Les limites économiques et technologiques de la loi Moore

Le premier ordinateur a été créé en 1950, le terme informatique lui est énoncé pour la première fois en 1957. Entre sa création et son avènement dans les années 2000, c’est bien la société entière qui a été bouleversée. Comme toute innovation, l’informatique a entrainé avec elle un nombre important d’études, de lois, de préceptes afin de la définir, de la comprendre, de la faire progresser mais aussi d’anticiper ses limites d’un point de vue technique et économique.

Zoomons sur ce dernier point, la loi Moore, rédigée par Gordon Moore cofondateur d’Intel est un concept de base relatif à l’informatique et plus précisément à l’évolution de la puissance et de la complexité du matériel informatique. Il faut bien comprendre que la loi Moore n’est pas « une théorie scientifique, mais un ensemble d’observations et de prédictions faites par Gordon Moore ».

Pour l’expliquer simplement, la loi Moore part du postulat que les circuits imprimés allaient se complexifier en raison de l’accroissement du nombre des transistors et ce en conservant un prix constant sur une moyenne de 18 mois. Gordon Moore a ainsi prédit une baisse des coûts pour la fabrication de transistors de plus en plus complexes et performants.

Cette « loi » de 1965 énonce également le principe même de l’obsolescence, en effet, Gordon Moore s’est aperçu qu’avec l’évolution rapide du matériel informatique, un ordinateur acheté neuf devient obsolète dans un délai de 18 mois, par la mise sur le marché d’un autre ordinateur plus puissant et plus rapide au même prix.

Force est de constater que le principe de l’obsolescence forcée de nos appareils IT est une problématique connue depuis sa création mais a été « oublié » au profit du progrès technologique !

Ce progrès a notamment été rendu possible grâce au processus de miniaturisation des composants électroniques. Intel est ainsi le parfait exemple de l’application de la loi Moore, sa première puce, la 4004 sortie en 1971 détenait 2300 transistors, en comparaison Intel sort aujourd’hui des puces qui contiennent plusieurs milliards de transistors.

Cette « loi » est depuis les années 70 une vérité que personne n’a pu contredire, aujourd’hui se pose tout de même la question de sa longévité. Son détracteur lui-même évoque les limites du principe, en effet, le couple « miniaturisation, performance et prix stables » arrive à ses limites. Réaliser des technologies toujours plus petites revient cher et les gains de performances sont moins importants qu’au cours de ces dernières décennies.

Pour pallier aux limites de la loi Moore les chercheurs comme les constructeurs IT réfléchissent à de nouvelles innovations technologiques, à des matériaux plus durables qui permettraient de répondre aux besoins. La durabilité des composants est en effet une notion aujourd’hui plus ancrée chez les constructeurs IT puisqu’elle est un atout économique mais aussi un enjeu pour le secteur de l’IT continuellement encouragé à devenir un marché durable et respectueux de l’environnement.

L’informatique a évolué rapidement et sans se soucier des aspects environnementaux tels que l’épuisement des ressources, la pollution entraînée par les déchets des équipements électroniques, ou encore l’obsolescence programmée et forcée. Aujourd’hui face aux limites, le secteur de l’IT est obligé de se réinventer et doit trouver de nouvelles manières de se développer en s’axant notamment sur de nouveaux enjeux. L’informatique atteint ainsi certaines frontières technologiques et économiques, espérons que les méthodes employées pour son renouveau se feront de manière durable.

Sources :
© http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-ce-qu-il-faut-retenir-des-50-ans-de-la-loi-de-moore-60935.html
© http://www.futura-sciences.com/magazines/high-tech/infos/dico/d/informatique-loi-moore-2447/
© http://www.futuribles.com/fr/base/revue/278/la-loi-de-moore-quelles-limites/