• #cyberharcelement
  • #EcoGuideIT
  • #fakenews
  • #machinelearning
  • #Réglementation
  • #reseauxsociaux

Les réseaux sociaux, pour le meilleur et pour le pire

Les réseaux sociaux constituent des médias de communication libérateurs de la parole, tantôt dénonciatrice de pratiques ou comportements, tantôt dégoulinante de propos haineux et truffée de fake news. Quelles solutions peuvent s’appliquer à ces « social network » afin de n’en garder que les aspects positifs ? L’équipe EcoGuide IT tente de répondre à ce souhait, quelque peu utopique.

La fréquentation des réseaux sociaux est en hausse, 80 % des français les utilisent, majoritairement à travers Google, Facebook et Twitter. L’animal social qu’est l’internaute voit en la rapidité et la portée globale de Twitter et consorts, des solutions pour répondre à son besoin de lien. Désormais, même les institutions telles que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) use de Twitter. L’information y est synthétique, immédiatement relayée, diffusée et permet à l’internaute de lire des bribes de la dernière étude parue.

Les réseaux sociaux outils de défense des Droits Humains :

Symboles de liberté d’expression, les réseaux sociaux sont relais de défense des droits humains. Instagram par exemple, s’est fait porte parole de la lutte contre l’homophobie en Tchétchénie, en publiant de nombreux clichés de couples homosexuels. Des réseaux qui tiennent aussi une place de choix pour les lanceurs d’alertes et dont la portée croît rapidement. Le scandale retentissant de l’affaire Weinstein est à l’origine du hashtag #metoo et dénonce le harcèlement dont sont victimes les femmes dans tous les secteurs d’activité et sphères sociales. Twitter, majoritairement utilisé durant ce mouvement, a permis de fédérer ces femmes et de donner lieu à des manifestations réelles. Preuves que les réseaux sociaux ne sont pas uniquement des médias permettant de relater un acte ! Ce sont des catalyseurs de paroles menant à des actions concrètes.

Mais aussi des réseaux utilisés à des fins nuisibles :

Néanmoins, ils sont aussi le terrain de jeux de harceleurs, manipulateurs et auteurs de la désinformation. Les « fake news » sont désormais monnaies courantes, utilisées pour manipuler l’opinion, elles sont notamment des outils pour les défenseurs de la théorie du complot. Parfois difficiles à repérer et démanteler, elles trouvent une oreille attentive auprès des plus jeunes, cibles tout autant privilégiées du cyber harcèlement. Par ailleurs, le néologisme de « post-truth politics »  (ou la politique de post-vérité) illustre l’actuel phénomène d’instrumentalisation des réseaux sociaux en faveur d’un parti, d’une idée politique ou d’un gouvernement. L’opinion publique au sens large peut en être la victime. Ainsi, Madrid accuse la caducité du résultat du référendum en Catalogne, qui aurait trouvé une issue différente si des groupes basés en Russie, prônant l’indépendance de la Catalogne, n’avaient pas influencé le débat public.
Utilisé à mauvais escient, le petit oiseau de Twitter devient un corbeau annonciateur de mauvais augure, l’appareil photo d’Instagram l’œil de Big Brother, et Facebook un livre duquel sont ridiculisées l’information, la vie, l’histoire de la personne.

crédit photo : fortune.com
Quelles solutions pour réguler les contenus ?

Pour autant, interdire l’usage des réseaux sociaux aux plus jeunes ou les boycotter en tant qu’adulte, n’est pas nécessairement la meilleure option. Des solutions visant à temporiser et réglementer ces derniers se mettent en place. En premier lieu les réseaux eux-mêmes tentent d’appliquer des règles de censure, de suspension de compte et de suppression de contenus, lorsque ceux-ci sont identifiés comme haineux, pornographiques ou faux. S’ils ne peuvent agir seuls, certains collaborent avec les professionnels de l’information ; en France huit journaux en ligne travaillent à identifier rapidement les fausses informations sur Facebook. L’internaute aussi joue un rôle en aval, celui d’alerter lorsqu’il voit ou lit l’un de ces contenus. Quant aux hébergeurs d’informations que sont les réseaux sociaux, ils se doivent d’identifier ces derniers plus rapidement et d’éviter leur propagation. Pour ce faire, certains utilisent des algorithmes capables de détecter et supprimer des contenus inappropriés avant leur diffusion globale. Mais ces derniers restent imparfaits et se voient accusés parfois de censure abusive. Notamment Facebook, ayant dû faire face à de tels reproches à plusieurs reprises ces dernières années, après avoir censuré « L’origine du monde » de Gustave Courbet, la Statue de Neptune et la photographie de Mireille Darc. Ceci lui a valu une diatribe de diverses personnalités soucieuses de cet accès de pudibonderie. Pour autant, les algorithmes jouent un rôle clef dans la prévention. Les opportunités qu’offrent le machine learning pourraient en partie être dédiées à l’identification et la distinction entre un contenu artistique et pornographique.

crédit photo : iemoji

Les gouvernements travaillent aussi à un encadrement plus strict des hébergeurs de contenus que sont les réseaux sociaux. En Allemagne, tout réseau social dépassant 2 millions d’utilisateurs, s’expose à 50 millions d’euros d’amende si le contenu identifié comme inapproprié n’est pas supprimé sous 24 heures. En France, la Loi de Confiance en l’Economie Numérique (LCEN) datant de 2004, ne responsabilise l’hébergeur de contenu que s’il est avéré qu’il connaissait le caractère illicite dudit contenu et qu’il ne l’a pas supprimé « promptement ». Le Ministre du Numérique, Mounir Mahjoubi, soulève la difficulté de punir 10 000 auteurs distincts de propos haineux publiés sur la Toile, et prône la responsabilisation de l’hébergeur de ces contenus, à savoir Google et ses homologues. Il ne s’agit donc plus de responsabiliser seulement l’auteur, mais aussi le site ou la plateforme sur lequel est publié le média. Cela revient donc au développement des algorithmes pour les hébergeurs et du machine learning afin d’affiner les critères de définition des contenus. Si le gouvernement français semble être en retard concernant la loi, il a mis en place un site à visée préventive, ainsi qu’un numéro d’écoute pour les jeunes victimes de cyber harcèlement. Net Ecoute ne résout pas le problème, mais définit ce qu’est le cyber harcèlement, ses conséquences, les responsabilités de chacun et les aides mises en place pour les victimes.

Les réseaux sociaux n’ont pas fini de faire parler d’eux. Leur jeunesse en fait des outils imparfaits, dont l’impact néfaste est conséquent lorsqu’ils sont utilisés à mauvais dessein. La Loi a un rôle essentiel dans l’encadrement et la punition de ces derniers lorsque cela est nécessaire, tout comme l’IT. Grâce au machine learning, on pourrait imaginer la censure des contenus choquants, mais aussi éviter de briser des vies, lorsque les machines pourront distinguer un harcèlement d’une blague, bloquer et supprimer les contenus de toutes les interfaces afin de préserver l’intégrité digitale de la victime. Au-delà de l’IT et du pouvoir judiciaire, les règles de bon sens qui s’attachent à la vie privée et l’éducation sont un socle essentiel à constituer. L’internaute, au-delà des hébergeurs de contenu comme Twitter, Instagram ou Facebook, doit être responsabilisé et répondre de ses actes. Les réseaux, Internet et les supports sont des outils, les humains en sont les utilisateurs.

Juliette Bernier