Les entreprises IT en action pour le climat

En parallèle des négociations de la COP21 et de leur aboutissement, c’est aussi une implication de la population, qu’ils soient des particuliers ou bien des entreprises, sur laquelle il faut compter. Pour ces dernières, la réduction des impacts sur l’Environnement requiert des efforts en matière de développement durable. Zoom sur les entreprises IT qui agissent pour le climat.

Le secteur de l’IT est confronté directement aux problématiques du changement climatique. Leur activité de production de biens, de l’extraction des matières premières à la destruction, engendre des impacts non négligeables d’un point de vue environnemental. De ce fait, l’informatique représente, à ce jour, plus de 2% des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). Raison pour laquelle les entreprises de l’high-tech s’efforcent de prendre en considération les enjeux climatiques, au sein de leurs produits et bien évidemment plus globalement grâce à leur stratégie de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).

Cependant, de quels types d’action parle-t-on ?

La mesure et l’analyse des émissions de GES de l’entreprise

La démarche de l’entreprise afin d’agir pour le climat commence par le calcul de la part des émissions de GES liées à son activité. Les entreprises IT fournissent ces informations à travers leur rapport RSE. Elles réalisent de cette manière un état des lieux leur permettant d’établir des préconisations et de mettre en place les solutions correspondantes.

À titre d’exemple, l’entreprise américaine Apple s’engage sur le sujet. La première preuve de cet engagement tient de la transparence dont la marque fait preuve. En effet, la firme de Cupertino calcule et communique l’empreinte carbone de ses installations tout en intégrant les émissions de GES de l’ensemble de sa chaîne logistique.

Ainsi, l’entreprise de Tim Cook, découpe son empreinte carbone par secteur (installations, transport, fabrication, utilisation produits, etc.) : voir les chiffres de 2014 ici . Cette découpe permet à la marque de réduire les émissions dans son champ d’action, en travaillant par exemple sur les énergies renouvelables.

Faire des énergies renouvelables la source première d’énergie

L’ONG Greenpeace a publié en mai dernier son rapport « Clicking Clean » passant au crible toutes les entreprises IT sur leur transparence énergétique, leur utilisation faite des énergies renouvelables et enfin, leurs engagements en matière de production. En tête du classement on retrouve, Apple en grand « vainqueur » suivi de Google, Yahoo ou encore Facebook.

La firme à la pomme, par exemple, est parvenue à alimenter l’ensemble de ses infrastructures américaines, à 100% par des énergies renouvelables, qu’il s’agisse de ses centres de données, de ses bureaux ou de ses célèbres Apple Store. Une démarche de longue haleine pour la firme engagée depuis le début des années 2000. En 2001, pour commencer, en s’associant au projet « Green Choice » de la ville d’Austin, les installations de l’entreprise s’approvisionnait déjà à 100% d’énergie renouvelable dans leur apport énergétique.

De la même manière, investir dans les énergies renouvelables n’est pas une fin, l’initiative peut s’accompagner d’une démarche plus globale centrée sur les équipements eux-mêmes.

Choisir, concevoir des équipements plus écologiques

La gestion de données est une activité à part entière des entreprises IT qui prend vie à travers les centres de collecte des données appelés datacenters. Ces immenses « fermes de données » enregistrent et traitent les informations qu’elles reçoivent. Ce sont, par nature, d’importantes consommatrices d’énergie et elles sont, de ce fait, devenues un domaine d’action du Green IT.

C’est ainsi, qu’IBM est devenu partenaire d’un projet de datacenter gigantesque. La firme IT apporte au projet, son expertise à la conception du datacenter et intervient également en tant que fournisseurs de solutions technologiques et de services. Le projet n’est autre qu’un site installé dans une ancienne mine norvégienne, qui s’étendra sur une surface de 120  000 m2 réparti sur 6 niveaux. Le site sera alimenté par des énergies renouvelables, plus précisément des champs d’éoliennes et des usines hydroélectriques pouvant fournir jusqu’à 300 mégawatts. Sa taille impressionnante permettra d’accueillir un grand nombre d’entreprises (dont IBM) pour un traitement de leurs données à moindres coûts énergétiques et surtout une mutualisation des équipements qui permettra de limiter l’apport de composants nécessaires à la fabrication de ce type d’infrastructures.

Les constructeurs IT s’engagent également à travers leurs produits, les rendant plus éco-conçus et moins énergivores permettant ainsi de réduire l’impact du produit et ses émissions de GES durant son utilisation. Entre 2013 et 2014, Apple a par exemple enregistré une baisse de 7% des émissions associées à l’utilisation de ses produits due à une amélioration de leur efficacité énergétique.  À l’échelle d’une entreprise disposant d’un parc informatique conséquent, comme Apple, les économies d’énergie et la limitation des GES, en adoptant des produits plus durables, peuvent être significatifs.

La lutte pour la réduction des déchets

Une fois que l’on a réussi à réduire son empreinte en phase de fabrication et d’utilisation, la question du recyclage se pose et l’impact en matière d’émissions est également à prendre en compte par les entreprises IT.

Il est vrai que la réduction des déchets est également un enjeu du climat. En effet, ne pas recycler entraîne des conséquences sur l’ensemble du cycle de vie du produit. Ainsi, au lieu de réutiliser des composants déjà fabriqués (en les recyclant) et encore fiables, on en produit de nouveaux en extrayant à nouveau des matières premières. La phase de production d’un équipement IT peut ainsi s’avérer très coûteuse en énergie et en ressources.

Prenons comme exemple le secteur des systèmes d’impression, engagé depuis de nombreuses années dans cette démarche. En effet, c’est une branche de l’IT particulièrement concernée par les déchets, l’utilisation de systèmes d’impression nécessitant l’apport de consommables : cartouche d’encre, papier, etc. Cela a poussé les entreprises de systèmes d’impression à intégrer rapidement cette notion de durabilité afin de limiter leur empreinte carbone et de façon plus générale, leur impact sur l’Environnement.

Ainsi l’entreprise Lexmark, qui fait partie des 100 de l’économie circulaire, association créée par Helen McArthur, a mis en place une politique de recyclage de ses consommables qui obtient des retours plus que satisfaisants. Grâce à sa démarche globale, l’entreprise dispose d’un système de collecte mondial (présent dans 60 pays, représentant 90% du marché de la marque). En chiffres, entre 2004 et 2014, la marque a augmenté le taux de cartouches réutilisés de 400%. Au fil des ans, ses consommables sont même devenus des produits plus simples à recycler en y incorporant des matières issues du recyclage, pour un seuil actuel de 90% ! Ainsi, seuls 10% d’une cartouche actuelle provient de la matière « neuve », un gain en ressources non négligeable.

En parallèle à tout cela, il ne faut pas oublier qu’une entreprise s’investissant durablement dans l’optimisation de ces GES, va intégrer ses parties prenantes, à savoir ses employés, ses fournisseurs, ses clients, etc. La transparence est une notion de base importante, puisque comme dit plus haut, une fois qu’une entreprise est capable de mesurer et de quantifier son impact, cela lui offre une meilleure visibilité quant aux solutions qui peuvent être mises en place, cela lui confère également une meilleure estime auprès de ses parties prenantes.

À savoir également que cet engagement n’est pas limité à l’IT ni aux grandes entreprises, les PME peuvent agir à leur échelle, c’est ce qu’explique en 10 points cet article d’e-RSE.net : lien ici.

Sources :

© http://www.silicon.fr/ibm-investit-un-immense-datacenter-enterre-dans-une-ancienne-mine-norvegienne-125056.html

© http://www.apple.com/fr/environment/climate-change/

© http://www.lexmark.com/fr_fr/products/supplies-and-accessories/lexmark-collection-and-recycling-program.html