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L’informatique à l’école : (r)évolution ?

De plus en plus appréciées et demandées dans le cadre professionnel, les compétences en informatique deviennent un prérequis fréquent à l’embauche. Le secteur de l’informatique recrute et pourtant ce dernier fait face à une carence de personnes qualifiées. Intégrer l’informatique à l’école et ainsi, sensibiliser dès le plus jeune âge à ces métiers d’avenir, telle est la volonté du projet Class’ Code.

Le projet Class’ Code a pour but de former 300 000 professeurs et éducateurs sur 5 ans. Son rôle : accompagner les professionnels de l’enseignement dans l’apprentissage de l’informatique. En effet, former les professeurs est la première étape, qu’il s’agisse de l’apprentissage des codes informatiques, mais également des usages quotidiens de l’informatique (recherche, traitement de texte, tableur, etc.). Ces derniers doivent être sensibilisés et formés à l’utilisation de l’informatique, afin de pouvoir le transmettre aux écoliers.

Le projet sera mis en place dès la rentrée 2016, il comprend 5 modules sous forme de MOOC d’une durée approximative de 10 heures visant à préparer au mieux les enseignants à la formation des élèves.

Le projet de formation a été reconnu comme « investissement d’avenir ». Cette initiative est un programme mis en place par l’État, afin de soutenir les projets innovants, en les finançant en partie grâce à un fond s’élevant à 47 milliards d’euros (35 milliards en 2010, puis 12 milliards en 2014).  L’État a ainsi défini les domaines dans lesquels il fait bon d’investir en fonction des possibilités qu’ont les secteurs à offrir de la croissance et des emplois en France. Le numérique est donc concerné.

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Crédit photo : https://classcode.fr/

Dans le cadre du projet Class’ Code, le manuel « 1, 2, 3, Codez » de l’association « main à la pâte », initie ainsi les jeunes de 8 à 14 ans, c’est-à-dire de la période primaire et collège, à la pensée informatique ! Le manuel a pour but de soutenir la démarche des enseignants et de les préparer à l’intégration de l’apprentissage du numérique à l’école.

Gilles Dowek, chercheur à l’INRIA, l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique,  membre du conseil scientifique de l’association, corrobore l’idée que l’informatique est devenue un atout essentiel à l’embauche figurant parmi les « connaissances de base ». Son apprentissage dès le plus jeune âge place ainsi chaque enfant sur un pied d’égalité, leur permettant de développer leur sensibilité aux nouvelles technologies et éventuellement plus tard de suivre une formation aux métiers de l’informatique.

Avec des embauches prévues à la hausse cette année et pour les années à venir, selon une infographie de pôle emploi, ce sont plus de 55 000 projets de recrutement attendus pour 2016 et plus de 191 000 postes à pourvoir d’ici 2022 !

L’intégration de l’informatique dans les programmes scolaires semble nécessaire afin d’anticiper un besoin croissant dans le secteur. La ministre de l’éducation prévoit d’ailleurs que 25% des collèges publics soient concernés par le plan numérique à l’école à la rentrée 2016.

Néanmoins quelques questions se posent sur l’impact de cet enseignement. Des craintes des enseignants, mais également des parents. Le fait de travailler avec une tablette ou un smartphone force-t-il la concentration ou bien la dessert-elle ? Intégrer l’informatique à l’école dès le collège pourrait-elle créer une dépendance aux nouvelles technologies ?

En effet, bien que l’approche des nouvelles technologies faite par les nouvelles générations n’est plus la même, celles-ci les accompagnants au quotidien, les risques perdurent. Les individus y ont accès de plus en plus jeune entraînant parfois des problèmes à s’en « déconnecter ».

Autre problématique de société, l’impact des technologies sur la santé questionne sur les risques éventuels d’une exposition prolongée chez les jeunes enfants. Passer plusieurs heures devant un écran entraine une fatigue visuelle, qui d’après l’Institut National de Recherche et Sécurité (INRS) augmente la sensibilité et les problèmes visuels déjà existants.  Autre exemple pour les enfants ou jeunes, l’utilisation de tablette à l’école, comme le prévoit le plan numérique à l’école de l’État, peut entraîner de mauvaises postures et des douleurs musculaires associées, au cou par exemple. Afin de les éviter, éduquer les enfants aux bonnes postures à adopter est une solution. Il est également possible de proposer en plus des tablettes, des supports à ces dernières afin d’adopter la meilleure position.

Espérons donc qu’une formation sera dispensée aux enseignants à ce sujet également pour prévenir ces effets négatifs !

Au vu des perspectives d’emploi et de croissance, l’intégration de l’informatique à l’école semble pertinente tant que les risques associés sont également pris en compte. Avec le plan numérique à l’école, le gouvernement français souvent critiqué pour la hausse du chômage et l’inadéquation des profils au marché de l’emploi, a enclenché une transition importante afin de faciliter l’emploi par la démocratisation du numérique.

Crédit photo : L’express