Les progrès IT menaceraient plus de 50% des emplois en Europe

Alors que les entreprises spécialisées dans l’IT ont peine à recruter des profils adaptés, le rapport développé par le think tank Bruegel a estimé les conséquences des évolutions technologiques sur l’emploi.

Le secteur de l’IT est porteur d’innovations sociales et environnementales. Il s’agit ici des notions clés du Green IT que nous mettons en avant dans l’Ecoguide IT. Cependant, le think tank Bruegel montre une toute autre facette du secteur. En effet, le rapport révèle que les conséquences des nouvelles technologies sur l’emploi en Europe est loin d’être rose.

Les avancées technologiques (automatisation des machines, robotique, intelligence artificielle…) ont de lourdes répercutions, et particulièrement sur les emplois nécessitant peu de qualification. En moyenne, 54% des emplois en Europe seraient significativement impactés par l’informatisation dans les années à venir (contre 45% aux Etats Unis). Les proportions d’emplois menacées sont néanmoins disparates en fonction des pays. Ainsi, les pays du nord tels que la Suède (46,69%), le Royaume-Uni (47,17%), les Pays-Bas (49,50%), la France (49,54%) et l’Allemagne (51,12%) seraient les moins impactés par les progrès IT. A l’inverse, les pays de l’Est et du Sud de l’UE seraient plus touchés : Roumanie (61,93%), Portugal (58,94%), Croatie (57,90%) et Bulgarie (56,56%).

Des chiffres inquiétants – même pour ceux considérés comme étant les moins élevés – qui démontrent la nécessité de réaction de la part des politiques et des centres de formation. Les conséquences des mutations technologiques sur l’emploi sont en passe de devenir une priorité européenne, aussi bien au niveau des entreprises qu’au niveau des institutions et des gouvernements. A l’heure où le chômage atteint des pics, les entreprises font face à une pénurie des compétences IT. L’économiste britannique Jeremy Bowles conclut que « si nous croyons que la technologie sera capable de surmonter les obstacles traditionnels dans le domaine des tâches cognitives non routinières, nous devons doter la prochaine génération de travailleurs de compétences qui leur permettent de tirer profit des technologies plutôt que d’être menacés par celles-ci. […] De telles compétences sont susceptibles de mettre en évidence l’intelligence sociale et créative, ce qui implique des changements appropriés de politique éducative pour répondre au défi de l’automatisation. ».

Cette vision positive portée vers l’avenir des formations ne répond malheureusement pas aux problèmes actuels de chômage et d’inadéquation des compétences qui se sont accentués depuis la crise. La transition vers le numérique est inévitable. Reste à convaincre les dirigeants des opportunités qui y sont liées afin de savoir gérer rapidement et de façon responsable le changement.

Sources:
© Bruegel.com
© Silicon.fr