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Les français et le high-tech : l’aveu de l’hyperconnexion

La semaine dernière, la Fondation April a publié son premier baromètre sur l’hyperconnexion. 67% des français se disent dépendants de leurs équipements informatiques connectés. Catégorie Socio-Professionnelle (CSP), âge, genre, toute la population n’est pas uniformément impactée par l’hyperconnexion. Focus sur les résultats de l’étude.

Les français conscients de leur dépendance aux écrans 

La fondation April, organisme appartenant au groupe d’assurance éponyme, en collaboration avec le cabinet d’étude BVA, a publié la semaine dernière son premier baromètre sur l’hyperconnexion. Intitulé « L’hyperconnexion, quel impact sur notre santé ? », l’étude met en avant le comportement des français vis-à-vis de leur connexion à Internet et leur connaissance des impacts inhérents et des solutions à mettre en place pour les limiter.

Réalisé auprès d’un échantillon de 1 033 français de 18 ans et plus, les chiffres du baromètre matérialisent le phénomène d’hyperconnexion en France, de manière générale ou par profil (tranche d’âge, appartenance à une CSP, etc.). La proportion de français qui avouent être dépendants de leurs équipements informatiques connectés (smartphones, PC portables, tablettes, etc.) s’élève à 67%, soit 2 français sur 3.

Selon le baromètre, 42% de français disposent de trois équipements informatiques ou plus. Cette possession multiple facilite une dépendance à la connexion et s’ajoute à une exposition moyenne devant un écran avoisinant les 4h30 par jour par personne. Cela n’est qu’une moyenne puisque 20% des répondants passent 8h ou plus par jour devant les écrans.

« 22% des internautes estiment qu’Internet prend une place trop importante dans leur vie. » Fondation April

Ces chiffres prouvent l’existence d’un terrain propice à la surexposition aux écrans mais selon la CSP ou la tranche d’âge, l’exposition n’est pas égale.

Les cadres et les jeunes plus exposés que le reste des français

Outre des comportements d’addiction tels que le FOMO (« Fear Of Missing Out » ou « Peur de manquer quelque chose »), le baromètre met en avant une différenciation de la dépendance. Les cadres passent en moyenne plus de 7 heures par jour devant un écran dont 65% par obligation professionnelle. Signe d’une inégalité dans le choix de l’exposition, les ouvriers et les retraités enregistrent une plus faible exposition avec environ 2h40 par jour devant un écran dont 16% d’ouvriers par obligation professionnelle. Le temps passé sur un écran ne reflète pas une dépendance plus grande des cadres par rapport aux ouvriers, mais bien une exposition obligée qui n’est pas synonyme de loisir. D’ailleurs, l’étude mentionne que 1 cadre sur 3 souhaite se déconnecter.

Outre cette CSP, les jeunes adultes de la tranche 18-34 ans sont impactés, avec presque 1 jeune sur 2 (48%) se disant totalement dépendant des outils numériques. À l’opposé, 40% des répondants de cette tranche d’âge pensent qu’Internet prend trop de place dans leur vie quotidienne.

La conscience qu’il faut agir mais l’impasse quant aux solutions

72% des français estiment qu’il est bénéfique de se déconnecter. Bien qu’ils avouent leur dépendance aux écrans, il subsiste une méconnaissance des impacts que l’hyperconnexion et les écrans ont sur leur santé.

« 50% des français pensent que l’exposition aux écrans n’a aucun impact sur leur santé en général. » Fondation April

Le baromètre met en avant la connaissance de certaines notions. Celle relative à la lumière bleue émise par les écrans, par exemple, est connue par 86% des français, mais ils sont 55% à ne pas savoir quelles mesures prendre pour limiter cette exposition. Les enfants sont aussi mentionnés dans l’étude. 89% des répondants estime que leur comportement influe sur celui des enfants, d’où la volonté d’exemplarité. Parmi les mesures évoquées, les principales sont la réduction du temps passé devant un écran pour montrer l’exemple et l’instauration de règles parentales de limitation de l’usage des outils numériques. Le baromètre souligne que l’engagement des parents est souvent plus fort lorsqu’ils ont des enfants en bas âge.

De manière générale, l’étude de la Fondation April permet de constater que l’hyperconnexion n’est pas une notion méconnue. Cependant, la connaissance des effets sur leur santé d’une surexposition aux écrans reste marginale. Concernant les enfants, le désir d’agir pour limiter le phénomène est palpable, mais la mise en place de solutions concrètes est plus difficile.

Face à ces chiffres, il est évident qu’un travail de sensibilisation est nécessaire pour qu’en plus d’avouer leur dépendance aux écrans, les français apprennent à la limiter !

Aymeric De Wispelaere

Crédit photo : Shutterstock