Les logiciels libres synonymes d’économies !

Les logiciels libres ont de plus en plus la cote au sein des administrations.

Au vu des coûts importants générés par les licences de logiciels, de nombreuses administrations en Europe ont opté pour les logiciels libres. En effet, ces plateformes libres sont de véritables gisements d’économie pour les autorités locales qui tentent de limiter leurs dépenses.

En France par exemple, le syndicat intercommunal de Toulouse Métropole a économisé 1 million d’euros en optant pour la suite bureautique Open Source LibreOffice. Sur les 10 000 postes en fonction, ce sont plusieurs milliers qui ont basculé vers ce type de programme précise le site Joinup. La migration s’est étalée sur 1 an et demi et a permis la bascule de 90% des postes desktop vers LibreOffice. Néanmoins, comme le relève Erwane Monthubert, ancien responsable de la charte numérique de la ville (2008-2014), la migration a bien-entendu un certain coût : « Les licences pour les suites bureautiques coûtent à la ville de Toulouse 1,8 million d’euros tous les trois ans. La migration nous a coûté environ 800 000 euros, liés en partie à certains développements. Un million d’euros a donc été effectivement économisé sur les trois premières années. » Un changement qui entraîne donc des dépenses mais des dépenses pouvant être vite rentabilisées tant qu’il s’agit de la migration d’un volume conséquent de postes.

La région de Valence, en Espagne, a également amorcé la migration des PC de ses écoles vers Linux il y a de cela quelques années, une migration qui lui a permis d’économiser 4 millions d’euros par an. S’ajoute à cela la bascule sous LibreOffice qui a elle dégagé un gain de 1,5 millions d’euros par an. Ce sont donc plus de 1100 000 PC qui fonctionnent actuellement sous Linux dans les écoles de la région. Tous tournent sous Lliurex, un dérivé de l’OS Edubuntu Linux. Ce système d’exploitation propose d’ailleurs des fonctions avancées de gestion de classe et de parc, facilitant le travail des enseignants, mais aussi de la DSI. Ajoutons à cela un module permettant de mieux gérer les impressions et ainsi de limiter les coûts. Ce choix a donc évité sur 9 ans une dépense qui se serait chiffrée à 36 millions d’euros s’ils avaient décidés de maintenir les licences. Une décision pour le moins stratégique qui aura de plus vocation à former les élèves, et ce dès leur plus jeune âge, sur les logiciels libres.

Cette pratique fait d’ailleurs de plus en plus d’émules en Espagne puisque l’Estrémadure a tranché en faveur de Linux pour l’équipement de ses écoles. Ce sont au total 70 000 postes qui ont basculé vers ce système et 10 000 autres, dans le secteur de la santé, qui ont migré sous Lingobex, un autre OS de type Linux.

L’Allemagne s’est elle aussi lancée dans de profondes mutations informatiques avec la ville de Munich qui, en 8 années, a fait migrer 14 000 postes sous Linux. La localité aurait ainsi économisé près de 6,8 millions d’euros juste en abandonnant ses licences Microsoft. Le coût total du projet était déjà évalué à 23 millions d’euros en août 2013. Néanmoins, à titre de comparaison, la ville estime qu’une mise à niveau vers Windows 7 ajoutée à une nouvelle version de Microsoft Office aurait pu lui coûter 34 millions d’euros. Une économie nette qui se chiffrerait donc à 11 millions d’euros grâce au logiciel libre.

En somme, c’est tout un modèle qui commence à être remis en question. La pression de la crise sur les autorités locales, l’abaissement des subventions et la volonté claire de réduire la fracture numérique, amènent tout naturellement à se tourner vers des logiciels moins coûteux mais tout aussi performants. Les licences se veulent en effet être de lourdes charges pour les localités et sans doutes aussi pour les entreprises. Il faut également rappeler que si les systèmes d’exploitation classiques nécessitent le rachat de licence et parfois d’équipements adaptés, à l’inverse, les solutions libres ne possèdent aucune obsolescence programmée au niveau logiciel, elles permettent donc d’utiliser les équipements jusqu’à leur fin de vie matériel.

Source : © www.silicon.fr