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Les données plus si privées de l’IT

La défense des données personnelles est l’un des sujets brûlants de l’IT. En ce moment, qu’il s’agisse du bras de fer juridique entre Apple et le FBI ou bien d’études concernant les utilisateurs et leur possible laxisme en matière de prélèvement de données, difficile de passer à côté de ces actualités.

Après une erreur 53 embarrassante, Apple n’en finit pas de se trouver acculée. Maintenant, c’est au tour du FBI d’être après l’entreprise au sujet du chiffrement de ses équipements. En effet, le Bureau Fédéral d’Investigation cherche à contraindre la firme de Cupertino à créer des backdoors (ou « porte dérobée ») dans son OS mobile, l’iOS. Celles-ci permettraient d’outrepasser le chiffrement de ses terminaux afin de collecter des données des détenteurs suspects, tels que les terroristes lors d’enquêtes par exemple. Pour le moment, cryptées par le chiffrement, elles sont inaccessibles autant pour les autorités que pour les pirates informatiques. En cherchant à résister aux volontés du FBI, la prise de position d’Apple n’est pas sans rappeler l’engagement des constructeurs IT à veiller à limiter l’intrusion d’organisation gouvernementale dans leurs systèmes, depuis le scandale de surveillance globale des États-Unis révélé par Edward Snowden.

Toutefois, les données personnelles et les convoitises qu’elles suscitent, ne se limitent pas à la sphère de l’équipement. En effet, dans le contexte d’Internet et de la fréquentation des sites web, elles se retrouvent aussi sollicitées par les entreprises privées. Une récente étude de Kaspersky Lab a par ailleurs mis en exergue une réticence des usagers du net à être pistés par les sites. En effet, sur les 18 000 internautes interrogés pour l’étude (originaires de 16 pays, dont la France), 79% ne sont pas séduits par l’idée que leurs données de navigation puissent être récoltées à leur insu. Ainsi, 27% des répondants utiliseraient la navigation privée afin d’éviter l’enregistrement de leur historique et la sauvegarde de fichiers de navigation tels que les cookies, et 11% installeraient même des extensions (ou plug-ins) permettant de stopper les trackers collectant leurs données sur les pages web qu’ils fréquentent. Toutefois, 41% avouent ne rien faire, considérant qu’ « Internet fonctionne comme ça ».

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Crédit photo : www.pcastuces.com

Cependant, l’étude de Kaspersky Lab reste à nuancer pour le territoire français. En effet, un sondage réalisé sur le territoire, par OpinionWay pour Capgemini auprès de 1014 personnes, a mis en avant le fait que 55% des interrogés étaient prêts à communiquer leurs données personnelles aux plateformes collaboratives qu’ils utilisaient. Parmi ces 558 personnes, 64% le feraient en vue de bénéficier de services de meilleure qualité et 74% pour profiter de tarifs plus avantageux.

Nous le constatons ici, les données personnelles font l’objet d’une attention toute particulière. Le contexte de leur usage rend ambivalent la défense ou le laisser-aller dont elles peuvent faire l’objet. Ainsi, Apple, avec le soutien d’autres grands noms de l’IT, cherche à maintenir la confiance de ses utilisateurs. Alors que dans le cadre de la navigation sur le web, nous observons une réticence des internautes à être pistés, sans nécessairement chercher à se dérober aux pratiques de collecte de données, certains allant même jusqu’à accepter cette situation en échange d’un retour en leur faveur.

Donner la possibilité de communiquer ses informations personnelles devraient être à l’initiative de chacun comme le révèlent le sondage d’OpinionWay. Toutefois, il serait nécessaire pour cela d’informer les personnes concernées de quand et comment sont collectées leurs données, ce qui n’est pas encore totalement appliqué. Dans le cas d’Apple et des informations détenues sur un équipement précis, quel que soit le choix final de l’entreprise, reste à voir si les utilisateurs auront aussi leur mot à dire !

Crédit photo : http://www.netpublic.fr