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L’IT au service de la santé

La santé est le sujet de préoccupation numéro un des citoyens français. Le réveil des consciences quant à notre environnement, mode de vie et de consommation, accentue cet intérêt. La technologie a été jusqu’ici d’une grande aide dans l’évolution de la médecine, notamment grâce au développement de l’imagerie. La multiplication des objets connectés, l’évolution des machines et l’amélioration des technologies sont autant d’opportunités pour le secteur de la santé de se perfectionner et de mieux soigner ou prévenir les maux des individus. L’IT joue un rôle essentiel dans l’évolution de la médecine et d’aide aux particuliers. Mais la digitalisation médicale pourrait-elle ouvrir la boîte de Pandore ?

De nos jours, les progrès dans le domaine de la médecine sont étroitement liés à ceux dans les nouvelles technologies. Les robots se révèlent être des outils d’aide aux interventions chirurgicales lourdes ou minutieuses. Ces derniers n’opèrent pas de manière autonome, mais permettent aux soignants de réaliser des interventions qui ne pourraient être des succès sans l’aide de la technologie. Récemment, l’apport de l’IT a permis à trois chirurgiens du CHU Amiens-Picardie de remédier à la scoliose d’un enfant âgé de 6 ans. Ce dernier ne pouvait pas s’asseoir et le caractère évolutif de sa maladie lui promettait un avenir profondément handicapant. C’est grâce à l’alliance du savoir médical, d’une imprimante 3D et d’un robot nommé Rosa, que cette opération complexe a pu être menée. Les outils IT ont permis aux médecins de préparer l’intervention en amont, par la pratique d’exercices de simulation, avant d’opérer le jeune patient. Des outils qui ne remettent pas en question la place des chirurgiens, mais qui représentent la part essentielle du travail dans ce type d’intervention et constituent une opportunité d’aide et de solution curative.

Aujourd’hui les robots utilisés en médecine connaissent une évolution importante à travers l’intelligence artificielle (IA) et les objets connectés. Si l’IA peut effrayer et faire débat dans la sphère publique, celle de la santé n’a pas attendue l’approbation de la société pour l’utiliser, avec 40% des entreprises du secteur pharmaceutique déclarant y avoir recours. Cette dernière facilite le partage des connaissances, le « deep learning » donne l’accès à des bases de données et réduit les temps de recherche lors des cas de maladies rares. Ces partages de données sont déjà vecteurs de solutions concrètes telle que celle développée par la société française DBV Technologie. Cette entreprise propose un patch dont l’objectif est de réduire les chocs allergiques liés à l’arachide, une solution qui a pu être développée grâce à l’apport du « machine learning » et de la connaissance plus détaillée des mécanismes du corps humain qu’elle offre.

Un accès au savoir approfondi concernant les mécanismes de ce corps, dont le cerveau est l’organe le plus complexe à déchiffrer. Sa dégénérescence dans le cadre de la maladie d’Alzheimer reste pour le moment sans solution curative et concerne actuellement 900 000 personnes en France. Bien qu’aucun remède n’existe, les programmes de ralentissement de la maladie ont des effets concrets. Lorsqu’elle est détectée à un stade prématuré, les exercices visant à freiner l’Alzheimer se révèlent bien plus efficaces. Or sa détection reste quasiment irréalisable aux premiers stades, mais cela est sans compter sur le perfectionnement des machines et de leur capacité à détecter les anomalies. C’est le pari pris par la startup NeuroVision Imaging qui développe une technologie d’imagerie qui serait capable de détecter Alzheimer à un stade précoce dans la rétine des patients. Un projet encore en phase de test, mais qui constitue un espoir pour de nombreuses personnes, d’autant plus pour les sociétés occidentales dont l’espérance de vie s’allonge.

C’est d’ailleurs pour répondre aux besoins d’une population vieillissante que le robot infirmier Ubo, une création française, a été imaginé pour revêtir le rôle d’assistant médical à domicile. Ce dernier surveille des paramètres médicaux en temps réel tels que le rythme cardiaque, la pression artérielle, ou encore la respiration. Des données essentielles qui sont transmises à une plateforme de services médicaux et peuvent avoir un rôle d’alerte auprès des soignants et de la famille en cas de détection d’une anomalie. Les objets connectés permettraient de faciliter les interventions, mais aussi d’avoir un rôle préventif. Désormais, il est possible de disposer d’aides au bien-être, d’assistance médicales, voire de pharmacie en ligne depuis son smartphone. Ces dernières peuvent à la fois répondre aux besoins des professionnels, mais aussi être accompagnatrices des patients atteints de maladies contraignantes tel que le diabète, ou encore avoir un rôle pédagogique auprès des plus jeunes.

Crédit photo : The Medical Futurist

L’e-santé concerne à la fois la sphère professionnelle et celle publique. De nombreuses startups investissent le secteur et connaissent le succès, notamment MonDocteur ou Doctolib. Cependant, les principaux acteurs de l’e-santé ne sont autres que les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), avec Apple premier à avoir proposé une application santé intégrée au smartphone en 2007. En effet, les applications mobiles et les campagnes de dons via les réseaux sociaux constituent des progrès positifs à la fois pour la santé, mais aussi pour la société en fédérant les individus autour d’une cause sociale. Toutefois, l’aspect digital de cette nouvelle approche médicale pose la question des données et de leur protection. La peur que des informations personnelles, qui plus est médicales, soient divulguées ou utilisées à mauvais escient, est légitime. À l’heure où des fuites et des vols de données sont relatés dans la presse de manière presque quotidienne, la législation reste encore floue en termes de protection des données, bien que cela tende à s’améliorer grâce à la RGPD. Un besoin d’encadrement essentiel, car le secret médical fait partie du serment d’Hippocrate et ne peut supporter d’être trahi pour quel que motif que ce soit, à la fois par respect du patient, mais aussi protection de la médecine et de l’intégrité des soignants.

Des perspectives d’évolution de la médecine décuplées grâce à l’apport de l’IT et son panel de solutions. Que cela soit à travers l’IA, le perfectionnement des machines ou l’exploitation des objets connectés, la Santé use de tous les supports pour s’améliorer et mieux répondre aux besoins des populations, pour permettre aux individus de mener une vie plus longue en bonne santé. Malgré un bilan positif sur de nombreux points, le rôle que joue les GAFA dans cette nouvelle approche de la santé soulève des questions quant à la protection des données, mais aussi concernant la promotion des produits. Il ne faut pas omettre que les GAFA ont des fins commerciales, tout comme l’industrie pharmaceutique, qui aura un grand intérêt à connaître les maux des internautes pour mieux cibler ses potentiels consommateurs. Le risque est alors de glisser sur un modèle où l’IT n’a plus le rôle d’assistant médical au service du bien être des patients, et de la promotion de la santé. Le danger réside dans les sources de données qui pourront être utilisées par les entreprises et accélérer la commercialisation du secteur médical tout en assaillant l’hégémonie des lobbies pharmaceutiques.

Juliette Bernier