours, investisseurs, CEO et surtout startupers ont répondu présent pour exposer leur vision des prochaines avancées technologiques. Assurément écho des grandes annonces faites à d’autres salons de même taille, le Web Summit semble avoir pris de l’ampleur cette année, et a pour résultat une grande diversité d’intervenants et la présence de plus de 2500 startups, dont plus de 140 de La French Tech ! Cocorico ?

 Tout au long de l’année, la route du high-tech se pave de Show, Congress et autres Summit permettant de suivre l’actualité et les grandes tendances dans le domaine. Alors que le Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas a la primeur d’être le premier salon international de l’année civile, ceux à sa suite n’en déméritent pas moins en termes d’intérêts tant les annonces et les avancées vont bon train tout au long de l’année.

Le Web Summit 2017, qui a eu lieu à Lisbonne la semaine dernière, a été l’occasion pour des startups du monde entier de se montrer à un évènement au cours duquel les investisseurs prennent le pouls des prochaines licornes à financer. Confirmant ce à quoi nous avons insisté depuis plusieurs mois, la réalité augmentée, l’Intelligence Artificielle (IA) ou encore la blockchain, étaient sur toutes les lèvres et ont tenu le haut du pavé lors de l’évènement. Cependant, au lieu de laisser un débat unilatéral prendre place, les organisateurs du Web Summit ont fait le choix d’ouvrir le champ des conférenciers à divers points de vue. D’où la présence, en visio-conférence, de Stephen Hawking dont la prise de position sur les dangers de l’IA pour l’humanité ne sont plus inconnues dans le milieu, ou encore de la Commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, ayant tenu un discours de réprimande auprès de Google quant à ses pratiques jugées anti-concurrentielles sur son moteur de recherche.

Parmi les célébrités présentes à l’évènement, outre l’ancien président français, François Hollande, venu présenter sa Fondation la France s’engage, l’ancien vice-président américain Al Gore a pu également être écouté concernant le Changement Climatique, tandis que se passe au même moment la COP23 en Allemagne. Lors de la conférence de clôture qu’il a tenu devant 15 000 personnes, le politicien a ainsi exhorté l’auditoire sur le fait que « notre monde est au bord d’une révolution durable de la magnitude de la révolution industrielle, mais qui se joue à la vitesse de la révolution numérique ». Même si la réalité est plus complexe que cela avec des effets rebond qu’engendre le virage high-tech pris par notre Société, soulignons que le Web Summit est l’un des rares salon high-tech de l’année à avoir intégré un discours sur un tel sujet. Signe d’une certaine maturité sur des questions environnementales.

D’ailleurs, certaines startups ont présenté leurs solutions climatiques, à l’instar de Climeworks, une jeune pousse issue de l’Ecole polytechnique de Zurich proposant la capture de CO2 réinjectée ensuite dans des serres agricoles afin d’optimiser le processus de photosynthèse. Dans les autres domaines, La French Tech n’était  pas sans restes. Comme lors du CES en début d’année, la France fut bien représentée parmi les 2500 startups en présence (de 165 pays différents), dont près de 150 provenaient de l’Hexagone. Avec leurs spécialisations respectives dans l’IoT, la fintech (l’alliance de la finance et des nouvelles technologies), l’IA ou encore de la médecine connectée, ou medtech, le Web Summit a  été le théâtre d’investisseurs bénéficiant de présentations de prototype et autres services de jeunes entreprises dans des domaines variés. D’après les organisateurs, parmi le top 10 des entreprises les plus sollicitées, la moitié sont françaises et prouve qu’elles sont parvenues à tirer leur épingle du jeu.

Alors que le Web Summit aurait pu prendre le rôle de supermarché de startups, la diversité des sujets abordés et des speakers en présence, a su donner une autre dimension au salon. Bien qu’il faille avouer qu’il n’a pas (encore) la renommée du CES ou du CeBIT, le Web Summit semble prendre de l’ampleur avec un nombre croissant de startups et de l’intervention de conférenciers de renom. Sans verser dans la totale originalité au vu de certains sujets traités assez communs à l’heure actuelle, le Web Summit a su capter un public large en ouvrant le champ d’expression à des acteurs du Numérique très hétéroclites et à des sujets tels que le Changement climatique. Coup marketing ou réelle prise de conscience ? Rendez-vous en 2018 pour le savoir !

Aymeric De Wispelaere