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Les équipements d’impression riment-ils avec obsolescence programmée ?

Trois mois se sont écoulés depuis l’accusation de HOP contre le constructeur japonais d’imprimantes Epson pour obsolescence programmée. L’association française avait lancé un pavé dans la mare. Durant plusieurs semaines l’affaire a fait les gros titres, mais après quelques temps l’émoi semble être retombé. L’occasion pour l’EcoGuide IT de revenir sur le cas Epson et de faire le point quant aux matériels d’impressions !

Crédit photo : dailymotion

Où en est-on de l’affaire Epson ?

En fin d’année 2017, la marque japonaise d’imprimantes Epson a été accusée par HOP de réduire volontairement la durée de vie de ses cartouches d’encre. Rappelons qu’en France le délit d’obsolescence programmée est passible d’une peine de prison de deux ans et d’une amende de 300 000 € ou de 5% du chiffre d’affaire de l’entreprise. Depuis cette plainte, le secteur des impressions est ébranlé et la surveillance des pratiques douteuses est renforcée. Tous les constructeurs ont été touchés par effet boule de neige mais jusqu’alors Epson n’avait pas répondu à l’accusation publiquement, bien que la justice française ait ouvert un procès. C’est désormais chose faite. Fin mars, Thierry Bagnaschino, directeur marketing de la branche française, a déclaré que l’entreprise souhaite «démontrer qu’il n’y a jamais eu l’intention de vouloir voler ses clients ». Il est a noter que la Direction Général de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) en charge de l’affaire, a saisi du matériel Epson pour réaliser des tests et a refusé la proposition d’envoi de documents techniques de la marque concernant leur matériel. L’affaire suit donc son cours et le secteur de l’impression se doit désormais de répondre en proposant des matériels plus durables et éco-conçus.

Les nouveaux matériels sous le signe du Green IT ?

Le Green IT inclut l’éco-conception qui est une manière de lutter contre l’obsolescence programmée. Pourtant, peu d’imprimantes répondent à cette caractéristique. Pour en avoir le cœur net, l’EcoGuide IT vous propose de regarder la note et l’analyse de votre matériel et de le comparer aux autres produits référencés. Peut-être serez-vous tenté d’acquérir une nouvelle machine, plus vertueuse pour l’environnement et plus durable pour votre portefeuille. Un choix cornélien qui ne doit pas seulement s’attacher à l’éco-conception, mais également considérer des options telles que le système de contrôle d’impression permettant d’éviter les impressions « oubliées » et donc de réduire la quantité de papier utilisé. En effet, le papier est responsable pour 40% de la déforestation et 25% des documents imprimés sont jetés 5 minutes après leur parution. Si votre matériel fait partie des 70% n’étant pas équipés d’un tel système de contrôle, il sera nécessaire d’adopter des bonnes pratiques et d’être responsable de votre consommation de papier. Paul Morin, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCA) propose, par exemple, une imprimante dédiée aux professionnels dont les matériaux sont interchangeables, les cartouches d’encre remplacées par des réservoirs et dont la maintenance ou réparation sont facilitées grâce à des tutoriels gratuits sur internet. En plus d’être éco-conçue, ImPro est ergonomique, design et issue de la Frenchtech !

Qu’en est-il des autres équipements d’impression ?

Les imprimantes ne sont pas uniquement présentes en entreprise ; on les trouve dans les maisons des particuliers et parfois même dans leurs poches ! La HP Sprocket Plus propose l’impression des photos de son smartphone connecté par Bluetooth, dans un format légèrement plus grand qu’une carte de crédit. Vantée pour son instantanéité et sa qualité de rendu, il semblerait pourtant que le gadget innovant ne soit pas éco-conçu, bien qu’il contente les amoureux de la photo.
Outre les formats portables, l’impression fait souvent parler d’elle avec la 3D. Il est désormais possible d’imprimer des objets.  L’imprimante devient donc un outil de construction plus que de reproduction. Un monde nébuleux dans lequel peu de consommateurs osent se lancer, du fait de sa complexité apparente. Dagoma souhaite répondre à cet enjeu de simplification avec le lancement de la Neva Magis et de son logiciel ROAD, qui propose un panel d’objets à réaliser. Si les imprimantes 3D ne sont pas écoconçues, elles peuvent néanmoins permettre la création de matériels qui le seraient. En effet, les filaments qui servent à la réalisation des objets imprimés ne se résument pas aux plastique ABS à base de pétrole. Ils peuvent être d’origine végétale (amidon de maïs, racine de manioc et de betterave), provenir de la cire ou encore de la céramique. A noter que les recherches en ce sens vont bon train puisqu’elles produisent des filaments issus de noix de coco, bière, algues et coquilles d’huître ! Des points positifs, en espérant que les imprimantes 3D ne rencontreront pas les mêmes défaillances (trop) rapides que leurs semblables 2D.

Si l’affaire Epson ne suscite plus le même intérêt médiatique, l’effet de la plainte a tout de même permis de porter au grand jour les pratiques frauduleuses de nombreux constructeurs. Bien que le secteur de l’impression n’ait pas encore franchi le cap de l’éco-conception, de belles initiatives voient le jour et changent la donne. Enfin, les imprimantes 3D et autres formats d’impression actuellement en phase de développement sont pour l’instant épargnés par la presse et les associations, mais est-ce parce qu’ils sont irréprochables ? L’avenir nous le dira !

Juliette Bernier