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Les émotions : prochaine étape du développement de l’IA ?

L’Intelligence Artificielle (IA) englobe l’ensemble des techniques et méthodes utilisées afin de concevoir des appareils électroniques capables de simuler l’intelligence. Ces dernières années, l’IA fait souvent l’objet d’articles dans la presse et cristallise les débats sur sa potentielle dangerosité pour les humains. Exploité depuis les années 1950, ce concept d’intelligence semble atteindre certaines limites. La recherche et le développement se focalisent à présent sur l’ajout d’émotions artificielles. Quels sont les enjeux quant à cette future empathie des machines ?

L’Intelligence Artificielle, des jeux vidéo à notre vie quotidienne

L’IA est présente depuis plusieurs décennies dans les jeux vidéo, notamment sous la forme de personnages non-joueurs (PNJ) qui agissent dans le processus du jeu sans que le joueur n’intervienne. L’IA est aussi présente dans d’autres sphères de notre quotidien, mais certaines utilisations font débat. Pour diverses tâches, les machines remplacent peu à peu les humains, bien que dans le monde du travail elle soit plutôt une suppléante à l’intelligence humaine. Car si elle peut effectuer certains travaux, elle n’est pas dotée d’intuition humaine. Il n’en reste pas moins que le potentiel de l’IA inquiète et son essor doit faire l’objet de régulations. À ce sujet, les 23 principes d’Asilomar, que nous avions abordés dans l’EcoGuide IT sous une infographie, définissent un cadre éthique afin de limiter ses déviances possibles.

Le fantasme du robot humanoïde et la capacité de comprendre et reproduire les émotions humaines

Les fictions ont souvent dépeint l’évolution de l’IA à travers l’émergence (et la prise de pouvoir) des robots humanoïdes. Si les balbutiements des recherches pouvaient donner raison à ces récits,  ces derniers resteront au stade de fantasmes. Actuellement, l’IA se développe plutôt sous la forme de stations ou de petits objets, rassurants, discrets, performants et réparables. C’est notamment le cas des assistants personnels développés par les GAFAM qui se limitent pour le moment à un échange vocal. Pour autant, l’IA qui s’intègre dans nos vies à tout âge, même en maison de retraite, est-elle capable de reproduire une relation similaire à celle que pourrait entretenir deux humains ? Actuellement, la technologie répond à des fonctions physiques, opère des tâches mathématiques, est capable de reconnaître les visages, mais ne peut définir l’émotion transcrite. Or, l’application la plus téléchargée de l’été 2017 sur l’AppStore fut Réplika, qui apprend à connaître son interlocuteur, s’adapte à sa personnalité et prend même de ses nouvelles. Son succès prouve que la réussite future de l’IA réside bien dans sa capacité à comprendre les émotions humaines. Le cinéma l’avait imaginé dans le film « I Robot » en 2004, où Sony, un robot humanoïde, dit rêver et éprouver des sentiments tels que la colère.

Crédit photo : Daily Geek Show

Big data et empathie virtuelle pour une Intelligence Emotionnelle

L’intégration d’une empathie virtuelle, est réalisable grâce à la somme des données disponibles sur les individus. Catégoriser les personnes grâce à la donnée affine les rencontres, mais aussi les recrutements. De nombreuses entreprises misent sur l’IA émotionnelle afin de proposer de nouveaux produits et d’améliorer l’expérience client. Grâce à cette intelligence, un réfrigérateur pourrait suggérer des aliments répondant à l’humeur de son propriétaire, une voiture pourrait détecter le niveau de stress, l’état d’esprit de son conducteur et réguler sa conduite dans le but de préserver sa sécurité. L’égalité homme-femme dans l’entreprise bénéficie également des avancées dans le domaine, ce sera d’ailleurs l’objet de conférences le 6 mars prochain lors des Trophées Femmes en EA. Au cours de de cette journée, seront abordés les thèmes des neurosciences et du big data. Un programme visant à inclure l’empathie à l’exploitation des données, afin de mieux répondre aux attentes des consommateurs, de cibler la communication et de recruter les personnes en phase avec les valeurs d’une entreprise.

L’évolution de l’IA prend un tournant décisif, l’ajout d’émotions virtuelles et surtout leur détection, changeront sans doute la relation homme-machine. Mais si nos assistants personnels se dotent d’empathie, s’inquiètent pour nous, viennent aux nouvelles, et nous conseillent, pourrait-on en tomber amoureux ? L’avenir nous dira si la romance imaginée par Spike Jonze dans son film « HER » entre un homme et son assistant virtuel, deviendra réalité.

Crédit photo : Online movie quote

Juliette Bernier