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L’IoT : un marché en structuration ?

20 à 50 milliards d’objets connectés d’ici 2020, voilà des estimations qui laissent augurer l’importance grandissante des objets connectés dans notre quotidien. L’Internet des objets (Internet of Things en anglais – IoT) bouleverse notre manière de consommer, d’échanger, voire même de vivre ! L’IoT a, et aura, un impact qu’il est encore difficile de prévoir. Toutefois, ce que l’on peut présager aujourd’hui, c’est son cadre légal, afin d’offrir à tous, fabricants comme utilisateurs, des protections réglementaires. Notre équipe EcoGuide vous propose de faire un point sur la réglementation de l’IoT et ses points de vigilance !

L’évolution importante des objets connectés ces dernières années, amène à se poser des questions sur la manière dont ce marché se construit. À l’heure actuelle, il n’existe pas une architecture unique, mais plutôt des dizaines concernant le déploiement en réseau d’objets connectés ! Chaque fabricant fonctionnant selon son propre mode, créant ainsi différents canaux de communication qui ne permettent pas aux objets connectés de communiquer entre eux.

Le marché de l’IoT est ainsi très fragmenté, le rendant difficile à réguler. Une uniformisation des pratiques semble alors être une solution, afin de fournir à l’IoT un cadre clairement défini. Cela passe évidemment par la définition de normes propres au marché. Il s’agit alors de faire concorder notre réglementation à cette technologie, et d’éviter ainsi ce que l’on appelle un vide juridique. De la sorte, le Droit prévoit, aujourd’hui, des textes pour les communications de machine à machine (M2M). A contrario, Alain Bensoussan, avocat spécialisé en droit des technologies avancées, précise que dans le cadre du « 4.0 où les objets sont en interface homme-machine, on change le monde et là, le droit est inopérant ! ».

De ce constat, dès 2014, l’Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) a lancé le projet de norme p2413 afin de créer un cadre d’interopérabilité entre les objets connectés. Il est vrai qu’aujourd’hui, les objets connectés fonctionnent avec des applications et périphériques différents. Le principe d’interopérabilité a donc vocation à permettre aux objets connectés de reposer sur une infrastructure de réseau commune. L’IEEE espère, d’ailleurs, voir la norme se consolider dans le courant de l’année 2017.

La norme p2413 précise ainsi que « le cadre architectural défini dans cette norme favorisera l’interaction inter-domaines, l’interopérabilité des systèmes d’aide et la compatibilité fonctionnelle, et alimentera la croissance du marché de l’IoT. L’adoption d’une approche unifiée pour le développement de systèmes IoT permettra de réduire la fragmentation de l’industrie et de créer une masse critique d’activités multi-parties à travers le monde. »

Une volonté d’interopérabilité qui est, par exemple, partagée par la ZigBee Alliance qui a proposé lors du CES 2017, DotDot, un langage universel pour l’IoT !

Une autre initiative pourrait s’imposer à l’avenir comme le standard dans le secteur, il s’agit du LightWeight M2M. Le LWM2M est un protocole de communication développée par l’Open Mobile Alliance pour le « machine to machine » (M2M). Son objectif est de créer le premier vrai protocole de communication M2M indépendant de la technologie de transport (3G, LoRa, etc.). Il s’agit de la première initiative standard où l’ensemble des acteurs de l’IT, de l’Industrie, de la Domotique, etc., se rencontrent pour établir, ensemble, les spécifications techniques ! Un projet qui pourrait donc jouer un rôle crucial dans la définition de l’architecture de l’IoT, d’autant plus que l’organisme européen des télécoms, l’European Telecomunications Stadards Institute (ETSI), semble également apporter sa pierre au projet !

Enfin, côté réglementation, l’Europe entend également encadrer certains enjeux relatifs aux objets connectés. À commencer par la sécurité, avec la promulgation du règlement européen sur la protection des données. Paru au Journal Officiel en mai 2016, ce règlement entrera en vigueur en 2018 et intègrera des considérations concernant la régulation de l’Internet des Objets. Par exemple, l’intégration de la notion de « Privacy design », qui consiste, dès la création de l’objet connecté, à élaborer un cadre permettant de protéger les données de son futur utilisateur. Ce concept est tout aussi bénéfique aux consommateurs qu’aux fabricants, en effet, il permet de protéger ces derniers des questions de responsabilité !

Nombreux sont ceux qui s’accordent à dire que les objets connectés auront une incidence positive sur l’économie dans les années à venir. Ainsi, l’implication de multiples acteurs du secteur, aussi variés soient-ils, rassure sur la capacité du milieu IT à travailler ensemble sur les enjeux de demain !

Notons, toutefois, que la normalisation de l’IoT ne semble pas encore passer par la définition et la prise en compte de ses enjeux environnementaux, pourtant très similaires à ceux rencontrés par les autres technologies IT (smartphone, ordinateur, etc.). Ainsi, des enjeux inhérents à la fabrication de ces équipements (ressources et énergie), à leur utilisation (dépense énergétique), mais également à leur fin de vie (ressources, pollution), ne semblent pas encore en passe d’être pris en compte ! Ce qui peut sembler paradoxal alors qu’on constate des objets connectés conçus pour être utilisés dans un but durable et responsable !

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour les acteurs IT et les autorités réglementaires dans l’édition d’un secteur de l’IoT encadré et responsable. La normalisation des pratiques et l’engagement des acteurs n’en sont toutefois qu’à leurs balbutiements ! Présageons que les avancées vont être constantes dans les mois et années à venir. À suivre avec attention !

Crédit photo : http://tilleul.io/blog/index.php/category/iot/