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Matériel IT performant et responsable. Une utopie ?

Equipements IT performants et responsables n’est-ce pas là un oxymore ? Les dernières sorties largement médiatisées des constructeurs à pomme et consort, laissent à penser que l’IT est une industrie dont les impacts environnemental et social néfastes sont élevés et que cela ne va pas en s’améliorant. Mais des constructeurs jusqu’alors peu connus font leur apparition sur le marché, révolution ou simple effet de mode ? L’équipe EcoGuide IT vous présente les objets IT responsables actuels.

Les derniers smartphones mis en vente sur le marché par les constructeurs tels que Apple et Samsung s’avèrent ne pas être des modèles de responsabilité environnementale et sociale. Extraction de métaux rares, batteries poussives, matériel obsolète en un temps record, et ceci sans grande évolution technologique pour la modique somme d’environ 1000€. Ces terminaux mobiles sont devenus des champions de l’impact environnemental, social et de l’obsolescence programmée. Un palmarès peu gratifiant pour le secteur de l’IT, mais bien réel lorsque l’on constate que les français changent de téléphones tous les 18 mois et que 80% des appareils mis au rebut fonctionnent encore.

Bien que les mastodontes du secteur aient un fort pouvoir sur le marché notamment grâce à des stratégies marketing rodées; des alternatives commencent à se faire connaître et à susciter l’intérêt des consommateurs et distributeurs. C’est notamment le cas du Fairphone 2 qui est désormais distribué par Nokia HMD et dont l’opérateur Orange dispose dans son catalogue jusque fin décembre 2017. Il s’agit là d’un téléphone qui se veut éco-responsable, dont les pièces sont démontables et interchangeables, composé de minerais extraits hors des zones de conflits et dont le design laisse penser à un smartphone classique. Un objet développé pour durer et dont le modèle de vente se focalise plutôt sur la réparation et l’amélioration dudit téléphone plutôt que sur son obsolescence prochaine afin de vendre un nouveau produit dans un futur proche. Bien que le Fairphone 1 présente des inconvénients quant à l’interchangeabilité des pièces et les mises à jour de logiciels, la marque éponyme communique sur cette décision et indique avoir pour intention de développer des équipements toujours plus modulables, responsables et durables sans omettre leur performance. Un pari auquel semble croire désormais certains distributeurs et qui pourrait faire changer les méthodes de conception des concurrents à long terme. En effet, au-delà d’être un outil plus responsable, ce smartphone reste moins onéreux qu’un Iphone, d’autant plus que le risque d’avoir à en changer dans un an est réduit.

crédit photo : pcauthority.com

Mais cette petite révolution ne concerne pas uniquement le marché du smartphone. Les enjeux environnementaux et sociaux des ordinateurs et notamment des tablettes et ordinateurs portables sont les mêmes que ceux auxquels sont confrontés les smartphones. Certes, l’obsolescence programmée d’un ordinateur est moindre que celle du smartphone, mais il n’en reste pas moins qu’elle est notable et que la majorité des ordinateurs classiques n’offrent pas la possibilité de changer les pièces défectueuses lorsque l’on souhaite les réparer.
Encore peu connu, la marque Irlandaise Iameco (prononcée I-am-éco) développe des ordinateurs responsables en prenant en compte leur cycle de vie depuis l’extraction des matières premières à la fin de vie en passant par la phase d’utilisation. Des objets dénués de métaux lourds, de produits chimiques, dont les pièces sont interchangeables et la consommation énergétique inférieure d’environ 1/3 à celle d’un ordinateur classique. De plus, le design des machines en bois issu de forêts responsables ne déplaira pas aux plus sensibles d’un point de vue esthétique. Au-delà de l’aspect écoresponsable, la marque signale s’être fixée des objectifs environnementaux tels que la réduction d’émissions de gaz à effet de serre de 30% comparé à des machines classiques, l’atteinte d’un taux de recyclage des déchets de 70% ou encore la réduction de 75% de la consommation d’eau comparée à la production classique d’ordinateur.
Autant de promesses par cette marque qui décline des ordinateurs et accessoires dont les composants sont tracés pour des prix aux alentours de 850€. Une ambition qui semble réelle, mais qui peut susciter des débats quant à l’utilisation du bois. Néanmoins, Iameco reste une preuve que les ordinateurs peuvent être performants, durables, modulables, design, abordables et responsables. La marque semble se focaliser sur la réduction des déchets et la gestion de fin de vie des composants, elle déclare  aussi développer sa stratégie commerciale plus spécifiquement sur les services.

Les matériels sont une chose, mais si l’on souhaite aller plus loin, la question quant à la production de l’énergie qui fait fonctionner ces objets est essentielle. Le modèle de production d’électricité français se base majoritairement sur le nucléaire (75%) une source d’énergie considérée comme fossile dont nombre d’acteurs du développement durable souhaitent sortir. En France le marché des fournisseurs d’énergie est en situation de monopole avec un distributeur assurant 83% de la distribution électrique sur le territoire, mais ici aussi des solutions alternatives se développent. Enercoop, coopérative d’intérêt collectif propose une solution énergétique 100% issue d’énergies renouvelables en prônant l’idée d’un modèle énergétique local, dont la gouvernance est partagée, transparent et démocratique. 94% de l’énergie est produite par des centrales hydrauliques et le client est incité à moins consommer, à mieux gérer sa dépense et à placer le producteur et le client dans une démarche de circuit court.

Les matériels IT, tout du moins les smartphones et ordinateurs portables, peuvent par conséquent être responsables à la fois en répondant aux enjeux environnementaux et sociaux auxquels ils sont confrontés. En France ils peuvent même fonctionner grâce à de l’énergie issue de sources durables et responsables. De belles perspectives d’évolutions pour ce secteur qui pourrait être un levier du développement durable et de la prise de conscience collective grâce à son implication dans le quotidien du consommateur. En effet, ces petits objets que sont les smartphones sont toujours plus proches de nous et savent beaucoup, sinon tout de nous. Si vous en doutez encore, pensez à vos premiers automatismes à votre réveil et votre couché.

Juliette Bernier