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L’impression 3D : une solution pour le manque de logement ?

Aujourd’hui, pas moins d’un milliard de personnes dans le monde sont en situation précaire concernant le logement, ou vivent dans la rue. Une situation qui incite des entreprises à agir. Grâce aux nouvelles technologies, des solutions innovantes se profilent, entre autres : construire une maison avec l’impression 3D !

Le thème du logement dans l’impression 3D est un sujet que nous avons déjà abordé au sein d’un précédent article de l’EcoGuide IT. Nous vous parlions, en effet, d’une initiative américaine, celle de l’entreprise Contour Crafting, qui avait pour objectif de construire rapidement des logements grâce à la technologie d’impression 3D.

Depuis, les initiatives en ce sens se sont développées en France, au Brésil ou encore en Chine. Les acteurs en action ? Autant des start-up que des chercheurs qui s’attaquent à ce phénomène de société.

Commençons par le Brésil où Anielle Guedes, jeune diplômée de Physique et d’Économie à l’Université de São Paolo, a pour ambition d’éradiquer les bidonvilles d’ici 15 ans. Pour cela, la jeune femme de 23 ans a fondé la start-up Urban3D afin de créer des logements à moindre coût et durable.

Comment est-ce possible ? L’impression 3D a l’avantage de pouvoir utiliser un grand nombre de matériaux différents : plastiques, fibre de verre, fibre de carbone, etc., offrant à cette technologie des possibilités qui semblent infinies en termes de création. Anielle Guedes, par exemple, utilise uniquement des composants recyclés moins coûteux à l’achat. Toutefois, l’intérêt de la démarche de la jeune entrepreneuse ne tient pas qu’à ce gain économique, mais aussi à la possibilité qui est offerte de recycler les matériaux et d’éviter ainsi, le gâchis de matières comme dans la construction classique où les déchets sont nombreux et le besoin en ressources conséquent. En France, par exemple, 15% de la production de déchets vient du BTP, soit plus de 50 millions de tonnes engendrés chaque année rien que pour ce secteur !

Allier technologie et innovation pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux de notre époque voilà l’idée d’Urban3D ! Avec une commande de 5 premiers bâtiments, la startup en est à ses débuts et on ne peut que lui souhaiter d’atteindre son objectif !

Pour le cas de la Chine, c’est dans la ville de Shuzou que l’entreprise WinSun a fait construire un immeuble de 5 étages et une villa de 1100m2 grâce à l’impression 3D. Dans une vidéo de présentation de ces bâtiments, on constate que ces derniers ressemblent en tout point à un immeuble de construction classique, seules les stries sur les murs peuvent rappeler le mouvement de la machine 3D fonctionnant en couche.

Un projet impressionnant, tout comme l’outil à l’origine de la construction : une imprimante de 6 mètres de haut, 10 mètres de large et 40 mètres de longueur ! Les gains économiques, environnementaux, mais également de temps, sont aussi mis en avant par l’entreprise WinSun. Ainsi, elle estime à 50%, voire 70%, le temps gagné par rapport à un processus de construction classique !

En France, des acteurs sont aussi engagés dans la réduction du nombre de mal-logés grâce à l’impression 3D. Pour rappel, la Fondation Abbé Pierre estime qu’il y a dans le pays près de 3,8 millions de personnes vivant dans la rue, ou dans des logements surpeuplés. Un constat qui a amené l’Institut de Recherche en Communications et Cybernétiques (IRCCyN), installé à Nantes, à développer l’imprimante 3D géante, Innoprint 3D.

L’Institut a une ambition précise qui est de construire des logements d’urgence à bas coût. Un pari réussi, puisqu’en effet, Innoprint 3D est en mesure de construire un logement en 20 minutes environ pour un coût allant de 80 à 180 euros. Cette imprimante géante va ainsi être en mesure de répondre aux problématiques de logement dans les pays victimes de catastrophes naturelles comme au Népal où un puissant tremblement de terre  a frappé le pays en avril 2015. Le système d’impression pourrait alors offrir aux sinistrés des logements « étanches à l’eau et à l’air et isolant de la chaleur ou du froid pour plusieurs mois ». Des logements provisoires, certes, mais qui apporteraient un début de réponse dans les situations de crise.

Pour les habitats d’urgence qu’elle conçoit, l’imprimante Innoprint 3D utilise un composé polyuréthane. Les chercheurs entendent toutefois poursuivre leurs recherches afin de proposer aux pays bénéficiant de cette aide, un matériau local pouvant être recyclé sur place plus aisément. Là encore, comme nous avons pu le voir avec les deux autres initiatives, le projet de l’IRCCyN prend en compte l’impact environnemental de cette technologie en offrant des alternatives à la consommation de ressources, même dans le secteur de la construction, pourtant voraces en matières premières !

Pour Benoît Furet, chercheur à l’Institut, nous entrons dans la Troisième Révolution Industrielle et Agricole (TRIA) dans laquelle « les aspects énergétiques, environnementaux et sociétaux en seront aussi le booster ». Une vision plutôt réjouissante de la situation, les technologies ont entrainé de grands changements dans la Société, et la situation inquiétante aux niveaux climatique et environnementale fait naître des initiatives qui cherchent à apporter des solutions efficaces aux populations qui en ont le plus besoin.

Les bienfaits des technologies sur l’évolution et la progression de notre Société sont évidents dans ce contexte. Les imprimantes 3D pourraient être un élément de solution à la crise du logement dans le monde. Espérons que les acteurs de la construction et les États y participent activement, afin d’agir pour l’intérêt du plus grand nombre. Le logement de demain : rapide, économique et recyclable ? Une affaire à suivre !

Crédit photo : La Tribune