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L’efficacité énergétique de l’IT, une course sans fin ?

C’est un fait : le secteur numérique consomme de l’énergie. Face à cette situation, entreprises et consommateurs ont en leur possession des moyens pour réduire l’intensité électrique du high-tech. Mais exploitent-ils au mieux leurs capacités ?

La répartition de la consommation électrique dans le secteur IT

Derrière les annonces, le secteur high-tech reste une machine énergivore qu’il faut sans cesse alimenter. Répartis en quatre catégories de sources de consommation électrique, l’Organisation Non-Gouvernementale (ONG) Greenpeace a donné le partage du total entre les datacenters, les équipements informatiques, le réseau et la phase de fabrication.

D’après les graphiques ci-dessous, la consommation électrique des équipements est en tête avec 34% contre 29% pour le réseau, 21% pour les datacenters et 16% pour la phase de fabrication.

Crédit photo : Rapport Click Clean 2017 de Greenpeace

Toutefois, ces chiffres valant pour 2017, la comparaison avec ceux de 2012 montre que la répartition entre chaque poste de consommation est mouvante. Cela signifie-t-il que les datacenters consomment de plus en plus ? Ou que les fabricants proposent des produits plus énergivores ?

L’usage, au cœur des enjeux environnementaux et sociaux du numérique

Avant de répondre à ces questions, soulignons un point primordial concernant l’impact du numérique. Bien que les chiffres montrent une baisse des équipements informatiques dans leur part de la consommation électrique, il ne s’agit pas d’un signe général d’une réduction de leur impact environnemental et social. Les premières phases du cycle de vie d’un équipement high-tech sont les plus impactantes.

Par exemple, les smartphones Huawei Mate 10 Pro et Apple iPhone X émettent environ 80% de leurs émissions de Gaz à Effet de Serre en équivalent CO2 (kg eq. CO2) lors de leur production, englobant les étapes d’extraction de matières premières, de fabrication et de distribution, soit celles avant que l’usager n’entre en possession du matériel.

« La fabrication d’un ordinateur nécessite 240 kilogrammes de combustible fossile et 1,5 tonnes d’eau. » Novethic

Quel que soit la consommation électrique de l’équipement, allonger sa durée de vie permet de limiter son impact environnemental et social. L’évaluation proposée par l’EcoGuide IT vous permet de trouver un équipement informatique dont l’impact sera plus faible avant même que vous l’ayez acheté.

L’efficacité énergétique de l’IT, une chimère ?

Pour revenir à l’aspect énergétique, les fabricants d’équipements et/ou offreurs de solutions numériques (Cloud par exemple) travaillent à réduire l’intensité électrique de leur activité.

Début 2017, Greenpeace publie son rapport Click Clean faisant état de l’engagement des géants de l’IT dans les énergies renouvelables. Apple apparaît comme le bon élève. Pas plus tard qu’en avril dernier, la firme de Cupertino communiquait l’atteinte de son objectif de 100% d’apport en énergies renouvelables sur l’ensemble de ses infrastructures mondiales. Parallèlement, Samsung, jusque-là pointé du doigt pour son manque d’implication dans de telles stratégies, a annoncé son intention de s’approvisionner à 100% en énergies renouvelables dans ses usines, bureaux et installations opérationnelles de Chine, d’Europe et des Etats-Unis, d’ici 2020. Le géant coréen part d’assez loin,  avec seulement 11% de son mix énergétique issu de la filière renouvelable selon le rapport Click Clean. Reste à voir si 1 an et demi suffiront à respecter son engagement.

Les datacenters font également l’objet de solutions d’optimisation de leur efficacité énergétique. Mentionné dans un de nos articles courant 2016, le projet Natick de Microsoft est un exemple de water-cooling pour le moins original. Début juin, de nouvelles expérimentations ont débuté au large de l’Ecosse afin de tester le refroidissement des installations et l’alimentation électrique grâce au courant marin. C’est Naval Group, spécialisée dans l’industrie navale et les énergies marines renouvelables qui épaule Microsoft dans ce travail.

L’énergie est un enjeu de taille pour le numérique. Sans le minimiser face aux impacts environnementaux et sociaux de la phase de fabrication des équipements informatiques, les engagements et initiatives mises en place par les entreprises high-techs montrent qu’il n’est pas sans conséquence pour le secteur. Cependant, un effet rebond met à mal les mesures prises pour réduire l’intensité électrique de ce secteur clé de notre siècle. Une situation plus complexe à résoudre qu’il n’y paraît.

Aymeric De Wispelaere

Crédit photo : Shutterstock