Les emails, une illusion environnementale ?

La gestion des emails est aujourd’hui ce que la dématérialisation était au commencement d’Internet : un moyen de réduire les impacts de nos communications sur l’environnement. En effet, contrairement aux idées reçues, les emails sont aussi consommateurs de ressources et d’énergie, d’où l’importance d’apprendre à bien les gérer.

Le concept de dématérialisation, entendez le traitement des données et documents de manière entièrement électronique, visant le « zéro papier », a généré bon nombre d’impacts positifs sur l’environnement réduisant les émissions de CO2 ainsi que les consommations de matières et ressources naturelles (l’eau, le bois, …).

Cependant, ce procédé de dématérialisation est avant tout un outil. Pour que la solution impacte positivement l’environnement, il est nécessaire que les individus aient à leur disposition les moyens de gérer correctement les données qu’ils engendrent.

Déjà en 2011, une étude de l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, intitulée « Analyse comparée des impacts environnementaux de la communication par voie électronique », (disponible ici ) alertait sur les conséquences environnementales des e-mails, proposant une analyse chiffrée.

L’analyse de l’ADEME modélise ainsi différents scénarii évaluant les effets potentiels de l’email tels que les émissions de CO2, l’épuisement de métaux ou encore les dépenses en énergies fossiles.

Pour calculer l’impact email, l’ADEME a utilisé la méthode reconnue de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) tenant compte, dans le cas de l’email, de l’infrastructure informatique que cela soit les datacenters par lesquels les données circulent, les matières premières nécessaires à la fabrication d’un ordinateur (support de réception et lecture de l’email) ou encore l’énergie dépensée.

Ainsi pour ne prendre qu’un scénario, un email de 1 Mo envoyé à 10 personnes représente un potentiel de 73g éq de CO2, 7g éq de fer et 22g éq de pétrole. Le site Le Planetoscope estime qu’un « Français reçoit en moyenne 39 emails par jour et a deux comptes de messageries ». Si on prend en compte le nombre d’emails envoyés par jour par personne mais également la taille de l’email qui dépasse souvent le 1 Mo, on prend conscience de l’importance de la gestion des emails pour limiter leurs effets.

Cette problématique n’est pas nouvelle à voir l’analyse réalisée par l’ADEME en 2011. L’EcoGuide IT avait également réalisé un article sur « le numérique est-il plus écologique ».

Aujourd’hui, ce sujet est repris au sein même du gouvernement par le Ministère de l’écologie, du Développement Durable et de l’énergie qui sort un plan d’action « administration zéro gaspillage ». En effet, la ministre Ségolène Royale entend impliquer les institutions étatiques à la réduction du gaspillage énergétique. Ce plan d’action traite notamment des appareils informatiques.

L’ADEME a également renouvelé son intérêt pour le sujet en publiant en 2014, un document ( ici ) d’information sur le cycle de vie de l’email et ses impacts.

Ainsi, des gestes simples comme un nettoyage régulier de la messagerie, la réduction du nombre de destinataires de même que la réduction de la taille des envois en favorisant les liens hypertexte ou des documents téléchargeables, peuvent permettre la réduction de l’impact environnemental de l’email.

Si vous souhaitez avoir plus de renseignement sur le sujet, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de l’ADEME et ses guides pratiques ! Des initiatives visant à rendre nos technologies plus vertes !

Sources :
© http://rue89.nouvelobs.com/2015/03/11/medias-veulent-mettre-regime-contre-linfobesite-258144
© http://www.zdnet.fr/actualites/la-gestion-des-emails-c-est-bon-pour-l-environnement-39814416.htm
© http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/07/07/combien-de-co2-pesent-un-mail-une-requete-web-et-une-cle-usb/
© http://www.zdnet.fr/actualites/retour-vers-le-futur-email-et-rse-sont-dans-un-bateau-et-rse-tombe-a-l-eau-39811017.htm
© http://rue89.nouvelobs.com/rue89-planete/2013/01/28/un-e-mail-ca-coute-tres-cher-la-planete-239062
© http://www.greenit.fr/article/logiciels/19-grammes-de-co2-lempreinte-carbone-dun-e-mail-selon-lademe-3820