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Les robots assistants : une aide essentielle ?

Les assistants personnels jouissent d’une couverture médiatique assurée par leurs fabricants (Google, Amazon ou Apple). Accusés d’être des gadgets, et parfois des espions, ils nourrissent les fantasmes autour de l’intelligence artificielle et ses dérives. Grâce à leurs fonctionnalités, ces petits objets pourraient prendre le contrôle de votre maison… de votre vie ? Pourtant, les robots assistants peuvent aussi aider le personnel soignant ou d’éducation. Finalement, ne sont-ils pas l’incarnation du numérique social ?

L’assistant personnel : un secteur en plein essor

Bien qu’accusés de nous épier, les assistants personnels investissent peu à peu la société. Fondée en 2010, l’entreprise Anki fait partie des 10 sociétés les plus innovantes pour la troisième année consécutive au classement Fast Company. Son robot Cozmo, apprenant aux enfants les techniques de code, s’est vendu à plus de 1,5 million d’exemplaires en moins de 7 ans. À titre de comparaison, le robot chien Aibo de Sony s’est écoulé à 170 000 exemplaires. Preuve que l’industrie de l’assistant personnel est en croissance, d’autant plus lorsque que ceux-ci revêtent un aspect social. L’éducation et l’aide à la personne présentent des gisements de développement intéressants pour les constructeurs. Au-delà des particuliers, les robots investissent le secteur public. En Chine, 600 écoles maternelles ont intégré le robot Keeko dans leurs classes. Présenté comme un objet d’éducation, les professeurs en font un allié pour éveiller les petits et mener à bien leurs activités. Pour la Directrice d’école Marie Xie Yi, les robots ne sont pas une menace pour le métier d’enseignant, nécessitant des aptitudes exclusivement humaines, mais présentent l’avantage d’être émotionnellement plus stables que les humains. Utile lorsque les bambins débordent d’énergie.

Les robots stimulent l’interaction sociale

Les personnes souffrant de Troubles du Spectre Autistique (TSA) ont des difficultés à sortir de l’isolement et à échanger avec d’autres humains. Selon l’association Vaincre l’autisme, 80% des enfants atteints de ce trouble ne sont pas scolarisés. Dans un précédent article, nous évoquions les robots tels que Kaspar, Nao ou Leka utilisés pour stimuler ces personnes et les aider à communiquer. Ces machines semblables aux humains, sans en être leur copie parfaite, sont rassurantes : leurs interactions sont prévisibles, leur voix monotone et leurs expressions stéréotypées. L’institut médicoéducatif les 3 mâts en Ille-et-Vilaine, a intégré Leka à sa structure depuis décembre 2017. Le robot participe à des ateliers menés auprès de 22 enfants âgés de 5 à 12 ans atteints de TSA. Leka attire les enfants grâce à son écran projetant des couleurs et à ses mouvements interactifs. Sous la direction du laboratoire de l’Université de Toulouse – Jean Jaurès, la progression des apprentissages et la fréquence des comportements sociaux vont être analysés pour déterminer si Leka aide au développement de l’interaction sociale chez ces enfants. Si la phase de test est probante, le robot accompagnera les familles au quotidien. D’autres structures, telles que la Croix-Rouge, vont introduire un robot conversationnel dans trois crèches d’Ile-de-France dès janvier 2019. L’objectif du chatbot développé par BotDesign et la structure hospitalière MiPih, est de détecter les syndromes de l’autisme à un stade précoce. Cela permettra d’améliorer la prise en charge et le développement de l’enfant. Le robot mesurera les retards de langage ou de motricité et détectera l’absence d’interactions sociales. Dans un second temps, il sera présent dans les foyers pour aider les familles à stimuler leur enfant au quotidien.

Crédit photo : entreprendre.fr

L’assistant personnel, outil thérapeutique

La présence d’un animal dans un foyer est apaisante. Les structures hospitalières telles que les Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) le savent et adoptent parfois des animaux. Toutefois, ces derniers peuvent réagir négativement face aux comportements parfois incontrôlés des résidents, ou encore être source d’allergies. Les robots résolvent ces problèmes. En France, des établissements ont adopté des robots à l’apparence animale, tels que le robot chat. D’autres ont préféré introduire des robots à l’aspect plus proche de la machine. L’Ehpad de Samdo, accompagnant les personnes âgées atteintes d’Alzheimer, compte deux robots depuis mars 2018. Nao accompagne le personnel soignant dans les soins non médicamenteux, il coanime des séances de gym et de quizz, sa présence attire les résidents curieux et permet de tisser des liens à travers une forme nouvelle de relation entre patient et aidant. Paro, un robot peluche aux allures de bébé phoque, stimule l’empathie en ronronnant lorsqu’on le caresse. Le personnel soignant l’utilise comme un objet transitionnel, une aide à leurs soins et n’excède pas son usage à plus de deux fois par semaine. D’ailleurs, la crainte des professionnels de santé n’est pas le développement d’une dépendance entre patients et robots, mais plutôt d’une lassitude envers ces objets. Sans le personnel de santé, les robots pourraient rapidement terminer au placard !

Crédit photo : eovimcd-sante-serices.fr

Les assistants personnels ne se résument pas qu’à des petites tours vocales posées sur la table du salon. Réels atouts pour les secteurs sociaux publics, ils aident à établir des relations entre éducateurs et élèves ou entre soignants et patients. Loin de remplacer les humains, les assistants personnels sont des objets interactifs permettant d’améliorer soin, accompagnement et développement. L’espérance de vie s’allongeant et la population grandissant, les robots assistants ont de beaux jours devant eux !

Juliette Bernier