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Programmation informatique : un savoir-faire prisé mais peu maîtrisé par les entreprises

En quelques années, les développeurs informatiques sont passés de l’ombre à la lumière. Avec la transition numérique, leurs compétences sont devenues indispensables. Le marché de l’emploi n’a d’ailleurs d’yeux que pour eux. Cependant, derrière les fastes de la création, subsistent les réalités techniques. Une récente étude nuance les perspectives économiques et dévoile les travers de la fonction. Des solutions existent-elles ? Focus.

Un « mauvais » code coûteux pour les entreprises

En septembre dernier, l’entreprise Stripe, avec le concourt de Harris Poll et de différents « C-Level Executives » (présidents de grandes entreprises), a publié une étude sur le métier de développeur. Plus de 1 000 développeurs et 1 000 dirigeants, originaires des États-Unis, de France, du Royaume-Uni, d’Allemagne ou encore de Singapour, y ont répondu.

Premier constat, la digitalisation de la société rend indispensable le travail des développeurs. En 2018, ils représentent 18 millions d’emplois à travers le monde. En matière de création de richesse, Stripe établit à 918 milliards de dollars (environ 800 milliards d’euros) la contribution des développeurs au Produit Intérieur Brut (PIB) mondial sur une année. Par individu, cela représente 51 000 dollars (44 500 euros) par an.

Les développeurs participent à hauteur de 918 milliards de dollars au PIB mondial, soit à peine moins que l’Indonésie, 16e pays au classement mondial avec ses 1 015 milliards de dollars générés en 2017. Source Stripe & FMI

Toutefois, le métier de développeur ne se limite pas à la conception de logiciel. Stripe évalue à 17h, sur une semaine de 41h en moyenne, le temps consacré à des activités de maintenance (correction des erreurs, débogage et modification du code) qui représente une “perte” d’efficacité et d’opportunités de plus de 30% chiffrée à 85 milliards de dollars.

Un cadre stratégique clair et de long terme impliquant les équipes de développeurs dans les projets serait une solution. En effet, 36% de ces dernières pensent que leurs missions sont trop focalisées sur des objectifs de court terme et que leurs directions n’ont pas la connaissance technique permettant de prioriser comme il se doit les aspects IT du développement d’un projet.

Crédit photo : Leaders League

Dans cette logique de long terme et priorisation, l’écoconception logicielle n’offrirait-elle pas des clés de succès ?

L’écoconception logicielle, une vision claire dans l’édition d’un code informatique

De la conception à l’usage, en passant par la réalisation, l’écoconception logicielle identifie les principaux impacts environnementaux des étapes du cycle de vie d’un software afin de les minimiser.

Le principal avantage de cette pratique est la recherche d’efficience, c’est-à-dire la capacité d’un logiciel à requérir le minimum de puissance de calcul nécessaire à son bon fonctionnement. Sans revenir sur chacune des contre-vérités énumérées par des experts, le but est d’agir en amont de l’écriture du code pour qualifier au mieux le besoin et concevoir les aspects ergonomiques, graphiques et fonctionnels du programme. Cette démarche priorise la phase de développement, l’attention se porte sur la façon de coder le logiciel, permettant normalement  de limiter le risque d’erreurs ou de « mauvais code ».

En 2017, le baromètre de l’Alliance Green IT souligne que 30% des entreprises françaises intègrent l’écoconception logicielle à leur stratégie numérique (contre 12% en 2015). Gageons que cette pratique gagne en popularité pour optimiser le métier de développeur, accroître les affaires des entreprises et accélérer l’essor du numérique responsable !

Aymeric De Wispelaere

Crédit photo : Shutterstock