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Les polices de l’Internet pour un monde numérique plus sûr

Dans un climat de scandales autour de la protection des données et du renforcement de la législation européenne, l’EcoGuide IT s’intéresse à la surveillance de l’Internet. En France, plusieurs organes gouvernementaux se chargent du contrôle, des sanctions et de la sensibilisation autour de l’Internet. Quels sont-ils et pourquoi sont-ils importants ?

Les solutions gouvernementales de la police nationale

La police nationale est en charge de la criminalité, y compris de la cybercriminalité. L’unité dédiée à de cette forme particulière de délits est l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et Communication (OCLCTIC). Depuis 2015, cet organe a le pouvoir d’exiger la fermeture d’un site ou d’un hébergeur de contenu illicite. Lorsque la police exige la suppression du site concerné, elle peut également demander le blocage aux Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) et aux moteurs de recherche, dans le cas où le site n’obtempère pas.
Une police qui ne chôme pas à en juger par l’augmentation des demandes de suppressions de sites par les internautes. Entre 2017 et 2018, 35 110 demandes furent enregistrées, contre 2 561 l’année précédente. À la suite de ces signalements, 763 sites, dont 89% à caractère pédopornographique, furent évincés de l’Internet. L’écart entre les signalements et le nombres de sites supprimés s’explique notamment par les multiples plaintes concernant un même site. Les internautes sont invités à signaler en ligne tout contenu inapproprié sur la plateforme mise en place par la police. Des fiches conseil sont également disponibles afin de sensibiliser les internautes face aux dangers et pièges de l’Internet, allant des contenus pornographiques aux escroqueries.

La CNIL : observer, enquêter, protéger

La police n’est pas la seule à enquêter et sanctionner les débordements de l’Internet, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) dispose d’agents volontaires dédiés au blocage de sites. Selon le rapport 2017 de ces activités, 2 371 sites pédopornographiques ont été examinés et supprimés. L’aspect volontaire n’est plus suffisant face à l’explosion des contenus inappropriés, la CNIL signale depuis 2016 la nécessité de renforcer ses équipes afin de lutter contre la cybercriminalité. Tout comme la police nationale, l’internaute trouvera des options pour signaler un contenu ou un comportement sur le site de la CNIL. La plateforme « Internet signalement » et le numéro « Info escroquerie » permettent aux internautes de rapporter des contenus pédophiles, incitant à la haine raciale, des trafics illicites et des escroqueries. Quant aux entreprises, elles peuvent s’adresser à la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) en cas de litige avec une société. Professionnels et particuliers sont inclus dans le périmètre d’actions et de protection des organes gouvernementaux. L’accent est mis sur les publics sensibles, tels que les jeunes, mais l’ampleur des demandes et les risques encourus par ce public ne sont pas encore comblés.

Crédit photo : CNRS

 

Aux actes citoyens, pour un assainissement de l’Internet

Les pouvoirs publics en insuffisance numéraire face à la criminalité numérique, entraînent une inaction ou des réponses trop lentes pour lutter contre le crime digital. L’association Ennocence, composée de bénévoles mobilisés sur les questions numériques, tente de pallier les manquements des pouvoirs publics depuis sa création en 2015. Sur sa plateforme Balance ton site, faisant écho au hashtag « balance ton porc », elle invite les internautes à signaler les contenus inappropriés rencontrés sur la toile. L’association ne s’arrête pas aux contenus pornographiques, elle inclut également les jeux addictifs. Ennocence défend la protection des enfants contre les contenus inappropriés, fortement présents sur les sites de téléchargement et streaming illégaux. Des sites et des plateformes souvent consultés par les adolescents. L’association souhaite sensibiliser les instances éducatives, les médias, les éditeurs de sites, et les autorités publiques pour construire un Internet plus sûr. Un programme chargé mais nécessaire pour assurer la protection des enfants, des collégiens et des lycéens, particulièrement exposés aux usages malveillants du web.

Un élève sur trois est victime de cyberharcèlement au collège et au lycée. Un chiffre alarmant pour les parents, souvent derniers informés des attaques subies par leur enfant. Afin de les protéger, filtrer les contenus est une solution complémentaire aux logiciels de surveillance. Le contrôle parental permet de bloquer l’accès aux pages Internet inadéquates pour un jeune public, via un système de mots clefs. Cela dit, ce procédé ne permet pas de repérer les comportements de harcèlement, car les conversations de messageries instantanées ne sont pas lues. Seules les applications embarquées sur le smartphone et l’ordinateur ont la capacité de capturer des données, des discussions instantanées, des SMS, etc. Stockées dans un serveur à distance, elles sont consultables depuis le navigateur Internet et géolocalisent l’appareil auquel elles se rattachent. Une surveillance millimétrée qui soulève la question de la vie privée de l’enfant à des âges clefs de son développement et durant lesquels le jardin secret est essentiel. La communication et la prévention restent des alternatives saines pour protéger son enfant, néanmoins si une application est installée il est préférable d’en informer la personne concernée.

Crédit photo : e-enfance

Le monde digital a des impacts réels dans la vie des internautes. La croissance du numérique dans nos vies va de pair avec celle des dangers que l’on peut y rencontrer. Particuliers, professionnels, enfants et adultes, sont concernés par ces pièges et se doivent d’apprivoiser avec prudence ce vaste monde pour le découvrir de la manière la plus sécurisée possible. La France et l’Europe renforcent leurs législations en ce sens, mais comme souvent, les organes administratifs sont lents. Nous vous conseillons donc d’ouvrir un œil sur votre navigation et un autre sur celle de votre entourage novice en la matière. La prudence ne prévient pas tous les malheurs, mais son absence ne manque pas de les attirer.

Juliette Bernier